
Jullian Hoareau

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1. Le contrat de valorisation de l'expérience en bref
2. Quels salariés seniors peuvent être embauchés en CVE
3. Conditions à remplir avant la signature du contrat
4. Exonération de la contribution patronale : ce qui change
5. Rupture du CDI senior au moment de la retraite
6. CDI senior ou CDD senior : quel arbitrage
Embaucher un salarié expérimenté soulève une question précise : celle de la sortie. Le CDI senior répond à cette contrainte en aménageant les règles de mise à la retraite, sans transformer le contrat en dispositif dérogatoire général.
Le contrat de valorisation de l'expérience (CVE) est la dénomination légale de ce que la pratique appelle CDI senior. Il a été créé par la loi du 24 octobre 2025, qui transpose l'accord national interprofessionnel conclu le 14 novembre 2024 par les partenaires sociaux. Le dispositif est expérimental : il court sur 5 ans, et de tels contrats peuvent être conclus jusqu'au 24 octobre 2030. Le CVE est un contrat à durée indéterminée soumis aux règles de droit commun, à une exception près : celles relatives à la mise à la retraite. Toute la spécificité du dispositif tient donc dans la sortie du contrat, non dans son exécution quotidienne.
Le CVE reste un contrat à durée indéterminée : les clauses, la période d'essai et la rédaction obéissent aux règles habituelles.
Cadrer une embauche avec un avocat en droit du travail
Deux conditions cumulatives s'apprécient au moment de l'embauche, et non plus tard. Le seuil d'âge descend de 60 à 57 ans lorsqu'un accord de branche étendu le prévoit : un CDI senior à 57 ans n'est donc possible que dans les branches ayant négocié en ce sens.
| Critère | Règle |
|---|---|
| Âge minimum | 60 ans |
| Âge abaissé | 57 ans si accord de branche étendu |
| Situation | Inscription sur la liste des demandeurs d'emploi |
| Moment d'appréciation | À l'embauche |
Un candidat déjà en poste chez un autre employeur n'entre donc pas dans le dispositif.
Avant de signer, l'employeur doit vérifier lui-même que les conditions du CDI senior sont réunies, car l'erreur se paie au moment de la rupture. Trois vérifications s'imposent.
Conserver ces justificatifs dans le dossier du salarié permet de démontrer, plus tard, que le contrat relevait bien du dispositif.
Une condition non vérifiée à l'embauche fragilise la rupture plusieurs années plus tard.
Sécuriser vos recrutements et vos contrats
Lorsqu'un employeur met un salarié à la retraite, il verse une indemnité soumise à une contribution patronale spécifique de 40 %. Cette contribution est due en plus de l'indemnité elle-même et pèse directement sur le coût de la sortie.
Les indemnités versées à l'occasion de la rupture d'un CVE en sont exonérées. C'est le principal avantage employeur du CDI senior : le dispositif ne subventionne pas l'embauche, il allège la fin du contrat.
Cette exonération s'applique aux mises à la retraite intervenant jusqu'au 31 décembre 2028. L'écart de calendrier mérite d'être noté : les contrats peuvent être conclus jusqu'en 2030, alors que l'exonération est acquise jusqu'en 2028.
Dans un CDI de droit commun, mettre un salarié à la retraite suppose, en deçà d'un certain âge, de recueillir son accord : le salarié peut refuser. Le CVE écarte cette contrainte.
L'employeur peut mettre le salarié à la retraite dès que celui-ci remplit les conditions d'âge et de durée d'assurance ouvrant droit à une pension à taux plein, c'est-à-dire sans décote. Son accord n'est alors pas requis.
| Étape | CDI classique | CDI senior (CVE) |
|---|---|---|
| Mise à la retraite | Accord du salarié requis | Accord non requis |
| Déclencheur | Règles de droit commun | Conditions du taux plein remplies |
| Contribution patronale de 40 % | Due | Exonérée |
Les autres modes de rupture ne changent pas : démission, rupture conventionnelle et licenciement suivent le droit commun.
La mise à la retraite d'un salarié en CVE suppose de documenter les conditions de taux plein.
Faire cadrer vos ruptures de contrat
Le choix se joue sur l'horizon de la mission. Un contrat à durée déterminée borne l'engagement dès la signature, mais enferme l'entreprise dans un terme fixe et se prête mal à un poste durable. Le CDI senior, lui, n'impose aucune durée maximale et laisse la relation ouverte, tout en offrant une sortie identifiée le jour où le salarié atteint le taux plein.
Trois repères pour arbitrer :
- Besoin ponctuel et daté : la durée déterminée reste adaptée.
- Besoin durable sur un poste permanent : le CVE évite de reconduire des contrats successifs.
- Souplesse d'organisation : suivant les règles du CDI, un CDI senior à temps partiel est possible, ce qui facilite une transmission de compétences progressive.
La fenêtre de conclusion reste bornée au 24 octobre 2030.
Non. Le seuil de principe est 60 ans à la date d'embauche, mais il descend à 57 ans lorsqu'un accord de branche étendu le prévoit. Sans accord de branche en ce sens, le seuil de 60 ans s'applique.
Oui. L'inscription sur la liste des demandeurs d'emploi est une condition de fond, vérifiée au moment de l'embauche. Un salarié recruté directement chez un autre employeur ne peut pas être embauché en contrat de valorisation de l'expérience.
Les indemnités versées lors de la mise à la retraite d'un salarié en contrat de valorisation de l'expérience sont exonérées de la contribution patronale spécifique de 40 % applicable aux indemnités de mise à la retraite. Cette exonération est prévue jusqu'au 31 décembre 2028.
Non, dès lors qu'il remplit les conditions d'âge et de durée d'assurance ouvrant droit à une pension à taux plein. C'est la seule règle du contrat qui s'écarte du CDI de droit commun.
Le dispositif est expérimental pour 5 ans. Des contrats de valorisation de l'expérience peuvent être conclus jusqu'au 24 octobre 2030. L'exonération de contribution patronale, elle, court sur une période plus courte.
Le contrat de valorisation de l'expérience (CVE) - Ministère du Travail et des Solidarités
Emploi des salariés seniors : quels changements ? - Entreprendre.Service-Public.fr
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