
Qui est concerné par l'indemnité de licenciement
Formule légale : calcul étape par étape
Salaire de référence : quelle base retenir
Indemnité conventionnelle vs indemnité légale
Régime fiscal et social des indemnités 2026
Erreurs fréquentes et points de vigilance employeur
Checklist employeur avant notification
Tout salarié employé en CDI qui fait l'objet d'un licenciement — qu'il soit personnel ou économique — peut prétendre à une indemnité de licenciement, à condition de remplir une condition d'ancienneté minimale. Depuis l'ordonnance du 22 septembre 2017, ce seuil est fixé à 8 mois d'ancienneté ininterrompue au service du même employeur (article L.1234-9 du Code du travail). Avant cette réforme, le seuil était d'un an.
L'indemnité n'est pas due lorsque le licenciement est prononcé pour faute grave ou faute lourde. La faute grave prive le salarié de l'indemnité de licenciement et du préavis. La faute lourde y ajoute, en théorie, la possibilité pour l'employeur de réclamer des dommages-intérêts, bien que cette hypothèse reste rare en pratique.
En revanche, un licenciement pour insuffisance professionnelle, pour inaptitude (y compris d'origine non professionnelle) ou pour motif économique ouvre droit à l'indemnité dès lors que le seuil de 8 mois est atteint.
Lorsque l'inaptitude résulte d'un accident du travail ou d'une maladie professionnelle, l'indemnité légale est doublée (article L.1226-14 du Code du travail). Ce doublement s'applique au montant légal, pas nécessairement au montant conventionnel, sauf disposition contraire de la convention collective.
| Motif de licenciement | Indemnité due ? | Particularité |
|---|---|---|
| Licenciement économique | Oui | Ancienneté ≥ 8 mois |
| Licenciement pour cause réelle et sérieuse | Oui | Ancienneté ≥ 8 mois |
| Licenciement pour inaptitude non professionnelle | Oui | Ancienneté ≥ 8 mois |
| Licenciement pour inaptitude professionnelle | Oui | Indemnité légale doublée |
| Licenciement pour faute grave | Non | Sauf clause conventionnelle contraire |
| Licenciement pour faute lourde | Non | Aucune indemnité |
Le calcul de l'indemnité légale de licenciement repose sur une formule définie par l'article R.1234-2 du Code du travail. Elle s'articule en deux tranches d'ancienneté.
Les années incomplètes sont prises en compte au prorata, en mois. Par exemple, un salarié ayant 12 ans et 6 mois d'ancienneté bénéficie du calcul suivant :
Exemple concret : un salarié avec un salaire de référence de 3 500 € et une ancienneté de 12 ans et 6 mois.
| Tranche | Calcul | Montant |
|---|---|---|
| 10 premières années | (1/4 × 3 500) × 10 | 8 750 € |
| 2 ans et 6 mois au-delà | (1/3 × 3 500) × 2,5 | 2 916,67 € |
| Total | 11 666,67 € |
Les années d'ancienneté se décomptent à partir de la date d'entrée dans l'entreprise jusqu'à la date de fin du préavis, que celui-ci soit exécuté ou non. Lorsque le salarié est dispensé de préavis, la période de préavis non exécutée est incluse dans le calcul de l'ancienneté.
Un calcul d'indemnité erroné expose l'employeur à un contentieux prud'homal. Sécuriser cette étape avec un avocat spécialisé réduit ce risque.
Consulter un avocat en droit du travail
Le salaire de référence constitue la variable déterminante du calcul. L'article R.1234-4 du Code du travail impose de retenir la formule la plus avantageuse pour le salarié entre deux modes de calcul.
Le salaire de référence intègre l'ensemble de la rémunération brute : salaire de base, heures supplémentaires, commissions, primes contractuelles ou d'usage, avantages en nature évalués. En revanche, les remboursements de frais professionnels et les sommes versées au titre de l'intéressement ou de la participation ne sont pas pris en compte.
Lorsque le salarié est en arrêt maladie au moment du licenciement, la Cour de cassation impose de reconstituer le salaire qu'il aurait perçu s'il avait travaillé normalement (Cass. soc., 23 mai 2017, n° 15-22.223). Cette règle vaut pour les absences liées à un accident du travail, une maladie professionnelle ou un congé maternité.
La plupart des conventions collectives prévoient leur propre barème d'indemnité de licenciement. L'employeur doit systématiquement comparer le montant légal et le montant conventionnel, puis appliquer le plus élevé. Les deux ne se cumulent jamais.
La comparaison s'effectue globalement, c'est-à-dire sur le montant total et non tranche par tranche. Certaines conventions retiennent des formules sensiblement différentes de la formule légale : ancienneté calculée différemment, taux plus élevés pour les cadres, plafonds spécifiques.
Le DRH doit identifier la convention collective applicable, vérifier si un accord d'entreprise prévoit des dispositions plus favorables, puis effectuer le double calcul. L'omission de cette comparaison constitue l'une des sources de contentieux les plus fréquentes devant les conseils de prud'hommes.
