
Jullian Hoareau

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1. Une SASU peut-elle avoir un directeur général ?
2. Qui peut être nommé directeur général de SASU ?
3. Nommer le directeur général : statuts, décision et formalités
4. Pouvoirs du directeur général et opposabilité aux tiers
5. Rémunération et statut social du directeur général
6. Révocation du directeur général : ce que prévoient les statuts
7. Les clauses statutaires à rédiger avant la nomination
Oui : une SASU peut avoir un directeur général, à condition que ses statuts prévoient expressément cette fonction. En SASU, la nomination d'un directeur général permet à l'associé unique, souvent fondateur et président, de partager la direction avec un associé entrant, un dirigeant recruté ou un futur repreneur.
La règle figure à l'article L. 227-6 du code de commerce. Ce texte impose que la société soit représentée à l'égard des tiers par un président, seul organe de direction obligatoire. Il permet ensuite aux statuts de prévoir qu'une ou plusieurs autres personnes, portant le titre de directeur général ou de directeur général délégué, exercent les mêmes pouvoirs que le président.
Le directeur général n'existe donc pas par défaut. En l'absence de clause statutaire, le président peut seulement consentir une délégation de pouvoirs, c'est-à-dire confier à une personne une partie de son autorité sur un domaine précis, comme la signature des contrats commerciaux. Cette personne ne porte toutefois pas le titre de directeur général et ne représente pas la société de manière générale.
Le directeur général de SASU peut être une personne physique ou une personne morale, associée ou non. La loi laisse aux statuts le soin de fixer les conditions d'accès à la fonction, ce qui distingue la SAS de la SA, dont la direction est encadrée par des règles légales détaillées.
| Profil du candidat | Nomination possible | Point de vigilance |
|---|---|---|
| Tiers non associé | Oui | Aucune détention de capital exigée |
| Associé unique personne morale (holding) | Oui | La holding agit par son représentant légal |
| Salarié de la société | Oui | Le cumul avec le contrat de travail est soumis à conditions (section 5) |
| Personne frappée d'une interdiction de gérer | Non | La décision d'un tribunal lui interdit de diriger une société |
Les statuts peuvent ajouter leurs propres conditions : âge maximal, durée de mandat, expérience requise ou obligation de résider en France. Ces critères internes s'imposent à l'associé unique au moment de la décision.
Le choix du profil et des conditions d'accès à la fonction se prépare au moment de la rédaction des statuts.
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La nomination du directeur général en SASU suit 3 étapes successives, dont l'ordre conditionne la validité de l'opération.
Cette dernière étape n'est pas une simple formalité administrative. En effet, l'inscription au registre du commerce et des sociétés rend la nomination opposable aux tiers : tant qu'elle n'est pas publiée, la société ne peut pas s'en prévaloir face à un cocontractant ou une banque.
Le directeur général investi par les statuts dispose, à l'égard des tiers, des mêmes pouvoirs que le président : il peut signer seul un contrat, ouvrir un compte bancaire ou engager une dépense au nom de la société.
L'article L. 227-6 du code de commerce précise deux règles protectrices des tiers. D'une part, la société est engagée même par les actes qui ne relèvent pas de son objet social, sauf si elle prouve que le tiers savait que l'acte le dépassait. D'autre part, les clauses statutaires limitant les pouvoirs ne sont pas opposables aux tiers.
| Situation | Effet à l'égard des tiers | Effet interne |
|---|---|---|
| Acte conforme aux pouvoirs | Société engagée | Aucun |
| Dépassement d'un plafond statutaire (par exemple une autorisation préalable au-delà de 50 000 €) | Société engagée | Faute pouvant justifier une révocation et engager la responsabilité du directeur général |
| Acte hors objet social | Société engagée, sauf si le tiers savait | Responsabilité du directeur général |
| Nomination non publiée | La société ne peut pas opposer la nomination au tiers | Régularisation à effectuer |
Les limitations internes restent donc utiles, car elles encadrent la relation entre l'associé unique et le directeur général. Elles ne protègent cependant pas la société contre un engagement déjà pris.
La répartition des pouvoirs entre président et directeur général se sécurise par des clauses précises.
Faire relire les statuts par un avocat en création de sociétés
La rémunération du directeur général est fixée selon les modalités prévues par les statuts, en général par décision de l'associé unique. Le mandat peut aussi être exercé gratuitement.
Lorsqu'il est rémunéré, le directeur général de SASU est un assimilé salarié : il relève du régime général de la sécurité sociale et cotise comme un salarié, sans bénéficier de l'assurance chômage, comme le rappelle Service-Public Entreprendre. Pour valider 1 trimestre de retraite, il doit percevoir 1 803 € bruts (montant applicable en 2026), et 7 212 € pour 4 trimestres.
Le directeur général peut également cumuler son mandat avec un contrat de travail. Selon Bpifrance Création, ce cumul suppose 3 conditions :
Un contrat de travail qui ne remplit pas ces conditions peut être requalifié et privé d'effet, notamment pour l'assurance chômage.
En SASU, les conditions de révocation du directeur général sont fixées librement par les statuts : organe compétent, motifs, préavis et éventuelle indemnité.
Deux régimes coexistent en pratique :
Même en cas de révocation ad nutum, des circonstances brutales ou vexatoires ouvrent droit à réparation. Par ailleurs, la fin du mandat ne rompt pas le contrat de travail éventuellement cumulé : son terme suit la procédure de licenciement. Enfin, la révocation est déclarée sur le guichet unique afin que le Kbis ne mentionne plus l'ancien directeur général.
Les conditions de départ du directeur général se négocient plus facilement avant sa prise de fonction.
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La sécurité de la nomination dépend de clauses rédigées avant que le directeur général n'accepte son mandat. Cinq points doivent figurer dans les statuts :
Ces clauses donnent au directeur général une vision claire de ses pouvoirs et des conditions de son départ, ce qui limite les motifs de contestation. Pour une SASU qui fait évoluer sa gouvernance, SWIM LEGAL, plateforme d'avocats d'affaires indépendants, permet de faire rédiger ou relire ces clauses par un avocat en droit des sociétés.
Non, le directeur général peut être un tiers sans aucune participation au capital. Les statuts peuvent toutefois imposer des conditions propres, comme une expérience ou une durée de mandat.
Oui, lorsque les statuts lui confèrent le pouvoir de représenter la société. Sa nomination doit avoir été publiée au registre du commerce et des sociétés pour être opposable aux tiers.
Les statuts fixent ce nombre librement. Le code de commerce autorise la nomination d'une ou plusieurs personnes portant le titre de directeur général ou de directeur général délégué.
Non, le mandat social n'ouvre pas droit à l'assurance chômage. Seul un contrat de travail cumulé, qui remplit les conditions de fonctions distinctes, de subordination et de rémunération séparée, peut ouvrir ce droit.
Oui, si les statuts prévoient une révocation ad nutum. Si les statuts exigent un juste motif, une révocation sans raison légitime expose la société à verser des dommages-intérêts.
Article L227-6 du Code de commerce - Légifrance
Société par actions simplifiée (SAS) : ce qu'il faut savoir - Service-Public Entreprendre
Cumul d'un mandat social et d'un contrat de travail - Bpifrance Création
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