Acompte TVA : choisir entre option mensuelle ou trimestrielle et calculer le bon montant

Guides & Ressources pratiques
31 Jan 2026
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9
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Points clés de l'article
  1. L'acompte TVA concerne les entreprises au régime réel simplifié, qui versent 2 acomptes semestriels au lieu de 12 déclarations mensuelles.
  2. L'acompte de juillet représente 55 % de la TVA due l'année précédente, celui de décembre 40 %.
  3. L'option pour la TVA mensuelle permet de déclarer chaque mois la TVA réellement due, ce qui évite les décalages de trésorerie en cas de baisse d'activité.
  4. L'option pour la TVA trimestrielle n'existe pas en tant que telle au régime simplifié ; elle concerne le régime réel normal avec déclarations CA3 trimestrielles, sous condition de TVA annuelle inférieure à 4 000 €.
  5. Le choix entre ces régimes dépend du volume de TVA collectée, de la régularité du chiffre d'affaires et du besoin de lisser les décaissements.

Sommaire

Acompte TVA : définition et fonctionnement général

Régime réel simplifié et calcul des acomptes

Option TVA trimestrielle : avantages et conditions

Option TVA mensuelle : quand la privilégier ?

Passage TVA trimestrielle à mensuelle : démarches pratiques

Simuler le bon montant d'acompte TVA

A retenir pour optimiser sa trésorerie grâce au bon régime

FAQ

Pour aller plus loin

Acompte TVA : définition et fonctionnement général

L'acompte TVA désigne un versement forfaitaire de taxe sur la valeur ajoutée effectué par anticipation, sans dépôt de déclaration détaillée chaque mois. Ce mécanisme s'applique aux entreprises soumises au régime réel simplifié d'imposition (RSI). Concrètement, au lieu de remplir 12 déclarations CA3 par an, l'entreprise verse 2 acomptes semestriels puis régularise l'ensemble sur une déclaration annuelle CA12.

Le premier acompte est exigible en juillet. Le second est dû en décembre. Chaque versement est calculé à partir de la TVA nette déclarée au titre de l'exercice précédent. La déclaration CA12, déposée au plus tard le 2e jour ouvré suivant le 1er mai, solde la différence entre la TVA réellement due sur l'année et les acomptes déjà versés.

Ce régime concerne les entreprises dont le chiffre d'affaires annuel hors taxes ne dépasse pas 840 000 € pour les activités de vente et 254 000 € pour les prestations de services (seuils 2024). La TVA annuelle exigible doit en outre rester inférieure à 15 000 € pour conserver le bénéfice du RSI. Au-delà, l'entreprise bascule automatiquement vers le régime réel normal.

Pour un dirigeant, le système d'acomptes présente un avantage administratif clair : 2 versements et 1 déclaration par an, contre 12 déclarations mensuelles au régime normal. En contrepartie, les montants versés ne reflètent pas nécessairement l'activité réelle du semestre en cours, ce qui peut créer un décalage de trésorerie.

Régime réel simplifié et calcul des acomptes

Le calcul des acomptes de TVA au régime réel simplifié repose sur la TVA nette due au titre de l'exercice précédent, telle qu'elle figure sur la dernière déclaration CA12 déposée.

Formule de calcul

Acompte Échéance Base de calcul Taux
1er acompte Juillet TVA nette due N-1 55 %
2e acompte Décembre TVA nette due N-1 40 %
Solde (CA12) Mai N+1 TVA réelle N – acomptes versés Différentiel

Le total des 2 acomptes représente donc 95 % de la TVA de l'année précédente. Le solde, positif ou négatif, est régularisé lors du dépôt de la CA12.

Exemple chiffré

Une entreprise a déclaré 10 000 € de TVA nette sur sa CA12 de l'exercice 2023. En 2024, elle verse :

  • Juillet 2024 : 10 000 × 55 % = 5 500 €
  • Décembre 2024 : 10 000 × 40 % = 4 000 €

Si la TVA réellement due en 2024 s'élève à 8 500 €, la CA12 déposée en mai 2025 fait apparaître un trop-versé de 1 000 € (9 500 € d'acomptes – 8 500 € de TVA réelle). L'entreprise obtient alors un remboursement ou un crédit imputable.

Possibilité de moduler l'acompte

Lorsque l'entreprise estime que la TVA due au titre du semestre en cours sera inférieure au montant de l'acompte, elle peut réduire son versement. Cette modulation est autorisée à condition que le montant versé corresponde au minimum à la TVA réellement due pour la période. En cas de sous-estimation, des intérêts de retard de 0,20 % par mois s'appliquent sur la différence.

