
Acompte TVA : définition et fonctionnement général
Régime réel simplifié et calcul des acomptes
Option TVA trimestrielle : avantages et conditions
Option TVA mensuelle : quand la privilégier ?
Passage TVA trimestrielle à mensuelle : démarches pratiques
Simuler le bon montant d'acompte TVA
A retenir pour optimiser sa trésorerie grâce au bon régime
L'acompte TVA désigne un versement forfaitaire de taxe sur la valeur ajoutée effectué par anticipation, sans dépôt de déclaration détaillée chaque mois. Ce mécanisme s'applique aux entreprises soumises au régime réel simplifié d'imposition (RSI). Concrètement, au lieu de remplir 12 déclarations CA3 par an, l'entreprise verse 2 acomptes semestriels puis régularise l'ensemble sur une déclaration annuelle CA12.
Le premier acompte est exigible en juillet. Le second est dû en décembre. Chaque versement est calculé à partir de la TVA nette déclarée au titre de l'exercice précédent. La déclaration CA12, déposée au plus tard le 2e jour ouvré suivant le 1er mai, solde la différence entre la TVA réellement due sur l'année et les acomptes déjà versés.
Ce régime concerne les entreprises dont le chiffre d'affaires annuel hors taxes ne dépasse pas 840 000 € pour les activités de vente et 254 000 € pour les prestations de services (seuils 2024). La TVA annuelle exigible doit en outre rester inférieure à 15 000 € pour conserver le bénéfice du RSI. Au-delà, l'entreprise bascule automatiquement vers le régime réel normal.
Pour un dirigeant, le système d'acomptes présente un avantage administratif clair : 2 versements et 1 déclaration par an, contre 12 déclarations mensuelles au régime normal. En contrepartie, les montants versés ne reflètent pas nécessairement l'activité réelle du semestre en cours, ce qui peut créer un décalage de trésorerie.
Le calcul des acomptes de TVA au régime réel simplifié repose sur la TVA nette due au titre de l'exercice précédent, telle qu'elle figure sur la dernière déclaration CA12 déposée.
| Acompte | Échéance | Base de calcul | Taux |
|---|---|---|---|
| 1er acompte | Juillet | TVA nette due N-1 | 55 % |
| 2e acompte | Décembre | TVA nette due N-1 | 40 % |
| Solde (CA12) | Mai N+1 | TVA réelle N – acomptes versés | Différentiel |
Le total des 2 acomptes représente donc 95 % de la TVA de l'année précédente. Le solde, positif ou négatif, est régularisé lors du dépôt de la CA12.
Une entreprise a déclaré 10 000 € de TVA nette sur sa CA12 de l'exercice 2023. En 2024, elle verse :
Si la TVA réellement due en 2024 s'élève à 8 500 €, la CA12 déposée en mai 2025 fait apparaître un trop-versé de 1 000 € (9 500 € d'acomptes – 8 500 € de TVA réelle). L'entreprise obtient alors un remboursement ou un crédit imputable.
Lorsque l'entreprise estime que la TVA due au titre du semestre en cours sera inférieure au montant de l'acompte, elle peut réduire son versement. Cette modulation est autorisée à condition que le montant versé corresponde au minimum à la TVA réellement due pour la période. En cas de sous-estimation, des intérêts de retard de 0,20 % par mois s'appliquent sur la différence.
Structurer le choix de votre régime de TVA nécessite parfois un regard fiscal adapté à votre activité.
Consulter un avocat en fiscalité des entreprises
L'expression « TVA trimestrielle » prête souvent à confusion. Au régime réel simplifié, il n'existe pas de déclaration trimestrielle : le rythme est semestriel (2 acomptes par an). La déclaration trimestrielle de TVA concerne en réalité le régime réel normal, sous certaines conditions.
Une entreprise au régime réel normal peut déposer ses déclarations CA3 chaque trimestre (au lieu de chaque mois) si sa TVA annuelle exigible est inférieure à 4 000 €. Ce seuil est apprécié sur la base de la dernière année civile écoulée.
| Critère | Déclaration mensuelle (CA3) | Déclaration trimestrielle (CA3) |
|---|---|---|
| TVA annuelle exigible | ≥ 4 000 € | < 4 000 € |
| Fréquence de déclaration | 12 par an | 4 par an |
| Régime applicable | Réel normal | Réel normal |
| Formalisme | CA3 mensuelle | CA3 trimestrielle |
Le rythme trimestriel réduit la charge administrative à 4 déclarations par an. Il permet aussi de conserver la trésorerie correspondant à la TVA collectée pendant 3 mois avant de la reverser. Pour une entreprise dont l'activité génère peu de TVA nette, ce décalage de paiement constitue un levier de trésorerie non négligeable.
En revanche, si l'entreprise dispose régulièrement d'un crédit de TVA (TVA déductible supérieure à la TVA collectée), le rythme trimestriel retarde d'autant le remboursement. Dans ce cas, la déclaration mensuelle permet de récupérer le crédit plus rapidement.
L'option pour la TVA mensuelle s'adresse à 2 situations distinctes selon le régime de départ de l'entreprise.
