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Auto-entrepreneur : que signifie « exonération » la première année ?
ACRE : le seul dispositif d'exonération en première année
Conditions d'éligibilité à l'ACRE en 2026
Taux d'exonération ACRE et calcul des cotisations sociales
Demande ACRE auprès de l'URSSAF : délai de 60 jours et procédure
Cotisations et taxes non exonérées la première année
Erreurs fréquentes qui font perdre le bénéfice de l'exonération
Au-delà de la première année : que devient le taux de cotisations ?
Le terme « exonération première année » circule largement parmi les créateurs d'auto-entreprise. Il laisse croire qu'un mécanisme automatique dispense de toute charge sociale au démarrage. C'est faux. En micro-entreprise, les cotisations sociales sont dues dès le premier euro de chiffre d'affaires déclaré, sans période de grâce ni franchise.
Ce que le langage courant appelle « auto-entrepreneur exonération première année » désigne en réalité un dispositif spécifique : l'ACRE (Aide aux Créateurs et Repreneurs d'Entreprise). Ce mécanisme ne supprime pas les cotisations. Il réduit leur taux de moitié pendant 12 mois, et uniquement pour les créateurs qui remplissent des conditions précises et déposent une demande dans les délais.
La confusion est fréquente car, jusqu'en 2019, l'ACRE (alors appelée ACCRE) était accordée automatiquement à tous les auto-entrepreneurs, sans condition de ressources ni de statut. Depuis le 1er janvier 2020, le dispositif est redevenu sélectif. Seuls certains profils y ont accès, et la demande doit être formulée explicitement.
L'ACRE constitue le seul mécanisme légal de réduction des cotisations sociales applicable aux auto-entrepreneurs en début d'activité. Aucun autre dispositif — ni régional, ni sectoriel — ne permet de diminuer les charges sociales du micro-entrepreneur au lancement.
Concrètement, l'ACRE divise par 2 le taux de cotisations sociales applicable au chiffre d'affaires pendant les 4 premiers trimestres civils d'activité, soit 12 mois maximum. Le bénéfice est personnel : il est lié au créateur, pas à l'entreprise. Un entrepreneur qui a déjà utilisé l'ACRE au cours des 3 années précédentes ne peut pas en bénéficier à nouveau.
Le dispositif couvre les cotisations d'assurance maladie, maternité, invalidité, décès, retraite de base et complémentaire, ainsi que les allocations familiales. En revanche, il ne s'applique pas à la CSG-CRDS, ni aux contributions annexes.
| Élément | Détail |
|---|---|
| Nom du dispositif | ACRE (Aide aux Créateurs et Repreneurs d'Entreprise) |
| Nature | Réduction de 50 % des cotisations sociales |
| Durée | 12 mois (4 trimestres civils) |
| Automatique ? | Non, demande obligatoire depuis 2020 |
| Renouvelable ? | Non, délai de carence de 3 ans |
L'accès à l'ACRE est conditionné à l'appartenance à l'une des catégories définies par l'article L. 131-6-4 du Code de la sécurité sociale. En 2026, les profils éligibles sont les suivants :
Deux conditions supplémentaires s'appliquent dans tous les cas. D'une part, le créateur ne doit pas avoir bénéficié de l'ACRE au cours des 3 années précédentes. D'autre part, la demande doit être déposée dans le délai légal de 60 jours.
Structurer son activité dès la création permet d'optimiser ses droits et d'éviter des erreurs coûteuses.
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Le taux d'exonération ACRE réduit de moitié le taux normal de cotisations sociales applicable au chiffre d'affaires. Le calcul est simple : le taux plein est divisé par 2 pendant les 12 premiers mois.
| Activité | Taux plein (sans ACRE) | Taux ACRE (avec exonération) |
|---|---|---|
| Vente de marchandises (BIC) | 12,3 % | 6,2 % |
| Prestations de services artisanales ou commerciales (BIC) | 21,2 % | 10,6 % |
| Prestations de services libérales (BNC – CIPAV) | 21,2 % | 10,6 % |
| Activités libérales (BNC – SSI) | 23,1 % | 11,6 % |
Exemple concret : un développeur freelance en prestation de services libérales (BNC, affilié au SSI) qui réalise 3 000 € de chiffre d'affaires mensuel paie normalement 693 € de cotisations sociales par mois (23,1 %). Avec l'ACRE, ce montant tombe à 348 € (11,6 %), soit une économie de 345 € par mois et environ 4 140 € sur 12 mois.
Ces taux s'appliquent au chiffre d'affaires brut déclaré, sans abattement. Le prélèvement est effectué lors de chaque déclaration (mensuelle ou trimestrielle) auprès de l'URSSAF.