Structurer le choix de votre régime de TVA nécessite parfois un regard fiscal adapté à votre activité.
Consulter un avocat en fiscalité des entreprises

Option TVA trimestrielle : avantages et conditions

L'expression « TVA trimestrielle » prête souvent à confusion. Au régime réel simplifié, il n'existe pas de déclaration trimestrielle : le rythme est semestriel (2 acomptes par an). La déclaration trimestrielle de TVA concerne en réalité le régime réel normal, sous certaines conditions.

Conditions d'éligibilité

Une entreprise au régime réel normal peut déposer ses déclarations CA3 chaque trimestre (au lieu de chaque mois) si sa TVA annuelle exigible est inférieure à 4 000 €. Ce seuil est apprécié sur la base de la dernière année civile écoulée.

Critère Déclaration mensuelle (CA3) Déclaration trimestrielle (CA3)
TVA annuelle exigible ≥ 4 000 € < 4 000 €
Fréquence de déclaration 12 par an 4 par an
Régime applicable Réel normal Réel normal
Formalisme CA3 mensuelle CA3 trimestrielle

Avantages pour la trésorerie

Le rythme trimestriel réduit la charge administrative à 4 déclarations par an. Il permet aussi de conserver la trésorerie correspondant à la TVA collectée pendant 3 mois avant de la reverser. Pour une entreprise dont l'activité génère peu de TVA nette, ce décalage de paiement constitue un levier de trésorerie non négligeable.

En revanche, si l'entreprise dispose régulièrement d'un crédit de TVA (TVA déductible supérieure à la TVA collectée), le rythme trimestriel retarde d'autant le remboursement. Dans ce cas, la déclaration mensuelle permet de récupérer le crédit plus rapidement.

Option TVA mensuelle : quand la privilégier ?

L'option pour la TVA mensuelle s'adresse à 2 situations distinctes selon le régime de départ de l'entreprise.

Depuis le régime réel simplifié

Une entreprise au RSI peut renoncer au système d'acomptes et opter pour le dépôt de déclarations CA3 mensuelles. Cette option est irrévocable pendant 2 ans. Elle prend effet au 1er janvier de l'année suivant la demande.

Cette option se justifie dans 3 cas précis :

  • Baisse d'activité prévisible : les acomptes, calculés sur N-1, seraient disproportionnés par rapport à la TVA réellement due. La déclaration mensuelle aligne le versement sur l'activité réelle.
  • Investissements lourds : l'entreprise génère un crédit de TVA récurrent lié à des achats d'immobilisations. La CA3 mensuelle permet de demander un remboursement chaque mois au lieu d'attendre la CA12 annuelle.
  • Besoin de visibilité : certains dirigeants préfèrent suivre leur position TVA mois par mois pour piloter la trésorerie avec précision.

Depuis le régime réel normal trimestriel

Une entreprise qui déclare sa TVA au trimestre peut basculer vers le rythme mensuel à tout moment, notamment si sa TVA annuelle dépasse le seuil de 4 000 € ou si elle souhaite accélérer le remboursement de crédits de TVA.

Le choix entre régime mensuel et simplifié dépend de la structure financière de votre entreprise.
Échanger avec un avocat fiscaliste

Passage TVA trimestrielle à mensuelle : démarches pratiques

Le passage d'un régime à un autre obéit à des formalités précises, variables selon le point de départ.

Du régime réel simplifié vers le réel normal mensuel

  1. Adresser une lettre d'option au service des impôts des entreprises (SIE) dont dépend l'entreprise.
  2. L'option prend effet au 1er janvier de l'année suivante.
  3. L'entreprise dépose ensuite une CA3 chaque mois, au plus tard entre le 15 et le 24 du mois suivant la période déclarée (la date exacte dépend du lieu du siège social).
  4. L'option est irrévocable pendant 2 ans. Au terme de cette période, l'entreprise peut revenir au RSI si elle remplit toujours les conditions de seuil.

Du régime réel normal trimestriel vers le mensuel

Le passage est automatique dès que la TVA annuelle exigible atteint ou dépasse 4 000 €. L'entreprise est alors tenue de déposer ses CA3 mensuellement à compter du mois suivant le dépassement. Aucune formalité particulière n'est requise : le SIE notifie le changement.

Points de vigilance

  • Lors du basculement, la période de transition peut générer un chevauchement entre le dernier acompte versé et la première CA3 mensuelle. Il convient de vérifier que les acomptes déjà versés sont bien imputés sur la CA12 de clôture.
  • Le retour au régime simplifié après l'option pour le mensuel n'est possible qu'à l'issue de la période d'engagement de 2 ans, et uniquement si les seuils de chiffre d'affaires et de TVA annuelle sont respectés.

Simuler le bon montant d'acompte TVA

Avant de choisir un régime, il est utile de simuler l'impact financier de chaque option sur 12 mois. Voici une méthode en 4 étapes.

