
Jullian Hoareau

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Pourquoi passer de la micro-entreprise à une société ?
EURL, SASU ou SARL : choisir la forme de société
Apporter son entreprise au capital d'une société nouvelle
Céder son fonds à la société ou transférer son patrimoine
Fiscalité de l'opération : plus-values et droits d'enregistrement
Contrats, salariés et clients : ce qui se transfère
Formalités : création de la société et fin de l'entreprise individuelle
Le passage en société répond le plus souvent à un plafond atteint ou à un besoin de structuration. Le régime micro s'applique jusqu'à 83 600 € de chiffre d'affaires pour les services et 203 100 € pour la vente de marchandises (montants applicables de 2026 à 2028). Au-delà, l'entrepreneur bascule de toute façon dans un régime réel, ce qui réduit l'intérêt de rester en nom propre.
D'autres motifs jouent avant ce seuil. Les cotisations du micro-entrepreneur sont calculées sur le chiffre d'affaires, sans déduction des charges : 21,2 % pour les services commerciaux et artisanaux et 25,6 % pour les professions libérales non réglementées (taux applicables en 2026). Lorsque les frais réels deviennent élevés, ce calcul forfaitaire pèse sur la rentabilité. De plus, une société permet d'accueillir des associés, de lever des fonds ou de séparer plus nettement le patrimoine personnel.
Le choix du moment et de la méthode de passage en société conditionne le coût fiscal de l'opération.
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La forme sociale détermine le statut social du dirigeant et la souplesse de fonctionnement. L'EURL et la SASU sont des sociétés à associé unique ; la SARL et la SAS accueillent plusieurs associés.
| Critère | EURL / SARL | SASU / SAS |
|---|---|---|
| Statut du dirigeant | Gérant majoritaire travailleur non salarié | Président assimilé salarié |
| Rédaction des statuts | Cadre légal encadré | Grande liberté statutaire |
| Entrée d'investisseurs | Moins adaptée | Plus adaptée |
| Protection sociale | Coût plus faible, couverture plus réduite | Coût plus élevé, couverture proche du salarié |
Le gérant majoritaire relève du régime des indépendants, ce qui limite le coût des cotisations. Le président de SASU cotise au régime général, avec une protection plus complète mais plus coûteuse. En revanche, la SASU offre une liberté de rédaction des statuts utile si une levée de fonds est envisagée.
L'apport consiste à transférer l'entreprise individuelle à la société en échange de parts ou d'actions. Selon Bpifrance Création, c'est l'une des 2 voies classiques, l'entreprise individuelle ne pouvant pas être transformée directement en société.
Concrètement, l'entrepreneur apporte son fonds de commerce, sa clientèle ou son matériel. Il s'agit d'un apport en nature, c'est-à-dire d'un bien autre que de l'argent. Ces biens doivent être évalués, car leur valeur fixe le montant du capital et le nombre de titres reçus.
Cette évaluation peut nécessiter un commissaire aux apports, professionnel indépendant chargé de vérifier la valeur des biens apportés. Son intervention peut être obligatoire selon la valeur des apports et la part du capital qu'ils représentent.
L'apport présente un avantage fiscal : sous conditions, la plus-value constatée n'est pas imposée immédiatement (voir la section fiscalité). Toutefois, l'entrepreneur ne perçoit aucune somme : il reçoit des titres.
L'évaluation des apports en nature engage la responsabilité de l'associé et mérite une analyse juridique préalable.
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La cession du fonds est la seconde voie classique : l'entrepreneur vend son fonds à la société créée simultanément. Il perçoit un prix, ou détient une créance sur la société si celle-ci paie en plusieurs fois. Cette option convient lorsque l'entrepreneur souhaite récupérer une somme, mais elle suppose que la société dispose d'un financement.
Une troisième voie existe depuis la loi n° 2022-172 du 14 février 2022 en faveur de l'activité professionnelle indépendante, qui a instauré le statut unique de l'entrepreneur individuel. Elle permet le transfert universel du patrimoine professionnel (articles L. 526-27 et suivants du code de commerce). L'ensemble des biens, droits et obligations professionnels est alors transmis en bloc à la société, sans les céder un par un.
| Voie | Contrepartie | Point d'attention |
|---|---|---|
| Apport | Titres de la société | Évaluation, commissaire aux apports |
| Cession du fonds | Prix ou créance | Financement de la société, imposition de la plus-value |
| Transfert universel | Selon l'opération retenue | Transmission en bloc des dettes professionnelles |
La fiscalité dépend de la voie choisie. Lorsque les biens transférés ont pris de la valeur, l'opération fait apparaître une plus-value, c'est-à-dire la différence entre leur valeur actuelle et leur valeur d'origine.
En cas d'apport, l'article 151 octies du CGI prévoit un report d'imposition de cette plus-value. Les conditions sont précises : l'apporteur est une personne physique, il apporte une entreprise individuelle ou une branche complète d'activité, et la société bénéficiaire relève d'un régime réel. La plus-value sera imposée plus tard, notamment lors de la vente des titres.
Les droits d'enregistrement, taxe perçue sur la mutation des biens, peuvent aussi être évités. L'article 810, III du CGI prévoit leur enregistrement gratuit lorsque l'apporteur s'engage à conserver pendant 3 ans les titres reçus en contrepartie de l'apport.
En revanche, la cession du fonds rend en principe la plus-value imposable l'année de la vente et donne lieu à des droits d'enregistrement.
Le report de plus-value repose sur des conditions strictes dont le non-respect entraîne une imposition immédiate.
Faire vérifier votre opération par un avocat fiscaliste
Les contrats ne suivent pas automatiquement la société. Bpifrance Création recommande d'examiner chaque contrat (clients, fournisseurs, bail, assurances) pour savoir s'il est transférable.
Ainsi, un client qui refuse le transfert peut mettre fin à la relation. Pour cette raison, informer les partenaires avant l'opération limite le risque de perte de contrats.
L'opération suit 2 temps : créer la société, puis clore l'entreprise individuelle.
Le changement de Siren a des effets pratiques : chaque client doit enregistrer le nouveau fournisseur. Par conséquent, coordonner les dates de création et de cessation évite une période d'activité sans structure.
La coordination des formalités et des transferts de contrats conditionne la continuité de l'activité.
Être accompagné par un avocat pour votre passage en société
Non, une entreprise individuelle ne se transforme pas directement en société. Il faut créer une société nouvelle, lui transférer l'activité par apport, cession ou transfert de patrimoine, puis mettre fin à l'entreprise individuelle.
Non, son intervention dépend de la valeur des apports en nature et de la part du capital qu'ils représentent. Il évalue les biens apportés de manière indépendante.
Pas nécessairement : l'article 151 octies du CGI permet un report d'imposition de la plus-value. L'apporteur doit être une personne physique et la société relever d'un régime réel.
Non, les contrats conclus en considération de la personne exigent l'accord du client. Chaque contrat doit être examiné avant l'opération.
Non, la société reçoit un nouveau numéro Siren. Les factures, comptes bancaires et contrats doivent être mis à jour.
Transformation d'une entreprise individuelle en société - Bpifrance Création
Comment changer de régime de micro-entrepreneur (auto-entrepreneur) ? - Bpifrance Création
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Avocat au Barreau de Paris (Toque L086), fondateur de SWIM LEGAL
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