La demande ACRE doit être déposée auprès de l'URSSAF dans un délai strict de 60 jours suivant la date de début d'activité mentionnée sur le formulaire de création. Ce délai n'est ni prorogeable, ni rattrapable. Si le créateur le dépasse, même d'un jour, le bénéfice de l'ACRE est perdu pour toute la durée de l'activité en cours.
La procédure se déroule en 3 étapes :
L'URSSAF dispose d'un délai de 30 jours pour répondre. En l'absence de réponse dans ce délai, la demande est réputée acceptée (accord tacite). En cas de refus, un recours est possible dans les 2 mois suivant la notification.
Le choix du statut juridique au démarrage conditionne vos obligations sociales et fiscales pour plusieurs années.
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L'ACRE ne couvre pas l'ensemble des prélèvements obligatoires. Plusieurs charges restent dues intégralement dès la première année, même avec le bénéfice de l'exonération :
En pratique, le taux global affiché par l'URSSAF lors de la déclaration intègre déjà la CSG-CRDS. Le taux réduit ACRE visible sur le compte en ligne correspond donc au taux de cotisations sociales diminué, auquel s'ajoutent les contributions annexes.
Plusieurs erreurs récurrentes privent chaque année des milliers de créateurs du bénéfice de l'ACRE. Les identifier permet de les éviter.
1. Dépasser le délai de 60 jours. C'est la cause de perte la plus fréquente. Le créateur se concentre sur le lancement commercial et oublie la démarche administrative. Le délai court à compter de la date de début d'activité, pas de la réception du numéro SIRET.
2. Ne pas fournir les justificatifs complets. Un dossier incomplet entraîne un rejet. L'URSSAF n'est pas tenue de demander les pièces manquantes. Le créateur doit anticiper la collecte des documents avant même la déclaration de début d'activité.
3. Croire que l'ACRE est automatique. Depuis 2020, aucune exonération n'est appliquée sans demande explicite. Le simple fait de cocher une case lors de l'inscription sur le site de l'URSSAF ne suffit pas toujours : le formulaire dédié et les justificatifs restent nécessaires.
4. Avoir déjà bénéficié de l'ACRE dans les 3 ans précédents. Un entrepreneur qui a fermé puis recréé une auto-entreprise dans ce délai n'est pas éligible, même s'il remplit les autres conditions.
5. Confondre exonération de cotisations et exonération d'impôt. L'ACRE ne concerne que les cotisations sociales. Elle n'a aucun effet sur l'impôt sur le revenu, qu'il soit prélevé via le versement libératoire ou le barème progressif.
À l'issue des 12 mois d'ACRE, le taux de cotisations remonte immédiatement au taux plein. Depuis la réforme de 2020, il n'existe plus de palier intermédiaire. Le passage de 50 % à 100 % du taux est brutal.
Pour un prestataire de services libéral affilié au SSI, le taux passe de 11,6 % à 23,1 % du jour au lendemain. Sur un chiffre d'affaires mensuel de 3 000 €, cela représente un surcoût de 345 € par mois, soit une hausse de 100 % des prélèvements sociaux.
Cette transition doit être anticipée dans le plan de trésorerie dès le démarrage. Deux leviers permettent de l'absorber :
Le passage en société (EURL, SASU) peut s'avérer plus avantageux au-delà d'un certain niveau de revenus, car il permet d'optimiser la rémunération entre salaire et dividendes, et d'accéder à des mécanismes de déduction de charges réelles.
Anticiper la fin de l'ACRE et évaluer le bon statut juridique évite une hausse brutale de charges mal préparée.
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Non. Aucune exonération automatique n'existe. Seul le dispositif ACRE permet une réduction de 50 % des cotisations sociales, et il nécessite une demande explicite auprès de l'URSSAF dans les 60 jours suivant la création.
Le bénéfice de l'ACRE est définitivement perdu pour cette activité. Le délai n'est ni prorogeable ni rattrapable. Les cotisations seront calculées au taux plein dès la première déclaration de chiffre d'affaires.
Non. L'ACRE ne concerne que les cotisations sociales (maladie, retraite, allocations familiales). La CFE, la contribution à la formation professionnelle, la taxe consulaire et l'impôt sur le revenu restent dus selon leurs règles propres.
Oui, à condition de ne pas avoir bénéficié de l'ACRE au cours des 3 années précédentes et de remplir l'une des conditions d'éligibilité (demandeur d'emploi, bénéficiaire du RSA, moins de 26 ans, etc.).
Le taux de cotisations sociales remonte immédiatement au taux plein, sans palier intermédiaire. Pour un prestataire de services, cela signifie un doublement du montant des cotisations d'un trimestre à l'autre.
L'Acre : l'aide pour les créateurs et repreneurs - URSSAF
Aide à la création ou à la reprise d'une entreprise (Acre) - Service-Public.fr
Micro-entreprises, quel est le montant de vos cotisations sociales ? - economie.gouv.fr
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