Étape 1 : collecter les données de référence

  • TVA nette due sur la dernière CA12 (régime simplifié) ou sur les 12 dernières CA3 (régime normal).
  • Prévision de chiffre d'affaires HT pour l'année en cours.
  • Montant estimé de la TVA déductible (achats, investissements).

Étape 2 : calculer les acomptes théoriques (RSI)

Appliquer les taux de 55 % et 40 % à la TVA nette N-1. Comparer le total (95 % de N-1) à la TVA prévisionnelle de l'année en cours.

Étape 3 : simuler les décaissements mensuels (régime normal)

Estimer mois par mois la TVA collectée moins la TVA déductible. Additionner les 12 versements. Comparer le profil de décaissement avec celui des 2 acomptes semestriels.

Étape 4 : comparer les 2 scénarios

Indicateur RSI (2 acomptes) Réel normal mensuel
Nombre de versements 2 12
Décaissement total annuel Identique (TVA due) Identique (TVA due)
Pic de décaissement Juillet (55 %) Lissé sur 12 mois
Délai de remboursement crédit TVA Annuel (CA12) Mensuel
Charge administrative 1 déclaration/an 12 déclarations/an

Le choix dépend du profil de l'entreprise. Une activité stable avec peu de TVA déductible tire avantage du RSI. Une entreprise en croissance ou en phase d'investissement gagne à opter pour le mensuel.

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A retenir pour optimiser sa trésorerie grâce au bon régime

Le choix du régime de TVA n'est pas anodin pour la trésorerie d'une entreprise. Voici les points à retenir.

Le régime réel simplifié convient aux entreprises dont l'activité est stable d'une année sur l'autre, qui ne génèrent pas de crédit de TVA récurrent et qui souhaitent limiter les obligations déclaratives. Le risque principal réside dans le décalage entre les acomptes (basés sur N-1) et la réalité de l'année en cours.

Le régime réel normal mensuel s'impose lorsque la TVA annuelle dépasse 15 000 €, mais il peut aussi être choisi volontairement par des entreprises sous les seuils du RSI. Il offre un alignement entre TVA versée et activité réelle, ainsi qu'un accès mensuel au remboursement des crédits de TVA.

Le régime réel normal trimestriel reste une option de niche, réservée aux entreprises dont la TVA annuelle est inférieure à 4 000 €. Il combine un rythme déclaratif allégé avec la précision du régime normal.

3 réflexes à adopter :

  1. Réévaluer chaque année le régime de TVA en fonction de l'évolution du chiffre d'affaires et des investissements prévus.
  2. Moduler les acomptes dès qu'un écart significatif apparaît entre la TVA prévisionnelle et la base de calcul N-1, pour éviter de sur-financer le Trésor public.
  3. Anticiper les périodes d'investissement : si un programme d'achat d'immobilisations est prévu, l'option pour le mensuel permet de récupérer la TVA déductible sans attendre la CA12.

FAQ

Comment est calculé l'acompte de TVA au régime réel simplifié ?

L'acompte de juillet correspond à 55 % de la TVA nette déclarée sur la CA12 de l'exercice précédent. Celui de décembre représente 40 %. Le solde est régularisé lors du dépôt de la CA12 annuelle, en mai de l'année suivante.

Peut-on réduire le montant d'un acompte de TVA ?

Oui. Si l'entreprise estime que la TVA due pour le semestre en cours sera inférieure au montant de l'acompte, elle peut limiter son versement à la TVA réellement due. En cas de sous-estimation, des intérêts de retard de 0,20 % par mois s'appliquent sur l'écart.

Quelle différence entre TVA trimestrielle et acompte semestriel ?

L'acompte semestriel relève du régime réel simplifié (2 versements par an, 1 déclaration CA12). La TVA trimestrielle concerne le régime réel normal avec dépôt d'une CA3 chaque trimestre, accessible uniquement si la TVA annuelle est inférieure à 4 000 €.

Comment passer du régime simplifié au régime mensuel ?

Il faut adresser une lettre d'option au service des impôts des entreprises. L'option prend effet au 1er janvier de l'année suivante et engage l'entreprise pour une durée minimale de 2 ans.

Quel régime de TVA choisir pour optimiser sa trésorerie ?

Le régime simplifié convient aux activités stables avec peu de TVA déductible. Le régime mensuel est préférable en cas de baisse d'activité, d'investissements lourds ou de crédits de TVA récurrents, car il permet de lisser les versements et d'obtenir des remboursements chaque mois.

Pour aller plus loin

Article 287 du Code général des impôts - Légifrance

Déclarer et payer la TVA - Service Public (entreprendre.service-public.gouv.fr)

Je suis soumis au régime simplifié d'imposition à la TVA. À quelle date dois-je déposer mon premier acompte ? - impots.gouv.fr

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Maître Jullian Hoareau
Avocat au Barreau de Paris
Fondateur de SWIM - Plateforme de mise en relation d’avocats d’affaires