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Avis de poursuites par commissaire de justice : définition et cadre légal
Le rôle du commissaire de justice (ex-huissier) dans le recouvrement
Contenu et mentions obligatoires d'un avis de poursuites
Valeur juridique réelle d'un avis de poursuites : ce qu'il impose ou non
Reconnaître un faux avis de poursuites : usurpation et escroquerie
Que faire à la réception d'un avis de poursuites en entreprise ?
Contester un avis de poursuites abusif ou irrégulier
Quand mobiliser un avocat face à une procédure de recouvrement
Un avis de poursuites par commissaire de justice est un courrier adressé à un débiteur pour l'informer qu'un créancier dispose d'un titre exécutoire et qu'il envisage de recourir à l'exécution forcée. Ce document s'inscrit dans le cadre du recouvrement judiciaire, c'est-à-dire la phase qui suit l'obtention d'une décision de justice condamnant le débiteur au paiement d'une somme.
Le cadre légal repose principalement sur le Code des procédures civiles d'exécution (CPCE), entré en vigueur le 1er juin 2012. L'article L. 111-1 de ce code pose le principe : tout créancier muni d'un titre exécutoire peut poursuivre l'exécution forcée sur les biens de son débiteur. Le titre exécutoire peut être une décision de justice, un acte notarié revêtu de la formule exécutoire, ou encore un titre délivré par un organisme public (contrainte URSSAF, titre de recettes).
L'avis de poursuites n'est pas défini par un article spécifique du CPCE. Il s'agit d'un courrier préalable, distinct des actes formels comme le commandement de payer. En pratique, il remplit une fonction d'avertissement : il signale au débiteur que le créancier a mandaté un commissaire de justice pour engager des mesures d'exécution si le paiement n'intervient pas dans un délai donné.
Depuis le 1er juillet 2022, la profession de commissaire de justice a fusionné les métiers d'huissier de justice et de commissaire-priseur judiciaire, conformément à l'ordonnance n° 2016-728 du 2 juin 2016. Tout avis de poursuites émis après cette date doit donc porter la mention « commissaire de justice » et non « huissier de justice ».
Le commissaire de justice est un officier public et ministériel. Il détient le monopole de la signification des actes judiciaires et de l'exécution forcée des décisions de justice. Ce monopole est défini par l'article L. 122-1 du CPCE.
Dans le cadre du recouvrement, son intervention se situe à 2 niveaux distincts. D'une part, il peut agir au stade amiable : il contacte le débiteur par courrier ou téléphone pour obtenir un paiement volontaire. D'autre part, il intervient au stade forcé lorsqu'il dispose d'un titre exécutoire. Il peut alors signifier un commandement de payer, procéder à des saisies (saisie-attribution sur compte bancaire, saisie-vente de biens mobiliers) ou engager une saisie immobilière.
L'avis de poursuites se situe à la charnière entre ces 2 phases. Il est envoyé après l'obtention du titre exécutoire, mais avant la mise en œuvre effective des mesures d'exécution. Son objectif est d'inciter le débiteur à régler sa dette sans qu'il soit nécessaire de recourir à la contrainte.
| Étape | Nature | Effet juridique |
|---|---|---|
| Relance amiable | Courrier simple | Aucune contrainte légale |
| Avis de poursuites | Courrier du commissaire de justice | Avertissement, pas de contrainte directe |
| Commandement de payer | Acte signifié | Ouvre un délai légal avant saisie |
| Saisie (attribution, vente, immobilière) | Mesure d'exécution forcée | Contrainte directe sur le patrimoine |
Un avis de poursuites authentique comporte des mentions précises qui permettent au destinataire de vérifier sa légitimité. L'absence de ces mentions constitue un indice de faux.
Les éléments suivants doivent figurer sur le document :
L'article R. 444-55 du Code de commerce impose par ailleurs que les frais facturés par le commissaire de justice respectent un tarif réglementé. Tout dépassement de ce tarif peut être contesté auprès de la Chambre départementale des commissaires de justice.
La distinction est nette : l'avis de poursuites n'est pas un acte d'exécution. Il ne produit aucun effet juridique contraignant par lui-même.
Concrètement, un avis de poursuites :
En revanche, l'avis de poursuites signale que le créancier détient un titre exécutoire valide. Ignorer ce courrier expose l'entreprise à des mesures d'exécution forcée sans préavis supplémentaire, dès lors que le commandement de payer est ensuite signifié.
| Ce que l'avis de poursuites permet | Ce que l'avis de poursuites ne permet pas |
|---|---|
| Informer le débiteur de l'existence d'un titre exécutoire | Saisir des comptes bancaires |
| Proposer un règlement amiable avant exécution | Bloquer des actifs de l'entreprise |
| Détailler le montant actualisé de la créance | Interrompre la prescription |
| Annoncer les mesures d'exécution envisagées | Contraindre juridiquement au paiement |
Recevoir un avis de poursuites appelle une analyse rapide de la créance et du titre exécutoire invoqué, avant que des mesures d'exécution ne soient engagées.
