
Définition et rôle de l'attestation de salaire
Cas obligatoires de transmission à la CPAM
Informations requises et formulaires Cerfa
Transmission via DSN ou Net-entreprises
Erreurs fréquentes et sanctions encourues
L'attestation de salaire employeur est un document transmis par l'entreprise à la Caisse primaire d'assurance maladie (CPAM). Son rôle est précis : elle fournit les éléments de rémunération nécessaires au calcul des indemnités journalières de sécurité sociale (IJSS) dues au salarié pendant un arrêt de travail.
Concrètement, la CPAM ne dispose pas des données salariales du collaborateur. C'est l'employeur qui les communique, via cette attestation, pour que l'organisme puisse déterminer le montant et la durée de l'indemnisation. Sans ce document, le salarié ne perçoit aucune indemnité. Le versement est donc directement conditionné par la diligence de l'employeur.
L'attestation de salaire se distingue de l'attestation employeur Pôle emploi (aujourd'hui France Travail), qui concerne la fin du contrat de travail. Elle se distingue également du bulletin de paie, qui ne constitue pas un justificatif recevable par la CPAM pour le calcul des IJSS.
Pour le DRH, ce document représente une obligation légale récurrente. Chaque arrêt de travail déclenche une obligation de transmission dans un délai contraint, quel que soit le motif de l'arrêt.
La transmission de l'attestation de salaire est obligatoire dans 4 situations prévues par le Code de la sécurité sociale :
| Situation | Base légale | Délai de transmission |
|---|---|---|
| Arrêt maladie | Art. R. 323-10 CSS | 5 jours à compter de la connaissance de l'arrêt |
| Congé maternité | Art. R. 331-5 CSS | Avant le début du congé prénatal |
| Congé paternité et accueil de l'enfant | Art. R. 331-5 CSS | Avant le début du congé |
| Accident du travail / maladie professionnelle (AT/MP) | Art. R. 441-4 CSS | 48 heures après la connaissance de l'accident ou de l'arrêt |
En cas de prolongation d'arrêt, une nouvelle attestation doit être transmise si les éléments de salaire ont changé (augmentation, prime, modification du temps de travail). Dans le cas contraire, la CPAM se fonde sur l'attestation initiale.
Le non-respect de ces délais retarde le versement des IJSS au salarié. Ce retard peut générer des réclamations internes et, dans certains cas, engager la responsabilité de l'employeur.
Un retard ou une erreur dans la transmission de l'attestation de salaire peut créer un litige avec le salarié concerné.
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L'attestation de salaire contient des données précises, réparties en 3 catégories :
Chaque motif d'arrêt correspond à un formulaire Cerfa distinct :
| Motif | Numéro Cerfa |
|---|---|
| Maladie | Cerfa n° 11135*04 |
| Maternité / Paternité | Cerfa n° 11135*04 (volet spécifique) |
| Accident du travail / Maladie professionnelle | Cerfa n° 11137*03 |
Le formulaire AT/MP diffère du formulaire maladie sur un point essentiel : il intègre le salaire de référence calculé sur le mois précédant l'arrêt, et non sur les 3 derniers mois. Cette distinction a un impact direct sur le montant des IJSS versées.
La mention de la subrogation mérite une attention particulière. Lorsque l'employeur maintient le salaire pendant l'arrêt, il peut percevoir les IJSS directement auprès de la CPAM en cochant la case correspondante sur l'attestation. Une erreur sur cette case entraîne un double versement ou un non-versement qu'il faut ensuite régulariser.
Depuis le 1er janvier 2022, la DSN (déclaration sociale nominative) est le canal obligatoire de transmission de l'attestation de salaire pour toutes les entreprises soumises à cette déclaration. En pratique, cela concerne la quasi-totalité des entreprises du secteur privé employant au moins 1 salarié.
Le signalement d'arrêt de travail en DSN remplace l'envoi du Cerfa papier. Il s'effectue via le logiciel de paie de l'entreprise, qui génère un flux structuré transmis à la CPAM dans un délai de 5 jours.
Les entreprises non soumises à la DSN — notamment certains employeurs particuliers ou structures très spécifiques — peuvent encore utiliser le portail Net-entreprises pour saisir et transmettre l'attestation en ligne, ou envoyer le Cerfa par courrier.
La gestion des signalements DSN liés aux arrêts de travail nécessite une coordination étroite entre la paie et la direction des ressources humaines.
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En pratique, les services RH et paie rencontrent 5 types d'erreurs récurrentes sur l'attestation de salaire employeur :
Le Code de la sécurité sociale prévoit des sanctions en cas de manquement :
La prévention de ces erreurs passe par un contrôle systématique des données avant chaque transmission, et par la formation des gestionnaires de paie aux spécificités de chaque type d'arrêt.
Le délai est de 5 jours à compter de la connaissance de l'arrêt maladie. Pour un accident du travail, ce délai est réduit à 48 heures. En cas de maternité ou paternité, la transmission doit intervenir avant le début du congé.
Oui. Chaque arrêt de travail — maladie, maternité, paternité, AT/MP — déclenche une obligation de transmission. Sans cette attestation, la CPAM ne peut pas calculer ni verser les indemnités journalières au salarié.
Seules les entreprises non soumises à la DSN peuvent utiliser le formulaire Cerfa papier ou la saisie en ligne via Net-entreprises. Pour toutes les autres, le signalement DSN est le canal obligatoire depuis 2022.
Le salarié peut saisir le conseil de prud'hommes pour obtenir des dommages et intérêts. La CPAM peut également appliquer une pénalité financière pouvant atteindre 50 % du plafond mensuel de la sécurité sociale par signalement manquant.
Lorsque l'employeur maintient le salaire pendant l'arrêt, il peut cocher la case subrogation sur l'attestation. La CPAM lui verse alors directement les IJSS, en lieu et place du salarié. Une erreur sur cette case entraîne des régularisations complexes.
Article R323-10 du Code de la sécurité sociale - Légifrance
L'attestation de salaire en cas d'arrêt de travail - Guide employeur - Ameli.fr
Les indemnités journalières - Fiche 23 - DREES 2024
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