La convention collective applicable peut modifier le calcul de l'indemnité. Un avocat en droit du travail peut vérifier la conformité de votre calcul.
Trouver un avocat en droit du travail
Le traitement fiscal et social de l'indemnité de licenciement obéit à des règles distinctes selon que le montant versé reste dans les limites légales ou conventionnelles, ou les dépasse.
L'indemnité de licenciement est exonérée d'impôt sur le revenu dans la limite du plus élevé des trois montants suivants :
Dans les deux derniers cas, l'exonération est plafonnée à 6 fois le plafond annuel de la Sécurité sociale (PASS). En 2025, le PASS est fixé à 47 100 €, soit un plafond d'exonération de 282 600 €. Le PASS 2026 sera publié par arrêté fin 2025 ; le DRH devra actualiser ses calculs en conséquence.
L'indemnité est exonérée de cotisations sociales dans la limite du plus petit des deux montants suivants :
Au-delà de ce seuil, l'intégralité de l'indemnité est soumise à cotisations sociales dès le premier euro si elle dépasse 10 fois le PASS.
La CSG et la CRDS sont dues sur la fraction de l'indemnité qui excède le montant légal ou conventionnel, avec un minimum d'assujettissement correspondant à la part soumise à cotisations sociales.
| Prélèvement | Seuil d'exonération | Plafond |
|---|---|---|
| Impôt sur le revenu | Indemnité légale/conventionnelle ou 2× rémunération annuelle ou 50 % de l'indemnité | 6 PASS |
| Cotisations sociales | Montant exonéré d'IR | 2 PASS |
| CSG-CRDS | Montant légal/conventionnel | Montant exonéré de cotisations |
Le contentieux lié aux indemnités de licenciement devant les conseils de prud'hommes résulte souvent d'erreurs techniques identifiables et évitables.
Lorsqu'un salarié a connu des périodes de temps partiel et de temps plein successives, l'indemnité se calcule proportionnellement à la durée de chaque période (Cass. soc., 18 septembre 2013, n° 12-17.159). Cette règle est fréquemment méconnue.
Par ailleurs, en cas de transfert d'entreprise au sens de l'article L.1224-1 du Code du travail, l'ancienneté acquise chez le précédent employeur est reprise intégralement pour le calcul de l'indemnité.
Des erreurs de calcul peuvent générer des rappels d'indemnités et des contentieux coûteux. Un avocat en droit du travail peut auditer vos pratiques.
Consulter un avocat en droit du travail
Avant de notifier un licenciement, le DRH doit vérifier chaque paramètre du calcul pour éviter toute contestation ultérieure. Voici la liste des vérifications à effectuer.
Cette checklist ne remplace pas une analyse juridique au cas par cas, mais elle permet de structurer la démarche et de réduire les risques d'erreur sur les points les plus fréquemment contestés.
Oui. La rupture conventionnelle ouvre droit à une indemnité spécifique de rupture conventionnelle, dont le montant ne peut pas être inférieur à l'indemnité légale de licenciement. Le calcul suit la même formule, avec les mêmes règles de salaire de référence et d'ancienneté.
Si le salarié a toujours travaillé à temps partiel, l'indemnité se calcule sur la base de son salaire à temps partiel. S'il a alterné temps plein et temps partiel, le calcul s'effectue au prorata de la durée respective de chaque période, conformément à la jurisprudence de la Cour de cassation.
Non. L'indemnité légale de licenciement est insaisissable en totalité (article L.3252-1 du Code du travail). La fraction qui dépasse le montant légal peut, en revanche, faire l'objet d'une saisie dans les conditions de droit commun.
Oui. Le fait que le salarié retrouve un emploi pendant le préavis ne modifie ni le droit à l'indemnité ni son montant. L'indemnité est calculée en incluant la totalité de la période de préavis dans l'ancienneté.
Le salarié dispose d'un délai de 12 mois à compter de la signature du reçu pour solde de tout compte pour le contester (article L.1234-20 du Code du travail). Au-delà, le solde de tout compte devient libératoire pour l'employeur sur les sommes qui y sont mentionnées.
Article L1234-9 du Code du travail - Indemnité de licenciement - Légifrance
Indemnité de licenciement du salarié en CDI - Service Public Entreprendre
Les licenciements - Statistiques trimestrielles - DARES
SWIM LEGAL est une alternative au cabinet d’avocats traditionnel pour les besoins juridiques des entreprises. Incubé par le Barreau de Paris, SWIM a reçu le Prix de l’Innovation pour sa solution permettant à toute entreprise, quelle que soit sa taille ou sa localisation, d’accéder rapidement via la plateforme à des avocats d’affaires expérimentés. Les entreprises peuvent déposer leur besoin — qu’il s’agisse d’un dossier, d’une consultation ou d’un renfort temporaire — de manière confidentielle et recevoir des propositions d’avocats pour répondre rapidement à leur demande.


