
Jullian Hoareau

Accédez en -24h à un avocat d'affaires sélectionné parmi les meilleurs, à des honoraires maîtrisés.
SMIC et minimum conventionnel : deux planchers à respecter
Quels éléments de salaire entrent dans la comparaison ?
Primes et rémunération variable exclues du calcul
Rémunération variable : quand peut-elle compléter le minimum ?
Méthode de vérification mois par mois sur le bulletin
Risques pour l'employeur : rappels de salaire et contentieux
Sécuriser contrats de travail et plans de rémunération variable
Tout salarié doit percevoir chaque mois une rémunération au moins égale à 2 planchers distincts : le SMIC et le minimum conventionnel. Vérifier le salaire minimum en présence d'un élément de rémunération variable suppose donc de savoir quelles sommes entrent dans chacune de ces comparaisons.
Le SMIC (salaire minimum interprofessionnel de croissance) est fixé par l'État. Depuis le 1er juin 2026, il s'élève à 12,31 € brut de l'heure, soit 1 867,02 € brut par mois pour 35 heures hebdomadaires.
Le minimum conventionnel est le salaire plancher fixé par la convention collective de branche pour chaque niveau de classification, selon une définition propre qui peut inclure ou exclure certaines primes. Le salarié a droit au montant le plus élevé des 2 planchers.
| Plancher | Source | Éléments retenus |
|---|---|---|
| SMIC | Code du travail, article D3231-6 | Définition légale, identique pour toutes les entreprises |
| Minimum conventionnel | Convention collective applicable | Définition propre à chaque convention |
Pour le SMIC, l'article D3231-6 du Code du travail retient le salaire correspondant à une heure de travail effectif, c'est-à-dire le temps où le salarié est à la disposition de l'employeur et se conforme à ses directives. Ce salaire intègre les avantages en nature et les majorations ayant le caractère d'un complément de salaire.
La jurisprudence constante ne retient que les sommes qui rémunèrent directement le travail individuel du salarié :
L'intitulé choisi par l'employeur ne suffit pas : c'est la cause du versement qui détermine le traitement de la somme.
La qualification de chaque prime conditionne la conformité de la paie au SMIC et à la grille conventionnelle.
Faire analyser la structure de rémunération par un avocat
Les sommes qui ne rémunèrent pas directement le travail du salarié sont exclues de la comparaison avec le SMIC. L'article D3231-6 écarte expressément les remboursements de frais, les majorations pour heures supplémentaires et la prime de transport. La jurisprudence constante y ajoute plusieurs primes :
| Élément | Retenu pour le SMIC ? | Motif |
|---|---|---|
| Prime d'ancienneté | Non | Rémunère la fidélité, pas le travail |
| Prime d'assiduité | Non | Récompense la présence, pas la production |
| Prime collective liée à la production globale | Non | Non individualisée |
| Prime annuelle (13e mois, prime de fin d'année) | Non, sauf le mois de versement | Versée une fois par an |
| Prime de rendement individuel | Oui | Liée au travail du salarié |
Par conséquent, une rémunération variable collective, calculée sur les résultats de l'équipe ou de l'entreprise sans individualisation, ne comble pas l'écart avec le SMIC.
Une rémunération variable peut compléter le salaire de base pour atteindre le SMIC lorsqu'elle rémunère le travail individuel du salarié et qu'elle est versée au titre du mois contrôlé, comme les commissions sur ventes personnelles.
Toutefois, la comparaison se fait mois par mois : un variable élevé un mois ne compense pas un mois où il est faible ou nul. Prenons un commercial à temps plein dont le fixe est de 1 700 € brut, après le 1er juin 2026 :
Pour le minimum conventionnel, certaines conventions intègrent le variable dans l'assiette de comparaison, d'autres la limitent au salaire de base. La clause définissant le salaire minimum de branche est donc à lire en premier.
Un plan de variable mal articulé avec le fixe crée un risque de non-conformité les mois de faible performance.
