Affiliation auto-entrepreneur à la SSI : démarches, délais et cotisations

Guides & Ressources pratiques
26 Feb 2026
-
10
min
Points clés de l'article
  1. Depuis 2020, tout auto-entrepreneur relève de la Sécurité sociale des indépendants (SSI), intégrée au régime général géré par la CPAM.
  2. L'affiliation est automatique dès l'immatriculation sur le guichet unique de l'INPI — aucune démarche séparée n'est requise.
  3. Les cotisations sociales représentent 12,3 % (vente), 21,1 % (prestations BIC) ou 21,2 % (prestations BNC) du chiffre d'affaires déclaré.
  4. La couverture sociale inclut l'assurance maladie, la retraite de base et complémentaire, et les indemnités journalières sous conditions.
  5. Les professions libérales réglementées restent affiliées à la CIPAV pour la retraite, tout en relevant de la CPAM pour la maladie.

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Sommaire

Affiliation auto-entrepreneur : cadre légal depuis la suppression du RSI

Conditions et prérequis avant immatriculation

Démarches d'affiliation à la SSI : étapes pas à pas

Délais d'affiliation et notification CPAM/SSI

Cotisations sociales : taux, calcul et échéances

Couverture sociale : santé, retraite, indemnités journalières

Cas particuliers : cumul salarié, profession libérale (CIPAV)

Erreurs fréquentes et points de vigilance

FAQ

Pour aller plus loin

Affiliation auto-entrepreneur : cadre légal depuis la suppression du RSI

L'affiliation auto-entrepreneur à la protection sociale a changé de cadre institutionnel en 2 étapes. Le RSI (Régime social des indépendants) a été supprimé par la loi de financement de la sécurité sociale pour 2018. Une période transitoire de 2 ans a suivi. Depuis le 1er janvier 2020, tous les travailleurs indépendants — y compris les auto-entrepreneurs — sont rattachés au régime général de la Sécurité sociale.

Concrètement, l'organisme qui gère leur protection sociale s'appelle la Sécurité sociale des indépendants (SSI). Il ne s'agit pas d'un régime autonome : la SSI est une branche du régime général, administrée par les CPAM (Caisses primaires d'assurance maladie) et les CARSAT (Caisses d'assurance retraite et de la santé au travail).

Ce rattachement a une conséquence directe : l'auto-entrepreneur bénéficie du même interlocuteur que les salariés pour ses remboursements de soins (la CPAM), tout en conservant un mode de calcul de cotisations spécifique, proportionnel à son chiffre d'affaires. Le recouvrement des cotisations reste assuré par l'URSSAF, via le site autoentrepreneur.urssaf.fr.

En résumé, 3 organismes interviennent dans la gestion sociale de l'auto-entrepreneur :

OrganismeRôle
URSSAFCollecte des cotisations sociales
CPAMRemboursements maladie, maternité, indemnités journalières
CARSATRetraite de base et complémentaire (hors CIPAV)

Cette architecture remplace l'ancien guichet unique du RSI, souvent critiqué pour ses dysfonctionnements. L'auto-entrepreneur n'a plus besoin d'identifier un interlocuteur spécifique : ses droits sociaux sont gérés par les mêmes caisses que l'ensemble des assurés du régime général.

Conditions et prérequis avant immatriculation

Avant de s'immatriculer, l'auto-entrepreneur doit vérifier qu'il remplit les conditions d'éligibilité au régime de la micro-entreprise. Ces conditions déterminent directement son affiliation à la SSI.

Conditions cumulatives :

  • Être une personne physique exerçant une activité commerciale, artisanale ou libérale non réglementée (ou réglementée relevant de la CIPAV)
  • Respecter les plafonds de chiffre d'affaires : 188 700 € pour la vente de marchandises, 77 700 € pour les prestations de services et les activités libérales (seuils 2024)
  • Ne pas exercer une activité exclue du régime (activités agricoles rattachées à la MSA, activités immobilières soumises à TVA, certaines professions réglementées)

Documents nécessaires à l'immatriculation :

  • Pièce d'identité en cours de validité
  • Justificatif de domicile de moins de 3 mois
  • Déclaration sur l'honneur de non-condamnation
  • Pour les artisans : attestation de qualification professionnelle le cas échéant

L'auto-entrepreneur doit également choisir sa périodicité de déclaration de chiffre d'affaires (mensuelle ou trimestrielle) dès l'immatriculation. Ce choix conditionne le rythme de paiement des cotisations et ne peut être modifié qu'une fois par an, avant le 31 octobre pour l'année suivante.

