Autoconsommation électrique en entreprise : définition et cadre légal

Guides & Ressources pratiques
10 Jun 2026
-
8 min de lecture
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Points clés de l'article
  1. L'autoconsommation électrique désigne la consommation sur site de l'électricité produite par l'entreprise, encadrée par les articles L315-1 et suivants du code de l'énergie.
  2. Deux régimes coexistent : l'autoconsommation individuelle (un seul consommateur) et l'autoconsommation collective (plusieurs participants via une personne morale organisatrice).
  3. Toute installation photovoltaïque impose des démarches déclaratives auprès d'Enedis, de la mairie et, au-delà de 3 kWc, une déclaration fiscale du surplus vendu.
  4. Le surplus d'électricité peut être vendu en obligation d'achat (tarif réglementé) ou sur le marché libre, avec des implications TVA et fiscales distinctes.
  5. Un avocat spécialisé en droit de l'énergie sécurise les contrats, le montage juridique et la conformité réglementaire du projet.

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Sommaire

Qu'est-ce que l'autoconsommation électrique en entreprise

Le cadre juridique de l'autoconsommation dans le code de l'énergie

Autoconsommation individuelle et collective : quelles différences ?

Obligations déclaratives et raccordement de l'installation

Fiscalité et valorisation du surplus d'électricité

Sécuriser son projet d'autoconsommation avec un avocat

FAQ

Pour aller plus loin

Qu'est-ce que l'autoconsommation électrique en entreprise

L'autoconsommation électrique désigne le fait, pour une entreprise, de consommer tout ou partie de l'électricité qu'elle produit elle-même, le plus souvent via des panneaux photovoltaïques installés sur ses toitures ou ses parkings. Le code de l'énergie la définit à l'article L315-1 : la production et la consommation sont réalisées sur un même site ou au sein d'un périmètre géographique défini.

En pratique, une entreprise qui installe une centrale solaire de 100 kWc sur son entrepôt et utilise cette électricité pour alimenter ses équipements fait de l'autoconsommation. Si elle ne consomme pas la totalité de sa production, le surplus peut être injecté sur le réseau public et vendu.

Fin 2023, la Commission de régulation de l'énergie (CRE) recensait plus de 325 000 installations en autoconsommation en France, dont une part croissante portée par des acteurs professionnels. Pour les directions juridiques, ce mécanisme soulève des questions précises : quel régime juridique s'applique, quelles autorisations obtenir, quels contrats négocier avec le gestionnaire de réseau et les éventuels co-participants.

Le cadre juridique de l'autoconsommation dans le code de l'énergie

Le socle législatif repose sur les articles L315-1 à L315-8 du code de l'énergie, introduits par la loi du 24 février 2017 relative à l'autoconsommation d'électricité, puis complétés par la loi Énergie-Climat du 8 novembre 2019 et la loi d'accélération des énergies renouvelables du 10 mars 2023.

Les principes posés par la loi

Le législateur reconnaît un droit à l'autoconsommation : toute personne peut produire et consommer sa propre électricité, sous réserve de respecter les règles de raccordement et de sécurité. L'article L315-2 précise que l'autoconsommation peut être individuelle (un seul producteur-consommateur) ou collective (plusieurs participants regroupés au sein d'une personne morale organisatrice, dite PMO).

Les textes réglementaires applicables

Plusieurs décrets et arrêtés encadrent les modalités techniques :

TexteObjet
Décret n° 2017-676 du 28 avril 2017Conditions de l'autoconsommation collective
Arrêté du 9 mai 2017Conditions d'achat du surplus pour installations ≤ 100 kWc
Loi n° 2023-175 du 10 mars 2023 (APER)Extension du périmètre géographique de l'autoconsommation collective à 2 km, puis 10 km en zone rurale
Décret n° 2023-1420 du 29 décembre 2023Modalités de la vente de surplus sur le marché

La direction juridique doit vérifier que le projet respecte à la fois le code de l'énergie, le code de l'urbanisme (permis de construire ou déclaration préalable selon la puissance) et, le cas échéant, les règles du PLU local.