Une entreprise au RSI peut renoncer au système d'acomptes et opter pour le dépôt de déclarations CA3 mensuelles. Cette option est irrévocable pendant 2 ans. Elle prend effet au 1er janvier de l'année suivant la demande.
Cette option se justifie dans 3 cas précis :
Une entreprise qui déclare sa TVA au trimestre peut basculer vers le rythme mensuel à tout moment, notamment si sa TVA annuelle dépasse le seuil de 4 000 € ou si elle souhaite accélérer le remboursement de crédits de TVA.
Le choix entre régime mensuel et simplifié dépend de la structure financière de votre entreprise.
Échanger avec un avocat fiscaliste
Le passage d'un régime à un autre obéit à des formalités précises, variables selon le point de départ.
Le passage est automatique dès que la TVA annuelle exigible atteint ou dépasse 4 000 €. L'entreprise est alors tenue de déposer ses CA3 mensuellement à compter du mois suivant le dépassement. Aucune formalité particulière n'est requise : le SIE notifie le changement.
Avant de choisir un régime, il est utile de simuler l'impact financier de chaque option sur 12 mois. Voici une méthode en 4 étapes.
Appliquer les taux de 55 % et 40 % à la TVA nette N-1. Comparer le total (95 % de N-1) à la TVA prévisionnelle de l'année en cours.
Estimer mois par mois la TVA collectée moins la TVA déductible. Additionner les 12 versements. Comparer le profil de décaissement avec celui des 2 acomptes semestriels.
| Indicateur | RSI (2 acomptes) | Réel normal mensuel |
|---|---|---|
| Nombre de versements | 2 | 12 |
| Décaissement total annuel | Identique (TVA due) | Identique (TVA due) |
| Pic de décaissement | Juillet (55 %) | Lissé sur 12 mois |
| Délai de remboursement crédit TVA | Annuel (CA12) | Mensuel |
| Charge administrative | 1 déclaration/an | 12 déclarations/an |
Le choix dépend du profil de l'entreprise. Une activité stable avec peu de TVA déductible tire avantage du RSI. Une entreprise en croissance ou en phase d'investissement gagne à opter pour le mensuel.
Simuler l'impact fiscal de chaque option avec un avocat permet d'éviter des erreurs coûteuses.
Trouver un avocat en fiscalité des entreprises
Le choix du régime de TVA n'est pas anodin pour la trésorerie d'une entreprise. Voici les points à retenir.
Le régime réel simplifié convient aux entreprises dont l'activité est stable d'une année sur l'autre, qui ne génèrent pas de crédit de TVA récurrent et qui souhaitent limiter les obligations déclaratives. Le risque principal réside dans le décalage entre les acomptes (basés sur N-1) et la réalité de l'année en cours.
Le régime réel normal mensuel s'impose lorsque la TVA annuelle dépasse 15 000 €, mais il peut aussi être choisi volontairement par des entreprises sous les seuils du RSI. Il offre un alignement entre TVA versée et activité réelle, ainsi qu'un accès mensuel au remboursement des crédits de TVA.
Le régime réel normal trimestriel reste une option de niche, réservée aux entreprises dont la TVA annuelle est inférieure à 4 000 €. Il combine un rythme déclaratif allégé avec la précision du régime normal.
3 réflexes à adopter :
L'acompte de juillet correspond à 55 % de la TVA nette déclarée sur la CA12 de l'exercice précédent. Celui de décembre représente 40 %. Le solde est régularisé lors du dépôt de la CA12 annuelle, en mai de l'année suivante.
Oui. Si l'entreprise estime que la TVA due pour le semestre en cours sera inférieure au montant de l'acompte, elle peut limiter son versement à la TVA réellement due. En cas de sous-estimation, des intérêts de retard de 0,20 % par mois s'appliquent sur l'écart.
L'acompte semestriel relève du régime réel simplifié (2 versements par an, 1 déclaration CA12). La TVA trimestrielle concerne le régime réel normal avec dépôt d'une CA3 chaque trimestre, accessible uniquement si la TVA annuelle est inférieure à 4 000 €.
Il faut adresser une lettre d'option au service des impôts des entreprises. L'option prend effet au 1er janvier de l'année suivante et engage l'entreprise pour une durée minimale de 2 ans.
Le régime simplifié convient aux activités stables avec peu de TVA déductible. Le régime mensuel est préférable en cas de baisse d'activité, d'investissements lourds ou de crédits de TVA récurrents, car il permet de lisser les versements et d'obtenir des remboursements chaque mois.
Article 287 du Code général des impôts - Légifrance
Déclarer et payer la TVA - Service Public (entreprendre.service-public.gouv.fr)
SWIM LEGAL est une alternative au cabinet d’avocats traditionnel pour les besoins juridiques des entreprises. Incubé par le Barreau de Paris, SWIM a reçu le Prix de l’Innovation pour sa solution permettant à toute entreprise, quelle que soit sa taille ou sa localisation, d’accéder rapidement via la plateforme à des avocats d’affaires expérimentés. Les entreprises peuvent déposer leur besoin — qu’il s’agisse d’un dossier, d’une consultation ou d’un renfort temporaire — de manière confidentielle et recevoir des propositions d’avocats pour répondre rapidement à leur demande.



