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Qu'est-ce que l'autoconsommation électrique en entreprise
Le cadre juridique de l'autoconsommation dans le code de l'énergie
Autoconsommation individuelle et collective : quelles différences ?
Obligations déclaratives et raccordement de l'installation
Fiscalité et valorisation du surplus d'électricité
Sécuriser son projet d'autoconsommation avec un avocat
L'autoconsommation électrique désigne le fait, pour une entreprise, de consommer tout ou partie de l'électricité qu'elle produit elle-même, le plus souvent via des panneaux photovoltaïques installés sur ses toitures ou ses parkings. Le code de l'énergie la définit à l'article L315-1 : la production et la consommation sont réalisées sur un même site ou au sein d'un périmètre géographique défini.
En pratique, une entreprise qui installe une centrale solaire de 100 kWc sur son entrepôt et utilise cette électricité pour alimenter ses équipements fait de l'autoconsommation. Si elle ne consomme pas la totalité de sa production, le surplus peut être injecté sur le réseau public et vendu.
Fin 2023, la Commission de régulation de l'énergie (CRE) recensait plus de 325 000 installations en autoconsommation en France, dont une part croissante portée par des acteurs professionnels. Pour les directions juridiques, ce mécanisme soulève des questions précises : quel régime juridique s'applique, quelles autorisations obtenir, quels contrats négocier avec le gestionnaire de réseau et les éventuels co-participants.
Le socle législatif repose sur les articles L315-1 à L315-8 du code de l'énergie, introduits par la loi du 24 février 2017 relative à l'autoconsommation d'électricité, puis complétés par la loi Énergie-Climat du 8 novembre 2019 et la loi d'accélération des énergies renouvelables du 10 mars 2023.
Le législateur reconnaît un droit à l'autoconsommation : toute personne peut produire et consommer sa propre électricité, sous réserve de respecter les règles de raccordement et de sécurité. L'article L315-2 précise que l'autoconsommation peut être individuelle (un seul producteur-consommateur) ou collective (plusieurs participants regroupés au sein d'une personne morale organisatrice, dite PMO).
Plusieurs décrets et arrêtés encadrent les modalités techniques :
| Texte | Objet |
|---|---|
| Décret n° 2017-676 du 28 avril 2017 | Conditions de l'autoconsommation collective |
| Arrêté du 9 mai 2017 | Conditions d'achat du surplus pour installations ≤ 100 kWc |
| Loi n° 2023-175 du 10 mars 2023 (APER) | Extension du périmètre géographique de l'autoconsommation collective à 2 km, puis 10 km en zone rurale |
| Décret n° 2023-1420 du 29 décembre 2023 | Modalités de la vente de surplus sur le marché |
La direction juridique doit vérifier que le projet respecte à la fois le code de l'énergie, le code de l'urbanisme (permis de construire ou déclaration préalable selon la puissance) et, le cas échéant, les règles du PLU local.
Maîtriser l'articulation entre code de l'énergie et code de l'urbanisme est indispensable pour sécuriser un projet photovoltaïque d'entreprise.
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Les deux régimes répondent à des logiques juridiques et opérationnelles distinctes. Le choix entre l'un et l'autre conditionne le montage contractuel, les obligations déclaratives et la gouvernance du projet.
| Critère | Autoconsommation individuelle | Autoconsommation collective |
|---|---|---|
| Nombre de participants | 1 seul (producteur = consommateur) | 2 ou plus, liés par une PMO |
| Périmètre géographique | Même site de production et consommation | Rayon de 2 km (10 km en zone rurale depuis 2023) |
| Structure juridique requise | Aucune | Personne morale organisatrice (association, SAS, etc.) |
| Contrat avec Enedis | Convention d'autoconsommation individuelle (CACI) | Convention d'autoconsommation collective (CACC) |
| Répartition de l'électricité | Automatique (un seul point) | Clé de répartition définie contractuellement |
C'est le schéma le plus fréquent en entreprise. L'installation est raccordée derrière le compteur du site. L'électricité produite est consommée instantanément ; le surplus est soit injecté gratuitement, soit vendu via un contrat d'obligation d'achat.