Maîtriser l'articulation entre code de l'énergie et code de l'urbanisme est indispensable pour sécuriser un projet photovoltaïque d'entreprise.
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Autoconsommation individuelle et collective : quelles différences ?

Les deux régimes répondent à des logiques juridiques et opérationnelles distinctes. Le choix entre l'un et l'autre conditionne le montage contractuel, les obligations déclaratives et la gouvernance du projet.

CritèreAutoconsommation individuelleAutoconsommation collective
Nombre de participants1 seul (producteur = consommateur)2 ou plus, liés par une PMO
Périmètre géographiqueMême site de production et consommationRayon de 2 km (10 km en zone rurale depuis 2023)
Structure juridique requiseAucunePersonne morale organisatrice (association, SAS, etc.)
Contrat avec EnedisConvention d'autoconsommation individuelle (CACI)Convention d'autoconsommation collective (CACC)
Répartition de l'électricitéAutomatique (un seul point)Clé de répartition définie contractuellement

L'autoconsommation individuelle

C'est le schéma le plus fréquent en entreprise. L'installation est raccordée derrière le compteur du site. L'électricité produite est consommée instantanément ; le surplus est soit injecté gratuitement, soit vendu via un contrat d'obligation d'achat.

L'autoconsommation collective

Elle permet à plusieurs entités — par exemple, les occupants d'une zone d'activité — de partager la production d'une même installation. La PMO organise la répartition entre participants selon des clés contractuelles. Ce montage exige une convention signée avec Enedis et un cadre contractuel rigoureux entre les parties.

Obligations déclaratives et raccordement de l'installation

Tout projet d'autoconsommation impose un parcours administratif précis, dont le non-respect peut entraîner des sanctions ou le refus de raccordement.

Les démarches obligatoires

  1. Déclaration préalable de travaux ou permis de construire auprès de la mairie, selon la surface et la puissance de l'installation (seuil : 1 MWc pour le permis de construire au sol).
  2. Demande de raccordement auprès d'Enedis (ou du gestionnaire de réseau local), avec signature d'une convention d'autoconsommation (CACI ou CACC).
  3. Attestation de conformité délivrée par le Consuel (Comité national pour la sécurité des usagers de l'électricité) avant la mise en service.
  4. Déclaration d'exploitation auprès de la DREAL pour les installations de puissance supérieure à 250 kWc.

Le raccordement au réseau

Enedis instruit la demande de raccordement dans un délai moyen de 6 à 18 semaines selon la puissance. Le coût de raccordement varie : il est nul pour une installation en injection de surplus inférieure à 36 kVA, mais peut atteindre plusieurs milliers d'euros pour des puissances supérieures nécessitant des travaux de réseau.

La conformité des démarches déclaratives conditionne la mise en service de l'installation et l'accès aux tarifs d'achat réglementés.
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Fiscalité et valorisation du surplus d'électricité

La fiscalité applicable dépend de la puissance installée, du mode de valorisation du surplus et du statut juridique de l'entreprise.

Vente du surplus : deux options

  • Obligation d'achat (OA) : pour les installations ≤ 500 kWc, EDF OA achète le surplus à un tarif fixé par arrêté trimestriel. Au T1 2025, le tarif s'établit autour de 0,13 €/kWh pour une installation ≤ 9 kWc et 0,078 €/kWh entre 9 et 100 kWc.
  • Vente sur le marché libre : l'entreprise négocie un contrat de gré à gré (PPAPower Purchase Agreement) ou vend via un agrégateur.