Consultez un avocat spécialisé en contentieux
Les faux avis de poursuites constituent un phénomène récurrent. La Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) a signalé à plusieurs reprises des pratiques trompeuses de sociétés de recouvrement qui imitent la présentation d'actes de commissaires de justice.
Plusieurs indices permettent de détecter un faux :
L'usurpation du titre de commissaire de justice est sanctionnée par l'article 433-17 du Code pénal : 1 an d'emprisonnement et 15 000 € d'amende. L'escroquerie (article 313-1 du Code pénal) est punie de 5 ans d'emprisonnement et 375 000 € d'amende.
Pour vérifier l'authenticité d'un avis, le directeur juridique peut consulter l'annuaire officiel des commissaires de justice sur le site de la Chambre nationale (commissaires-justice.fr) et vérifier que l'étude mentionnée existe réellement.
À réception d'un avis de poursuites, le directeur juridique doit engager une séquence de vérification méthodique.
Étape 1 — Vérifier l'authenticité du document. Contrôler l'identité du commissaire de justice sur l'annuaire officiel. Vérifier la présence des mentions obligatoires détaillées en section 3.
Étape 2 — Identifier le titre exécutoire. Rechercher dans les archives de l'entreprise la décision de justice ou l'acte mentionné. Si le titre est inconnu, demander au commissaire de justice une copie certifiée conforme.
Étape 3 — Contrôler la créance. Vérifier le montant réclamé : principal, intérêts au taux légal (fixé à 4,22 % au 1er semestre 2024 pour les créances entre professionnels), frais. Comparer avec les éléments comptables internes.
Étape 4 — Évaluer les options. 3 scénarios se présentent :
Étape 5 — Ne pas ignorer le courrier. L'absence de réponse ne suspend pas la procédure. Le commissaire de justice peut passer à l'étape suivante (commandement de payer, puis saisie) sans attendre de retour du débiteur.
Face à un avis de poursuites, la vérification du titre exécutoire et du montant réclamé conditionne la stratégie de réponse de l'entreprise.
Échangez avec un avocat en contentieux et litiges
La contestation d'un avis de poursuites s'exerce devant le juge de l'exécution (JEX), compétent en vertu de l'article L. 213-6 du Code de l'organisation judiciaire. Le JEX statue sur les difficultés relatives à l'exécution des titres exécutoires.
Les motifs de contestation les plus fréquents sont :
La saisine du JEX s'effectue par assignation. Le délai pour agir dépend de la mesure d'exécution contestée : 1 mois à compter de la signification d'un commandement de payer pour une saisie-vente (article R. 221-5 du CPCE), par exemple. Toutefois, tant que seul un avis de poursuites a été envoyé (sans commandement signifié), le débiteur peut contester la créance elle-même devant le tribunal compétent au fond.
Le recours à un avocat spécialisé en contentieux se justifie dans plusieurs situations précises :
L'avocat intervient pour vérifier la régularité de la procédure, identifier les moyens de contestation et, le cas échéant, négocier un protocole transactionnel avec le créancier. Dans les cas de faux avis de poursuites, il peut également déposer plainte et engager une action en responsabilité civile pour obtenir réparation du préjudice subi.
Lorsqu'une procédure de recouvrement menace la trésorerie ou les actifs de l'entreprise, un avocat en contentieux permet de sécuriser la réponse juridique.
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Non. L'avis de poursuites n'est pas un acte d'exécution forcée. Il informe le débiteur de l'existence d'un titre exécutoire et de l'intention du créancier d'engager des mesures contraignantes. Aucune saisie ne peut être pratiquée sur la seule base de ce courrier.
Consultez l'annuaire officiel des commissaires de justice sur commissaires-justice.fr. Vérifiez que le document mentionne un titre exécutoire précis (nature, date, juridiction), l'identité complète du commissaire de justice et un montant détaillé de la créance.
L'avis de poursuites est un courrier d'avertissement sans effet juridique contraignant. Le commandement de payer est un acte signifié par le commissaire de justice qui ouvre un délai légal avant la mise en œuvre d'une saisie. Seul le commandement déclenche formellement la procédure d'exécution.
L'avis de poursuites lui-même n'est pas un acte susceptible de recours. En revanche, la créance sous-jacente ou le titre exécutoire peuvent être contestés devant le juge de l'exécution ou le tribunal compétent au fond, selon le motif invoqué (prescription, paiement, erreur de montant).
L'usurpation du titre de commissaire de justice est punie de 1 an d'emprisonnement et 15 000 € d'amende (article 433-17 du Code pénal). Si le faux avis constitue une escroquerie, la peine s'élève à 5 ans d'emprisonnement et 375 000 € d'amende (article 313-1 du Code pénal).
Commissaire de justice (anciennement huissier de justice et commissaire-priseur) - Service-Public.fr
Recouvrement amiable : relance et mise en demeure de payer - Entreprendre.Service-Public.fr
Recouvrement amiable de créances : les règles à connaître - DGCCRF / Ministère de l'Économie
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