Structurer son statut social dès la création évite des erreurs de rattachement qui peuvent retarder l'ouverture des droits.
Consulter un avocat spécialisé en protection sociale

Démarches d'affiliation à la SSI : étapes pas à pas

Depuis le 1er janvier 2023, la création d'une micro-entreprise passe obligatoirement par le guichet unique de l'INPI (formalites.entreprises.gouv.fr). Ce portail remplace les anciens CFE (Centres de formalités des entreprises).

Étape 1 — Déclaration d'activité sur le guichet unique

L'auto-entrepreneur crée un compte sur le site de l'INPI, renseigne son identité, son adresse, la nature de son activité et son régime fiscal. Le formulaire génère automatiquement la demande d'immatriculation au registre compétent (RNE — Registre national des entreprises).

Étape 2 — Transmission automatique aux organismes sociaux

Une fois la déclaration validée, le guichet unique transmet les informations à l'INSEE (attribution du numéro SIRET), à l'URSSAF et à la CPAM. L'auto-entrepreneur n'a aucune démarche séparée à effectuer pour son affiliation à la SSI : elle est déclenchée automatiquement.

Étape 3 — Création du compte URSSAF

L'URSSAF envoie un courrier ou un courriel contenant les identifiants de connexion au portail autoentrepreneur.urssaf.fr. Ce compte permet de déclarer le chiffre d'affaires et de payer les cotisations.

Étape 4 — Rattachement à la CPAM

La CPAM du lieu de résidence prend en charge le dossier maladie. Si l'auto-entrepreneur était déjà affilié comme salarié ou demandeur d'emploi, son dossier est transféré vers la section « indépendants » de la même CPAM. Aucun changement de carte Vitale n'est nécessaire.

ÉtapeActionDélai indicatif
Déclaration INPIFormulaire en ligne20 à 30 minutes
Attribution SIRETAutomatique par l'INSEE1 à 4 semaines
Compte URSSAFEnvoi des identifiants2 à 4 semaines
Rattachement CPAMTransfert du dossier4 à 6 semaines

Délais d'affiliation et notification CPAM/SSI

Le délai entre l'immatriculation et l'affiliation effective varie selon les situations. En pratique, l'attribution du numéro SIRET intervient dans un délai de 1 à 4 semaines après la validation du dossier par l'INPI.

L'URSSAF active le compte de l'auto-entrepreneur dans les 2 à 4 semaines suivant la réception des informations transmises par le guichet unique. La première déclaration de chiffre d'affaires n'est exigée qu'après un délai de 90 jours suivant le début d'activité. Ce différé permet à l'auto-entrepreneur de démarrer sans pression immédiate sur la trésorerie.

Le rattachement à la CPAM prend généralement 4 à 6 semaines. Pendant cette période transitoire, l'auto-entrepreneur reste couvert par son ancien régime (salarié, étudiant, ayant droit). Il n'y a pas de rupture de droits à l'assurance maladie.

Point de vigilance : si l'auto-entrepreneur ne reçoit aucune notification de la CPAM dans les 2 mois suivant l'immatriculation, il doit contacter sa caisse directement. Un retard de traitement peut entraîner un décalage dans le remboursement des soins, même si les droits restent théoriquement ouverts.

Le rattachement à la SSI conditionne l'ensemble de la couverture sociale. Un retard ou une erreur d'affiliation peut impacter les droits maladie et retraite.
Faire vérifier sa situation par un avocat

Cotisations sociales : taux, calcul et échéances

Les cotisations sociales de l'auto-entrepreneur sont calculées en pourcentage du chiffre d'affaires déclaré. Ce système forfaitaire constitue la principale spécificité du régime micro-social. Aucun chiffre d'affaires déclaré signifie aucune cotisation due.

Taux de cotisations 2024 :

Type d'activitéTaux global
Vente de marchandises (BIC)12,3 %
Prestations de services commerciales ou artisanales (BIC)21,1 %
Prestations de services et activités libérales (BNC)21,2 %
Activités libérales relevant de la CIPAV21,2 %

Ces taux incluent l'ensemble des cotisations : maladie-maternité, retraite de base, retraite complémentaire, invalidité-décès, allocations familiales et CSG-CRDS.