Elle permet à plusieurs entités — par exemple, les occupants d'une zone d'activité — de partager la production d'une même installation. La PMO organise la répartition entre participants selon des clés contractuelles. Ce montage exige une convention signée avec Enedis et un cadre contractuel rigoureux entre les parties.
Tout projet d'autoconsommation impose un parcours administratif précis, dont le non-respect peut entraîner des sanctions ou le refus de raccordement.
Enedis instruit la demande de raccordement dans un délai moyen de 6 à 18 semaines selon la puissance. Le coût de raccordement varie : il est nul pour une installation en injection de surplus inférieure à 36 kVA, mais peut atteindre plusieurs milliers d'euros pour des puissances supérieures nécessitant des travaux de réseau.
La conformité des démarches déclaratives conditionne la mise en service de l'installation et l'accès aux tarifs d'achat réglementés.
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La fiscalité applicable dépend de la puissance installée, du mode de valorisation du surplus et du statut juridique de l'entreprise.
| Situation | Régime fiscal |
|---|---|
| Installation ≤ 3 kWc, personne physique | Revenus exonérés d'impôt sur le revenu |
| Installation > 3 kWc, entreprise soumise à l'IS | Revenus de vente intégrés au résultat imposable |
| TVA sur vente de surplus | TVA à 20 % applicable (sauf franchise en base) |
| IFER (imposition forfaitaire sur les entreprises de réseaux) | Due à partir de 100 kWc : environ 7,82 €/kW en 2024 |
L'électricité autoconsommée, en revanche, n'est pas soumise à la CSPE (contribution au service public de l'électricité) pour les installations ≤ 1 MWc, ce qui constitue un avantage économique direct.
Un projet photovoltaïque en entreprise mobilise plusieurs branches du droit : droit de l'énergie, droit de l'urbanisme, droit des contrats, droit fiscal et, en autoconsommation collective, droit des sociétés. La direction juridique doit coordonner ces dimensions avec des délais souvent contraints par les appels d'offres ou les évolutions tarifaires trimestrielles.
Un avocat en droit de l'énergie intervient pour auditer la faisabilité juridique, rédiger ou négocier les contrats, vérifier la conformité réglementaire et anticiper les risques contentieux (recours de tiers, non-conformité urbanistique, litige avec l'installateur). Pour une direction juridique dont l'équipe ne dispose pas de cette expertise en interne, un renfort externe spécialisé permet de sécuriser le projet sans mobiliser des ressources permanentes.
Structurer juridiquement un projet d'autoconsommation nécessite une expertise croisée en droit de l'énergie, urbanisme et contrats.
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Oui. Toute installation photovoltaïque nécessite au minimum une déclaration préalable de travaux en mairie. Au-delà de 250 kWc, une déclaration auprès de la DREAL est requise. Le raccordement au réseau impose également une convention signée avec Enedis.
En autoconsommation totale, l'entreprise consomme 100 % de sa production ; le surplus éventuel est injecté gratuitement. En autoconsommation avec vente de surplus, l'excédent est vendu à EDF OA ou sur le marché libre, générant un revenu complémentaire soumis à fiscalité.
Oui, à condition de constituer une personne morale organisatrice et de respecter le périmètre géographique fixé par la loi (2 km en zone urbaine, 10 km en zone rurale). Tous les participants doivent être raccordés au réseau public de distribution.
Pour une entreprise soumise à l'IS, les revenus de vente sont intégrés au résultat imposable. La TVA à 20 % s'applique sur les ventes. L'IFER est due à partir de 100 kWc, soit environ 7,82 €/kW par an.
Le projet croise droit de l'énergie, urbanisme, contrats et fiscalité. Un avocat spécialisé vérifie la conformité réglementaire, négocie les contrats EPC et O&M, et anticipe les risques de contentieux liés aux autorisations ou aux relations avec le gestionnaire de réseau.
Code de l'énergie, articles L315-1 à L315-8 : l'autoconsommation - Légifrance
Ordonnance n° 2016-1019 du 27 juillet 2016 relative à l'autoconsommation d'électricité - Légifrance
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