Consulter un avocat en rémunération variable
La vérification se fait sur chaque bulletin de paie, en 5 étapes :
Ce contrôle doit être repris à chaque revalorisation. En 2026, le SMIC a changé le 1er janvier puis le 1er juin : un fixe de 1 850 € conforme en mai 2026 devient insuffisant en juin 2026 sans variable individuel.
Une erreur dans la composition de l'assiette expose l'employeur à des rappels de salaire, c'est-à-dire au paiement des sommes dues et non versées. Selon l'article L3245-1 du Code du travail, l'action en paiement du salaire se prescrit par 3 ans : le salarié peut réclamer les écarts sur cette période.
Dans l'exemple précédent, un complément de 167,02 € non versé sur 12 mois sans commission en 3 ans représente un rappel de 2 004,24 € brut pour un seul salarié, multiplié par le nombre de salariés soumis à la même structure de paie.
Ces litiges relèvent du conseil de prud'hommes, la juridiction compétente pour les différends entre employeurs et salariés.
Un audit des primes versées permet de mesurer l'exposition aux rappels avant tout contentieux.
Être accompagné par un avocat en rémunération variable
La sécurisation passe d'abord par un salaire de base fixé au moins au niveau du SMIC et du minimum conventionnel, sans dépendre du variable.
D'autre part, le plan de rémunération variable (document qui fixe les objectifs, les modalités de calcul et les dates de versement) doit préciser si chaque prime est individuelle ou collective.
Enfin, le contrat de travail ne peut pas déroger au SMIC : une clause prévoyant que le variable inclut le minimum légal n'empêche pas le contrôle mois par mois. Une relecture conjointe du contrat, du plan de variable et de la convention collective, par exemple par un avocat d'affaires indépendant via SWIM LEGAL, vérifie la cohérence des 3 documents.
Non. La prime d'ancienneté rémunère la fidélité du salarié et non son travail : la jurisprudence l'exclut de la comparaison. Le salaire retenu doit atteindre le SMIC sans elle.
Uniquement le mois où il est versé. La comparaison s'effectuant mois par mois, une prime annuelle n'est pas répartie sur 12 mois. Les autres mois, le salaire retenu doit atteindre seul le SMIC.
Oui, lorsqu'elles rémunèrent ses ventes personnelles. Elles comptent pour le mois de leur versement. Un mois sans commission, l'employeur verse un complément si le fixe est inférieur au SMIC.
Pas nécessairement. Le minimum conventionnel s'apprécie selon la définition prévue par la convention collective, qui peut retenir ou écarter certaines primes. Il faut lire la clause de la convention applicable.
Sur 3 ans. L'article L3245-1 du Code du travail fixe à 3 ans la prescription de l'action en paiement du salaire. Les écarts mensuels non régularisés sur cette période peuvent être réclamés.
Le SMIC (salaire minimum de croissance) - Code du travail numérique
Article D3231-6 du Code du travail - Légifrance
Smic (salaire minimum interprofessionnel de croissance) - Service-Public.fr
SWIM LEGAL est une alternative au cabinet d'avocats traditionnel pour les besoins juridiques des entreprises. Incubé par le Barreau de Paris, SWIM a reçu le Prix de l'Innovation pour sa solution permettant à toute entreprise, quelle que soit sa taille ou sa localisation, d'accéder rapidement via la plateforme à des avocats d'affaires expérimentés. Les entreprises peuvent déposer leur besoin, qu'il s'agisse d'un dossier, d'une consultation ou d'un renfort temporaire, de manière confidentielle et recevoir des propositions d'avocats pour répondre rapidement à leur demande.
Avocat au Barreau de Paris (Toque L086), fondateur de SWIM LEGAL
Besoin d'un regard d'avocat sur votre situation ? Nos équipes vous accompagnent sur ces sujets.
Les modèles liés à cet article, prêts à adapter à votre situation.
Pour approfondir le sujet, d'autres analyses rédigées par nos avocats.
Besoin d'un juriste freelance, d'un conseil ou d'aide sur un litige ?