
Jullian Hoareau

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Ce que prévoit la loi au décès de l'associé unique
Sort des actions : héritiers, indivision et agrément
Président décédé : gérer la vacance de direction
Mandataire ad hoc et décisions urgentes de gestion
Options des héritiers : poursuivre, céder ou dissoudre
Clauses statutaires et précautions à prévoir de son vivant
Lorsque l'associé unique et président d'une SASU décède, la question immédiate porte moins sur la survie de la société que sur sa direction. Le décès de l'associé unique de SASU n'entraîne pas la dissolution : la société est une personne morale, c'est-à-dire une entité juridique distincte de son fondateur, qui conserve son patrimoine, ses contrats et ses salariés.
La SASU relève des articles L. 227-1 et suivants du code de commerce. Ses actions sont des biens du défunt : elles entrent dans sa succession et sont transmises à ses héritiers.
| Élément | Situation après le décès |
|---|---|
| Existence de la société | Maintenue |
| Contrats, comptes bancaires, salariés | Maintenus au nom de la société |
| Actions du défunt | Transmises aux héritiers par la succession |
| Mandat de président | Terminé |
| Pouvoir de signer au nom de la société | Absent jusqu'à la désignation d'un nouveau représentant |
Toutefois, les contrats conclus intuitu personae, c'est-à-dire en considération de la personne du dirigeant, ou contenant une clause de changement de contrôle doivent être relus rapidement, car le cocontractant peut disposer d'un droit de résiliation.
Le décès de l'associé unique révèle la qualité des statuts et de l'organisation juridique retenue à la création de la société.
Échanger avec un avocat en création de sociétés
Un héritier unique devient seul propriétaire des actions et nouvel associé unique de la SASU. En présence de plusieurs héritiers, les actions tombent en indivision : chaque héritier détient une quote-part de l'ensemble, sans propriété exclusive sur une action déterminée.
Les copropriétaires sont représentés auprès de la société par un mandataire unique, choisi parmi eux ou en dehors d'eux. En cas de désaccord, ce mandataire est désigné par le juge à la demande du copropriétaire le plus diligent.
La clause d'agrément soumet l'entrée d'un nouvel associé à l'accord de la société. En SASU, elle a peu de portée au moment du décès, car aucun autre associé ne peut statuer. Elle retrouve son utilité après le partage : si plusieurs héritiers deviennent associés, la SASU devient une SAS pluripersonnelle et la clause encadre les cessions ultérieures.
Le président est le représentant légal de la SAS : le code de commerce l'investit des pouvoirs les plus étendus pour agir au nom de la société envers les tiers. Son décès met fin à son mandat, et aucun texte ne désigne de remplaçant automatique.
Plus personne ne peut alors signer un contrat, valider un paiement ou représenter la société en justice, sauf si les statuts l'ont prévu.
| Contenu des statuts | Effet au décès du président |
|---|---|
| Un directeur général est nommé | Il représente la société dans la limite de ses pouvoirs, sauf si son mandat est lié à celui du président |
| Une procédure de remplacement est prévue | Elle s'applique dès le décès |
| Les statuts sont muets | La société n'a plus de représentant jusqu'à la nomination d'un nouveau président |
La nomination du nouveau président relève de l'héritier ou du mandataire unique des indivisaires. Or les héritiers ne décident pas toujours vite : option successorale en cours, désaccord familial ou héritier mineur. Le changement de président fait ensuite l'objet d'une déclaration modificative au registre du commerce et des sociétés.
La continuité de la direction repose sur des règles de représentation fixées dans les statuts avant tout événement imprévu.
Structurer les statuts de sa société avec un avocat
Quand la nomination d'un président tarde, 2 outils judiciaires évitent l'arrêt de l'activité. Le code civil permet au juge de désigner un mandataire successoral chargé d'administrer provisoirement la succession, notamment en cas d'inertie, de mésentente ou d'opposition d'intérêts entre héritiers. Selon sa mission, il peut exercer les droits attachés aux actions.
