
Jullian Hoareau

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Qu'est-ce que la cession de marque ?
Cession à titre onéreux ou gratuit : différences
Rédiger le contrat de cession de marque
Inscrire la cession au registre INPI
Fiscalité : droits d'enregistrement et TVA
Risques fréquents et points de vigilance
Une cession de marque est le transfert de propriété d'un signe distinctif enregistré — nom, logo, combinaison des deux — d'un titulaire (le cédant) vers un acquéreur (le cessionnaire). L'opération est régie par les articles L. 714-1 et suivants du Code de la propriété intellectuelle (CPI).
Contrairement à la licence, qui accorde un droit d'usage temporaire, la cession opère un transfert définitif. Le cessionnaire devient le nouveau titulaire de la marque et peut l'exploiter, la concéder ou la céder à son tour.
La cession peut porter sur la totalité des classes de produits et services visés par l'enregistrement, ou seulement sur certaines d'entre elles. On parle alors de cession partielle. Par exemple, une entreprise agroalimentaire peut céder sa marque pour les boissons (classe 32) tout en la conservant pour les produits laitiers (classe 29).
En France, l'INPI recense chaque année plusieurs milliers de transmissions de droits sur des marques. L'enjeu pour un dirigeant est de sécuriser chaque étape : rédaction du contrat, traitement fiscal et publicité de l'opération.
La cession de marque peut s'effectuer à titre onéreux ou à titre gratuit. Le choix influe sur le régime fiscal, les formalités et les garanties exigibles.
| Critère | Cession à titre onéreux | Cession à titre gratuit |
|---|---|---|
| Contrepartie | Prix en numéraire ou en nature | Aucune contrepartie financière |
| Régime fiscal | Droits d'enregistrement ou TVA | Droits de donation (barème progressif) |
| Garantie d'éviction | Obligatoire (garantie légale du vendeur) | Non applicable sauf clause expresse |
| Contexte fréquent | Acquisition d'actif, cession de fonds | Transmission familiale, restructuration intra-groupe |
À titre onéreux, le prix est librement fixé entre les parties. Il repose en pratique sur une évaluation de la marque : chiffre d'affaires généré, notoriété, durée de protection restante, portefeuille de licences en cours.
À titre gratuit, l'opération suit le régime des donations. Les droits de mutation sont calculés selon le lien de parenté entre donateur et donataire, avec un barème pouvant atteindre 60 % entre personnes non apparentées.
Le CPI impose un écrit pour toute cession de marque (article L. 714-1). L'absence d'écrit rend la cession inopposable, y compris entre les parties selon la jurisprudence dominante.
Le contrat doit contenir au minimum :
Omettre de lister les classes cédées expose à un litige sur le périmètre réel du transfert. Ne pas mentionner les licences en cours peut créer un conflit avec des licenciés qui ignorent le changement de titulaire.
Structurer le contrat de cession avec un avocat spécialisé réduit le risque de contentieux post-acquisition.
Trouver un avocat en droit des marques
L'inscription au registre national des marques tenu par l'INPI conditionne l'opposabilité de la cession aux tiers (article L. 714-7 CPI). Sans cette formalité, le cessionnaire ne peut pas agir en contrefaçon contre un tiers ni faire valoir ses droits face à un second acquéreur de bonne foi.
Pour une marque de l'Union européenne, la demande est adressée à l'EUIPO (Office de l'UE pour la propriété intellectuelle), avec une redevance de 200 € par marque.
| Registre | Organisme | Redevance | Délai moyen |
|---|---|---|---|
| Marque française | INPI | 27 € | 4 à 6 semaines |
| Marque UE | EUIPO | 200 € | 6 à 8 semaines |
| Marque internationale | OMPI | 177 CHF | Variable |
Le traitement fiscal d'une cession de marque dépend du contexte de l'opération.
Lorsqu'une marque est cédée seule, en dehors de la vente d'un fonds de commerce, l'opération est soumise à la TVA au taux de 20 %. La marque constitue un bien incorporel dont la cession relève du champ d'application de la TVA (article 256 du Code général des impôts). Le cédant facture la TVA au cessionnaire, qui la déduit s'il est lui-même assujetti.
Si la marque est transmise avec le fonds de commerce, l'opération est soumise aux droits d'enregistrement selon le barème progressif :
Dans ce cas, la cession est en principe exonérée de TVA (article 257 bis du CGI), à condition que le cessionnaire poursuive l'activité.
Le cédant réalise une plus-value égale à la différence entre le prix de cession et la valeur nette comptable de la marque. Pour une société soumise à l'IS, cette plus-value est intégrée au résultat imposable au taux normal (25 % en 2024). Des régimes d'exonération partielle existent pour les PME sous conditions de chiffre d'affaires (article 238 quindecies du CGI).
La fiscalité d'une cession de marque varie selon que l'actif est transmis isolément ou au sein d'un fonds de commerce.
Consulter un avocat spécialisé en droit des marques
Plusieurs écueils reviennent dans les opérations de cession de marque. Les identifier en amont évite des contentieux coûteux.
Un audit de marque (due diligence) avant la cession permet de vérifier la validité du titre, l'absence de contentieux en cours, le périmètre des licences et l'état des renouvellements.
Un audit préalable de la marque limite les risques juridiques et fiscaux liés à la cession.
Faire appel à un avocat en droit des marques
Oui. L'article L. 714-1 du Code de la propriété intellectuelle impose un écrit. Sans contrat écrit, la cession est inopposable aux tiers et sa validité peut être contestée entre les parties elles-mêmes.
La redevance est de 27 € par marque pour une inscription de changement de titulaire auprès de l'INPI (tarif 2024). Pour une marque de l'Union européenne, la redevance auprès de l'EUIPO s'élève à 200 €.
Oui. La cession partielle est expressément prévue par le CPI. Le contrat doit alors lister précisément les classes de produits et services transférées. Les classes non mentionnées restent la propriété du cédant.
Une cession isolée est soumise à la TVA (20 %). Une cession intégrée à un fonds de commerce relève des droits d'enregistrement (barème progressif de 0 % à 5 %) et bénéficie en principe d'une exonération de TVA si l'acquéreur poursuit l'activité.
Le cessionnaire ne peut pas opposer son droit de propriété aux tiers. En pratique, il ne peut ni agir en contrefaçon ni empêcher un second acquéreur de bonne foi de revendiquer la marque. L'inscription est donc une formalité indispensable.
Article L714-1 du Code de la propriété intellectuelle - Légifrance
Focus : licence, cession et inscription d’une marque au registre - economie.gouv.fr (APIE)
Cessions de brevets et de marques : droits d’enregistrement - BOFiP-Impôts
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