Modalités de déclaration et paiement :

  • Déclaration mensuelle : le chiffre d'affaires du mois M est déclaré et payé avant le dernier jour du mois M+1.
  • Déclaration trimestrielle : le chiffre d'affaires du trimestre est déclaré et payé avant le 30 avril, le 31 juillet, le 31 octobre et le 31 janvier.

La déclaration se fait exclusivement en ligne sur autoentrepreneur.urssaf.fr. L'absence de déclaration — même en cas de chiffre d'affaires nul — expose à une pénalité de 55 € par déclaration manquante, et à une taxation d'office sur une base forfaitaire.

Option ACRE : les créateurs d'entreprise éligibles à l'ACRE (Aide à la création ou à la reprise d'entreprise) bénéficient d'une réduction de 50 % des taux de cotisations pendant les 4 premiers trimestres d'activité. Par exemple, un prestataire de services BIC paie 10,6 % au lieu de 21,2 % pendant cette période.

Couverture sociale : santé, retraite, indemnités journalières

L'affiliation à la SSI ouvre des droits sociaux dont l'étendue dépend du chiffre d'affaires déclaré. Contrairement au régime salarié, la couverture de l'auto-entrepreneur est directement corrélée à son niveau de cotisations.

Assurance maladie-maternité

L'auto-entrepreneur bénéficie des mêmes taux de remboursement que les salariés pour les consultations, médicaments et hospitalisations. La prise en charge est assurée par la CPAM. Le congé maternité ou paternité est également couvert, avec des indemnités journalières calculées sur la base du revenu annuel moyen des 3 dernières années.

Retraite de base et complémentaire

Les droits à la retraite sont acquis sous forme de trimestres, validés en fonction du chiffre d'affaires annuel. Pour valider 4 trimestres en 2024, un auto-entrepreneur en prestations de services BIC doit déclarer au minimum 24 332 € de chiffre d'affaires annuel.

Nombre de trimestresCA minimum — VenteCA minimum — Prestations BICCA minimum — Prestations BNC
1 trimestre20 740 €12 030 €9 675 €
2 trimestres36 280 €17 475 €14 070 €
3 trimestres51 820 €20 880 €16 815 €
4 trimestres72 150 €24 332 €19 575 €

Un chiffre d'affaires faible ou nul sur une année signifie zéro trimestre validé. Ce point est souvent sous-estimé par les auto-entrepreneurs qui exercent à temps partiel.

Indemnités journalières (IJ)

Depuis 2021, les auto-entrepreneurs affiliés à la SSI peuvent percevoir des indemnités journalières en cas d'arrêt maladie, à condition d'être affiliés depuis au moins 12 mois et de justifier d'un revenu annuel minimum de 4 208,80 € (soit 10 % du plafond annuel de la Sécurité sociale). Le montant maximal des IJ est de 63,52 € par jour en 2024.

La couverture sociale de l'auto-entrepreneur comporte des zones de fragilité, notamment sur la retraite et les indemnités journalières.
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Cas particuliers : cumul salarié, profession libérale (CIPAV)

Cumul auto-entrepreneur et salarié

Un salarié peut cumuler son emploi avec une activité d'auto-entrepreneur, sauf clause d'exclusivité ou de non-concurrence dans son contrat de travail. Dans ce cas, il cotise doublement : ses cotisations salariales financent ses droits en tant que salarié, et ses cotisations micro-sociales financent des droits supplémentaires au titre de son activité indépendante.

Pour l'assurance maladie, le régime principal est celui de l'activité salariée tant que celle-ci est exercée. Les remboursements de soins restent gérés par la CPAM au titre du régime salarié. En revanche, les trimestres de retraite acquis au titre de l'activité indépendante s'ajoutent à ceux acquis comme salarié.

Professions libérales réglementées et CIPAV

Certaines professions libérales réglementées (architectes, psychologues, ostéopathes, ingénieurs-conseils, entre autres) restent affiliées à la CIPAV (Caisse interprofessionnelle de prévoyance et d'assurance vieillesse) pour leur retraite de base et complémentaire. La liste des professions concernées est fixée par décret.

Ces auto-entrepreneurs relèvent néanmoins de la CPAM pour l'assurance maladie. Ils déclarent et paient leurs cotisations sur autoentrepreneur.urssaf.fr, comme tous les autres auto-entrepreneurs. La différence porte uniquement sur l'organisme de retraite.