En droit des sociétés, le président du tribunal de commerce peut désigner un mandataire ad hoc, chargé d'une mission ponctuelle, ou un administrateur provisoire, qui gère temporairement la société lorsque son fonctionnement normal est devenu impossible. La demande émane d'un héritier ou de toute personne justifiant d'un intérêt.
| Intervenant | Désigné par | Rôle |
|---|---|---|
| Mandataire unique | Les héritiers ou le juge | Exercer les droits de vote des actions indivises |
| Mandataire successoral | Le juge | Administrer provisoirement la succession |
| Mandataire ad hoc | Le président du tribunal de commerce | Accomplir une mission précise |
| Administrateur provisoire | Le président du tribunal de commerce | Gérer la société de façon temporaire |
Pendant cette période, 4 sujets appellent une décision rapide :
1. Le paiement des salaires et les déclarations sociales.
2. Les échéances fiscales, dont la TVA.
3. L'exécution des contrats et des commandes en cours.
4. L'information des banques, assureurs, clients et fournisseurs.
Chaque héritier exerce d'abord son option successorale : accepter purement et simplement, accepter à concurrence de l'actif net, ou renoncer. L'acceptation à concurrence de l'actif net limite le paiement des dettes du défunt à la valeur des biens reçus. Les dettes de la SASU, elles, restent à la charge de la société.
En revanche, si le défunt s'était porté caution d'un prêt de la société, cet engagement est transmis aux héritiers pour les dettes nées avant le décès. L'inventaire des garanties signées par le dirigeant conditionne donc l'option.
Une fois l'option exercée, 3 voies s'ouvrent :
- Poursuivre : nommer un président, héritier ou tiers, en conservant la SASU ou en passant à une SAS à plusieurs associés.
- Céder : vendre les actions à un repreneur, un salarié ou un investisseur ; une société dont l'activité a été maintenue se cède plus facilement.
- Dissoudre : décider la dissolution anticipée, puis la liquidation amiable, qui consiste à vendre les actifs, payer les dettes et partager le solde.
Le choix entre poursuite, cession et dissolution engage la forme sociale, la gouvernance et la fiscalité de l'opération.
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La durée de la vacance dépend surtout de décisions prises avant le décès. Les statuts d'une SAS laissent une large liberté d'organisation pour anticiper la disparition de l'associé unique.
Le code civil permet aussi le mandat à effet posthume : l'associé désigne de son vivant, par acte notarié, une personne chargée d'administrer tout ou partie de sa succession, dont les actions de sa société, pour un intérêt sérieux et légitime. Enfin, un dossier regroupant statuts à jour, contrats, garanties signées et coordonnées de l'expert-comptable réduit le temps de reprise par les héritiers.
Non. La société conserve sa personnalité juridique, ses contrats et ses salariés. Les actions du défunt entrent dans sa succession et sont transmises à ses héritiers.
Le mandat du président prend fin au décès. Si les statuts prévoient un directeur général, celui-ci représente la société selon ses pouvoirs. À défaut, les héritiers doivent nommer un nouveau président.
Les actions sont indivises et les héritiers doivent désigner un mandataire unique. En cas de désaccord, le juge le désigne. Il peut aussi nommer un mandataire successoral pour administrer la succession.
Non, les dettes de la société restent à sa charge. En revanche, une caution donnée par le défunt pour un prêt de la SASU est transmise aux héritiers pour les dettes nées avant le décès.
Oui. Tant que les actions restent indivises, leur vente requiert en principe l'accord de tous les indivisaires. Après le partage, une clause d'agrément peut soumettre la cession à l'accord de la société.
Article 1870 du Code civil - Légifrance
Du mandataire successoral désigné en justice (Articles 813-1 à 814-1) - Légifrance
Des sociétés par actions simplifiées (Articles L227-1 à L227-20-1) - Légifrance
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