Avenant augmentation du temps de travail : accord, durée et risques

Guides & Ressources pratiques
10 Sep 2026
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7 min de lecture
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Par

Jullian Hoareau

Points clés de l'article
  1. La durée du travail est une clause du contrat : toute hausse suppose un avenant écrit et signé par le salarié.
  2. Le refus du salarié est licite et ne constitue ni une faute ni un motif de licenciement en soi.
  3. L'augmentation temporaire relève du complément d'heures, qui exige une convention ou un accord de branche étendu.
  4. L'article L3123-22 du code du travail plafonne ce dispositif à 8 avenants par an et par salarié, hors remplacement d'un absent nommément désigné.
  5. Un avenant incomplet ou un dépassement de la durée légale expose l'employeur à une requalification en temps plein et à 3 ans de rappels de salaire.

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Sommaire

1. Pourquoi le temps de travail exige un avenant écrit

2. Accord du salarié : refus possible et conséquences

3. Avenant temporaire ou définitif : deux régimes distincts

4. Cadre conventionnel des compléments d'heures, article L3123-22

5. Mentions obligatoires de l'avenant d'augmentation

6. Priorité d'accès au temps plein pour le salarié

7. Requalification en temps plein : risques et rappels de salaire

FAQ

Pour aller plus loin

1. Pourquoi le temps de travail exige un avenant écrit

Un dirigeant qui augmente les heures d'un salarié à temps partiel touche à une clause du contrat, pas à une simple organisation interne. La durée du travail et sa répartition figurent parmi les mentions écrites obligatoires du contrat à temps partiel. Un avenant augmentation du temps de travail devient donc nécessaire dès que la nouvelle durée dépasse le dépannage ponctuel.

Deux mécanismes doivent être distingués. Les heures complémentaires sont des heures demandées au-delà de la durée contractuelle, dans la limite du dixième de cette durée, portée au tiers par accord collectif : elles ne modifient pas le contrat. L'augmentation de la durée contractuelle, en revanche, change la référence elle-même et impose un écrit. Confondre les deux coûte cher, car les heures complémentaires ne peuvent jamais porter le salarié à la durée légale de 35 heures.

2. Accord du salarié : refus possible et conséquences

L'accord du salarié ne se présume pas. Le silence, la présence aux nouveaux horaires ou l'encaissement d'un salaire majoré ne valent pas acceptation. Seule la signature de l'avenant établit le consentement. Un employeur qui applique une durée supérieure sans signature travaille sans base contractuelle, et c'est à lui qu'incombera la preuve en cas de litige.

Le refus est un droit. Il ne constitue pas une faute et ne peut pas, à lui seul, justifier un licenciement disciplinaire. Deux options subsistent alors : maintenir la durée initiale, ou engager une procédure autonome fondée sur un motif réel, économique ou organisationnel, dont la validité s'apprécie indépendamment du refus. Le refus d'un complément d'heures proposé dans le cadre d'un accord de branche obéit à la même logique.

Un avenant signé sans clause de durée ou sans date d'effet fragilise l'ensemble de la relation de travail.
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3. Avenant temporaire ou définitif : deux régimes distincts

Le choix entre augmentation temporaire et augmentation définitive détermine le régime applicable. L'avenant définitif relève du seul accord des parties : la nouvelle durée devient la durée contractuelle, sans retour possible en arrière. L'avenant temporaire, lui, n'est licite que dans le cadre du complément d'heures, encadré par la négociation de branche.

CritèreAvenant temporaire (complément d'heures)Avenant définitif
Base juridiqueConvention ou accord de branche étendu obligatoireAccord des parties suffisant
DuréeTerme fixé dans l'avenantSans terme
Retour à la durée initialeAutomatique à l'échéanceImpossible sans nouvel avenant
Nombre par an8 au maximum par salariéNon plafonné
RémunérationNouvelle durée, majoration prévue le cas échéant par l'accordNouvelle durée contractuelle

Sans accord de branche étendu, l'augmentation temporaire n'a pas de support juridique : elle sera analysée comme des heures complémentaires ou comme une augmentation définitive.

4. Cadre conventionnel des compléments d'heures, article L3123-22

L'article L3123-22 du code du travail subordonne le complément d'heures à une convention ou à un accord de branche étendu. Le texte fixe trois exigences que l'accord doit préciser :

  1. Le nombre maximal d'avenants pouvant être conclus, dans la limite de 8 par an et par salarié, en dehors du remplacement d'un salarié absent nommément désigné.
  2. La majoration salariale éventuelle des heures accomplies dans le cadre de l'avenant, l'accord pouvant la prévoir ou non.
  3. Les modalités permettant aux salariés de bénéficier prioritairement des compléments d'heures disponibles.

