
Jullian Hoareau

Accédez en -24h à un avocat d'affaires sélectionné parmi les meilleurs, à des honoraires maîtrisés.
Attestation de dette : définition et cadre juridique
Attestation, reconnaissance de dette : quelles différences ?
Mentions et conditions de validité du document
Valeur probante dans le recouvrement de créances
Recouvrer sa créance après l'attestation de dette
Lorsqu'une entreprise accorde un délai de paiement, livre une prestation ou consent un prêt à un partenaire commercial, elle prend un risque : celui de ne jamais être payée. L'attestation de dette permet de matérialiser ce risque par écrit. Concrètement, il s'agit d'un document dans lequel le débiteur déclare devoir une somme déterminée au créancier, à une date donnée.
Le Code civil encadre ce mécanisme à travers les articles 1353 et suivants relatifs à la preuve des obligations. L'article 1376 précise qu'un acte sous signature privée portant engagement unilatéral de payer doit mentionner le montant en chiffres et en lettres. En cas de divergence, c'est le montant en lettres qui prévaut. Cette règle protège le créancier contre toute altération du document.
En droit français, l'attestation de dette n'est pas un acte authentique (rédigé par un notaire). Elle relève de l'acte sous seing privé. Sa force probante dépend donc du respect de conditions formelles précises, détaillées plus bas.
Pour une TPE ou une PME créancière, ce document remplit 3 fonctions :
Les deux termes sont souvent confondus. Ils désignent pourtant des réalités juridiques distinctes, même si leur finalité converge : prouver qu'une somme est due.
| Critère | Attestation de dette | Reconnaissance de dette |
|---|---|---|
| Auteur | Le débiteur ou un tiers attestant | Le débiteur uniquement |
| Forme | Libre (courrier, e-mail, formulaire) | Acte sous seing privé ou notarié |
| Cadre légal | Preuve au sens des articles 1353 et suivants du Code civil | Articles 1376 et 1377 du Code civil |
| Force probante | Variable selon les mentions présentes | Élevée si les mentions obligatoires sont respectées |
| Usage courant | Relations commerciales B2B, prêts informels | Prêts entre particuliers, opérations formalisées |
La reconnaissance de dette est un engagement unilatéral formalisé. Elle engage directement le signataire à payer la somme indiquée. L'attestation de dette, elle, peut prendre une forme plus souple : un simple courrier dans lequel le débiteur confirme le solde restant dû suffit, à condition qu'il soit signé et daté.
En pratique, pour une entreprise créancière, la reconnaissance de dette offre une sécurité juridique supérieure. Toutefois, obtenir une attestation de dette reste utile lorsque le débiteur refuse de s'engager formellement mais accepte de confirmer par écrit le montant impayé.
Un document incomplet ou mal rédigé perd sa valeur devant un juge. Voici les mentions à vérifier systématiquement.
| Mention | Obligatoire | Recommandée |
|---|---|---|
| Identité des parties | ✅ | |
| Montant en chiffres et en lettres | ✅ | |
| Objet de la dette | ✅ | |
| Date et signature | ✅ | |
| Échéancier de remboursement | ✅ | |
| Taux d'intérêt | ✅ | |
| Clause de déchéance du terme | ✅ |
Un document dépourvu de la mention du montant en lettres reste recevable comme commencement de preuve par écrit (article 1362 du Code civil). Il devra cependant être corroboré par d'autres éléments : échanges d'e-mails, factures, relevés bancaires.
Sécuriser la rédaction d'une attestation de dette nécessite souvent un regard juridique adapté à votre situation.
Consultez un avocat spécialisé en contentieux
En cas de litige, le tribunal vérifie 3 éléments pour apprécier la valeur probante de l'attestation de dette :
L'attestation de dette ne constitue pas un titre exécutoire. Elle ne permet pas de saisir directement les biens du débiteur. Pour obtenir un titre exécutoire, le créancier doit passer par une procédure judiciaire : injonction de payer ou assignation.
Par ailleurs, la prescription de droit commun s'applique. En matière commerciale (B2B), le délai de prescription est de 5 ans à compter du jour où le créancier a connu ou aurait dû connaître les faits lui permettant d'agir (article L. 110-4 du Code de commerce). La signature d'une attestation de dette par le débiteur interrompt ce délai et fait courir un nouveau délai de 5 ans.
Une fois l'attestation obtenue, le créancier dispose de plusieurs voies pour récupérer les sommes dues.
La mise en demeure constitue la première étape. Envoyée par lettre recommandée avec accusé de réception, elle rappelle la dette, joint l'attestation et fixe un délai de paiement (généralement 8 à 15 jours). En pratique, selon la Banque de France, environ 30 % des créances impayées entre entreprises se règlent à ce stade.
Si la mise en demeure reste sans effet, 2 procédures s'offrent au créancier :
L'ordonnance d'injonction de payer, une fois signifiée et non contestée dans le délai d'1 mois, devient un titre exécutoire. Le créancier peut alors mandater un commissaire de justice (anciennement huissier) pour procéder à des saisies.
Face à un impayé, structurer son dossier de recouvrement de créances avec les bonnes pièces accélère la procédure.
Trouvez un avocat en contentieux et litiges
Non. La reconnaissance de dette est un engagement unilatéral formalisé qui obéit à des conditions strictes (article 1376 du Code civil). L'attestation de dette, plus souple dans sa forme, constitue un élément de preuve recevable mais dont la force probante dépend des mentions qu'elle contient.
Oui, à condition que l'auteur soit identifiable et que le contenu soit suffisamment précis (montant, objet, date). L'article 1366 du Code civil reconnaît l'écrit électronique comme preuve, sous réserve que l'intégrité du document soit garantie.
Le délai est de 5 ans en matière commerciale (article L. 110-4 du Code de commerce). La signature de l'attestation par le débiteur interrompt la prescription et fait courir un nouveau délai de 5 ans.
Non. L'attestation de dette n'est pas un titre exécutoire. Pour saisir les biens du débiteur, le créancier doit d'abord obtenir une décision de justice (ordonnance d'injonction de payer ou jugement au fond) qui vaut titre exécutoire.
Ce n'est pas obligatoire. L'attestation de dette sous seing privé est juridiquement valable. En revanche, un acte notarié confère au document une force exécutoire directe, ce qui évite de passer par une procédure judiciaire en cas de non-paiement.
Article 1376 du Code civil (preuve d'un engagement de payer) - Légifrance
Recouvrement judiciaire : l'injonction de payer - Service-Public.fr
Reconnaissance de dette : règles et formalités - Service-Public.fr
SWIM LEGAL est une alternative au cabinet d'avocats traditionnel pour les besoins juridiques des entreprises. Incubé par le Barreau de Paris, SWIM a reçu le Prix de l'Innovation pour sa solution permettant à toute entreprise, quelle que soit sa taille ou sa localisation, d'accéder rapidement via la plateforme à des avocats d'affaires expérimentés. Les entreprises peuvent déposer leur besoin — qu'il s'agisse d'un dossier, d'une consultation ou d'un renfort temporaire — de manière confidentielle et recevoir des propositions d'avocats pour répondre rapidement à leur demande.
Avocat au Barreau de Paris (Toque L086), fondateur de SWIM LEGAL
Besoin d'un juriste freelance, d'un conseil ou d'aide sur un litige ?