Régime fiscal applicable

SituationRégime fiscal
Installation ≤ 3 kWc, personne physiqueRevenus exonérés d'impôt sur le revenu
Installation > 3 kWc, entreprise soumise à l'ISRevenus de vente intégrés au résultat imposable
TVA sur vente de surplusTVA à 20 % applicable (sauf franchise en base)
IFER (imposition forfaitaire sur les entreprises de réseaux)Due à partir de 100 kWc : environ 7,82 €/kW en 2024

L'électricité autoconsommée, en revanche, n'est pas soumise à la CSPE (contribution au service public de l'électricité) pour les installations ≤ 1 MWc, ce qui constitue un avantage économique direct.

Sécuriser son projet d'autoconsommation avec un avocat

Un projet photovoltaïque en entreprise mobilise plusieurs branches du droit : droit de l'énergie, droit de l'urbanisme, droit des contrats, droit fiscal et, en autoconsommation collective, droit des sociétés. La direction juridique doit coordonner ces dimensions avec des délais souvent contraints par les appels d'offres ou les évolutions tarifaires trimestrielles.

Les points de vigilance contractuels

  • Contrat EPC (Engineering, Procurement, Construction) : clauses de performance, garanties décennales, pénalités de retard.
  • Contrat de maintenance (O&M) : engagements de disponibilité, SLA, conditions de résiliation.
  • Convention avec Enedis : vérification des conditions techniques et des délais de raccordement.
  • Bail ou convention d'occupation : si l'installation est posée sur un bâtiment loué, le bail doit autoriser les travaux et prévoir la répartition des charges.

Pourquoi faire appel à un avocat spécialisé

Un avocat en droit de l'énergie intervient pour auditer la faisabilité juridique, rédiger ou négocier les contrats, vérifier la conformité réglementaire et anticiper les risques contentieux (recours de tiers, non-conformité urbanistique, litige avec l'installateur). Pour une direction juridique dont l'équipe ne dispose pas de cette expertise en interne, un renfort externe spécialisé permet de sécuriser le projet sans mobiliser des ressources permanentes.

Structurer juridiquement un projet d'autoconsommation nécessite une expertise croisée en droit de l'énergie, urbanisme et contrats.
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FAQ

L'autoconsommation électrique est-elle soumise à autorisation administrative ?

Oui. Toute installation photovoltaïque nécessite au minimum une déclaration préalable de travaux en mairie. Au-delà de 250 kWc, une déclaration auprès de la DREAL est requise. Le raccordement au réseau impose également une convention signée avec Enedis.

Quelle est la différence entre autoconsommation totale et autoconsommation avec vente de surplus ?

En autoconsommation totale, l'entreprise consomme 100 % de sa production ; le surplus éventuel est injecté gratuitement. En autoconsommation avec vente de surplus, l'excédent est vendu à EDF OA ou sur le marché libre, générant un revenu complémentaire soumis à fiscalité.

L'autoconsommation collective est-elle accessible à toutes les entreprises ?

Oui, à condition de constituer une personne morale organisatrice et de respecter le périmètre géographique fixé par la loi (2 km en zone urbaine, 10 km en zone rurale). Tous les participants doivent être raccordés au réseau public de distribution.

Quels impôts s'appliquent aux revenus de vente de surplus ?

Pour une entreprise soumise à l'IS, les revenus de vente sont intégrés au résultat imposable. La TVA à 20 % s'applique sur les ventes. L'IFER est due à partir de 100 kWc, soit environ 7,82 €/kW par an.

Pourquoi impliquer un avocat dans un projet d'autoconsommation ?

Le projet croise droit de l'énergie, urbanisme, contrats et fiscalité. Un avocat spécialisé vérifie la conformité réglementaire, négocie les contrats EPC et O&M, et anticipe les risques de contentieux liés aux autorisations ou aux relations avec le gestionnaire de réseau.

Pour aller plus loin

Code de l'énergie, articles L315-1 à L315-8 : l'autoconsommation - Légifrance

Ordonnance n° 2016-1019 du 27 juillet 2016 relative à l'autoconsommation d'électricité - Légifrance

Commercialisation et financement de l'installation de panneaux photovoltaïques - DGCCRF, economie.gouv.fr

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