Deux points échappent à la négociation. D'une part, les heures accomplies au-delà de la durée fixée par l'avenant sont des heures complémentaires majorées d'au moins 25 %. D'autre part, l'absence d'accord de branche étendu rend le dispositif inutilisable, quelle que soit la rédaction de l'avenant.

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5. Mentions obligatoires de l'avenant d'augmentation

L'avenant reprend les mentions du contrat à temps partiel affectées par la modification. Les autres clauses restent en vigueur, ce que l'avenant doit indiquer expressément pour éviter toute discussion sur leur maintien.

MentionContenu attenduRisque en cas d'omission
Nouvelle duréeDurée hebdomadaire ou mensuelle chiffréePrésomption de temps plein
RépartitionJours de la semaine ou semaines du moisPrésomption de temps plein
Date d'effetDate de début préciseLitige sur les rappels de salaire
TermeÉchéance si l'avenant est temporaireAugmentation réputée définitive
RémunérationSalaire recalculé pro rata temporis, majoration éventuelleRappel de salaire
Heures complémentairesLimite applicable à la nouvelle duréeDépassement non maîtrisé

La signature des deux parties, datée, clôt l'avenant. Un exemplaire remis au salarié et un exemplaire conservé constituent la preuve utile en cas de contrôle ou de contentieux.

6. Priorité d'accès au temps plein pour le salarié

Le salarié à temps partiel bénéficie d'une priorité d'accès aux emplois à temps complet relevant de sa catégorie professionnelle ou équivalents. L'employeur doit porter à sa connaissance la liste des postes disponibles avant de recruter à l'extérieur. Cette obligation joue indépendamment des avenants d'augmentation déjà signés.

La priorité produit un effet pratique direct : un dirigeant qui recourt de façon répétée aux compléments d'heures tout en recrutant un nouveau salarié à temps plein sur le même poste s'expose à une demande de dommages et intérêts. L'accord de branche organise par ailleurs l'ordre de priorité entre salariés candidats à un complément d'heures, ce qui suppose de tracer les propositions faites et les réponses reçues.

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7. Requalification en temps plein : risques et rappels de salaire

La requalification en temps plein est la sanction centrale. Lorsque l'écrit fait défaut ou que la durée et sa répartition ne sont pas mentionnées, le contrat est présumé conclu à temps complet. L'employeur peut renverser cette présomption, mais il doit alors démontrer la durée exacte convenue et le fait que le salarié n'était pas contraint de se tenir en permanence à sa disposition. Cette preuve est rarement réunie.

La requalification intervient également lorsque les heures accomplies atteignent ou dépassent la durée légale, même sur une seule semaine. Les conséquences financières se cumulent : rappel de salaire calculé sur la base de 35 heures, congés payés afférents, régularisation des cotisations sociales, le tout sur une période de 3 ans. Un avenant relu avant signature coûte moins cher que la reconstitution de deux années de bulletins de paie.

FAQ

Un avenant est-il obligatoire pour quelques heures supplémentaires ponctuelles ?

Non. Des heures ponctuelles relèvent des heures complémentaires, dans la limite du dixième de la durée contractuelle, portée au tiers par accord collectif. L'avenant devient nécessaire lorsque la nouvelle durée s'installe dans le temps ou dépasse ces limites.

Le salarié peut-il refuser une augmentation de son temps de travail ?

Oui. La durée du travail étant une clause du contrat, sa modification suppose l'accord du salarié. Le refus ne constitue pas une faute et ne peut pas fonder à lui seul un licenciement disciplinaire.

Combien d'avenants de complément d'heures par an et par salarié ?

8 au maximum, hors remplacement d'un salarié absent nommément désigné. Ce plafond est fixé par l'article L3123-22 du code du travail, l'accord de branche pouvant retenir un nombre inférieur.

Les heures ajoutées par l'avenant sont-elles majorées ?

Seulement si l'accord de branche le prévoit. En revanche, les heures effectuées au-delà de la durée fixée par l'avenant sont des heures complémentaires majorées d'au moins 25 %.

Que risque un employeur en cas d'avenant mal rédigé ?

Une requalification du contrat en temps plein, avec rappel de salaire sur la base de 35 heures, congés payés et cotisations sociales correspondants, sur une période pouvant atteindre 3 ans.

Pour aller plus loin

Article L3123-22 - Code du travail - Légifrance

Le travail à temps partiel : contrat et statut du salarié - Code du travail numérique

Conclusion d'un contrat de travail à durée indéterminée (CDI) pour un salarié - Service-Public Entreprendre

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