Depuis la réforme de 2018, les professions libérales non réglementées qui relevaient auparavant de la CIPAV ont été transférées vers la SSI. Ce transfert a été progressif et s'est achevé en 2023.

Erreurs fréquentes et points de vigilance

1. Ne pas déclarer un chiffre d'affaires nul

L'auto-entrepreneur doit déclarer son chiffre d'affaires à chaque échéance, même s'il est de 0 €. L'absence de déclaration entraîne une pénalité et une taxation d'office. De plus, 24 mois consécutifs sans chiffre d'affaires provoquent la radiation automatique du régime.

2. Confondre chiffre d'affaires et revenu net

Les cotisations sont calculées sur le chiffre d'affaires brut encaissé, pas sur le bénéfice. Un auto-entrepreneur qui encaisse 50 000 € mais supporte 30 000 € de charges paiera ses cotisations sur 50 000 €. Si les charges réelles dépassent l'abattement forfaitaire du régime micro (34 %, 50 % ou 71 % selon l'activité), le régime réel peut être plus avantageux.

3. Sous-estimer l'impact sur la retraite

Avec un chiffre d'affaires annuel de 10 000 € en prestations de services BNC, l'auto-entrepreneur ne valide qu'un seul trimestre de retraite par an. Sur 10 ans d'activité, cela représente 10 trimestres au lieu des 40 nécessaires pour une retraite à taux plein. Ce déficit est rarement anticipé.

4. Ignorer la complémentaire santé

L'affiliation à la SSI ne comprend pas de mutuelle. L'auto-entrepreneur doit souscrire une complémentaire santé individuelle. Depuis 2024, les contrats « Madelin » permettent de déduire les cotisations de mutuelle du revenu imposable, mais uniquement pour les auto-entrepreneurs ayant opté pour le versement libératoire de l'impôt sur le revenu — ce qui limite l'intérêt du dispositif.

5. Retard dans la mise à jour du compte CPAM

Lors du passage du statut salarié à auto-entrepreneur exclusif, le transfert du dossier CPAM peut prendre plusieurs semaines. Pendant cette période, certains remboursements peuvent être bloqués. Il est recommandé de conserver les justificatifs de soins pour les soumettre une fois le transfert effectué.

Un accompagnement juridique ponctuel permet d'éviter les erreurs de statut qui affectent durablement la couverture sociale et la retraite.
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FAQ

L'affiliation à la SSI est-elle automatique lors de la création d'une auto-entreprise ?

Oui. Dès la validation de l'immatriculation sur le guichet unique de l'INPI, les informations sont transmises automatiquement à l'URSSAF et à la CPAM. L'auto-entrepreneur n'a aucune démarche séparée à effectuer pour être affilié à la SSI.

Combien de temps faut-il pour recevoir son numéro SIRET et être affilié ?

L'attribution du SIRET intervient en 1 à 4 semaines. Le compte URSSAF est activé sous 2 à 4 semaines. Le rattachement complet à la CPAM prend 4 à 6 semaines. Pendant cette période, l'auto-entrepreneur reste couvert par son ancien régime.

Que se passe-t-il si je ne déclare pas mon chiffre d'affaires ?

L'absence de déclaration entraîne une pénalité de 55 € par échéance manquante et une taxation d'office sur une base forfaitaire. Après 24 mois consécutifs sans déclaration de chiffre d'affaires, la radiation du régime micro-entrepreneur est automatique.

Un auto-entrepreneur peut-il percevoir des indemnités journalières en cas d'arrêt maladie ?

Oui, à 2 conditions : être affilié à la SSI depuis au moins 12 mois et justifier d'un revenu annuel minimum de 4 208,80 €. Le montant maximal des indemnités journalières est de 63,52 € par jour en 2024.

Les professions libérales en auto-entreprise relèvent-elles de la SSI ou de la CIPAV ?

Les professions libérales réglementées (architectes, psychologues, ostéopathes, etc.) restent affiliées à la CIPAV pour la retraite. Elles relèvent de la CPAM pour l'assurance maladie. Les professions libérales non réglementées ont été transférées vers la SSI entre 2019 et 2023.

Pour aller plus loin

Régime social du micro-entrepreneur - Service-Public.fr

Qui est affilié - URSSAF

L'essentiel du statut - URSSAF Auto-entrepreneur

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