
Jullian Hoareau

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1. Retards concernés : déclaration, paiement, ou les deux
2. Enjeux pour l'entreprise : coût et risque de contrôle
3. Intérêts de retard : calcul et base
4. Majorations de 10 % et 40 % : déclenchement
5. Étapes à suivre dès le retard constaté
6. Mention expresse et demande de remise gracieuse
7. Checklist pour éviter la récidive
Le retard de déclaration d'impôts recouvre deux manquements que l'administration fiscale traite séparément. D'une part, le retard déclaratif : la déclaration n'est pas déposée à la date limite. D'autre part, le retard de paiement : la somme due n'est pas versée à l'échéance. Une société peut déposer sa liasse fiscale dans les temps et régler l'impôt plus tard, ou l'inverse.
La distinction commande la sanction. Le retard déclaratif déclenche des majorations, calculées en pourcentage des droits. Le retard de paiement déclenche l'intérêt de retard, qui compense le décalage de trésorerie subi par le Trésor public.
| Situation | Ce qui manque | Sanction principale |
|---|---|---|
| Déclaration déposée hors délai | Le dépôt | Majoration de 10 % ou 40 % |
| Impôt payé hors délai | Le versement | Intérêt de retard, plus une majoration |
| Les deux | Dépôt et versement | Sanctions cumulées |
Toutes les obligations sont concernées : impôt sur les sociétés, TVA, cotisation foncière des entreprises, déclarations de résultats.
Le coût d'un retard n'est pas figé : il progresse tant que la situation n'est pas régularisée. L'intérêt de retard s'accumule mois après mois, alors que la majoration, elle, se fixe au moment où l'administration constate le manquement. Un dirigeant qui régularise avant toute relance limite donc mécaniquement l'addition.
Le second enjeu tient à la procédure. Lorsque la déclaration n'est pas déposée malgré une mise en demeure, le livre des procédures fiscales (art. L. 66 et L. 68) autorise l'administration à établir l'impôt d'office, c'est-à-dire à le calculer elle-même à partir des éléments dont elle dispose. L'entreprise perd alors un avantage procédural : c'est à elle, et non à l'administration, de démontrer que le montant retenu est excessif.
Un retard fiscal se traite plus efficacement avant la mise en demeure, lorsque les majorations les plus lourdes ne sont pas encore acquises.
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L'intérêt de retard prévu par l'article 1727 du code général des impôts s'élève à 0,20 % par mois, soit 2,40 % par an. Il ne constitue pas une sanction au sens strict, mais la réparation forfaitaire du retard de versement. Il s'applique donc même lorsque la bonne foi de l'entreprise n'est pas discutée.
Sa base est le montant de l'impôt non acquitté ou des droits rappelés, hors majorations. Le décompte s'effectue par mois, depuis l'échéance non respectée jusqu'au paiement effectif. Chaque mois écoulé ajoute 0,20 % du montant dû.
Deux conséquences pratiques pour un dirigeant :
Les majorations sanctionnent le comportement déclaratif. Leur taux dépend d'un critère simple : l'entreprise a-t-elle réagi avant ou après la mise en demeure adressée par l'administration ?
| Majoration | Déclenchement |
|---|---|
| 10 % | Aucune mise en demeure n'a été notifiée, ou la déclaration est déposée dans les 30 jours suivant sa réception |
| 40 % | Le défaut de déclaration persiste 30 jours après la mise en demeure |
| 80 % | Activité occulte, c'est-à-dire non déclarée aux autorités compétentes |
Ces majorations s'ajoutent en principe à l'intérêt de retard. Le passage de 10 % à 40 % se joue donc sur une fenêtre de 30 jours après réception du courrier : c'est le point de bascule à surveiller. En pratique, la réception de la mise en demeure doit déclencher une réponse immédiate, même si la déclaration ne peut être complétée que partiellement.
Une majoration de 40 % contestable se discute sur des éléments précis : date de réception, contenu de la mise en demeure, qualification du manquement.
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L'ordre des actions compte davantage que leur rapidité apparente. Un dirigeant qui découvre un retard peut suivre une séquence stable :
Lorsque la trésorerie ne permet pas de payer, une demande de délai de paiement adressée au comptable public reste préférable au silence : elle ne supprime pas l'intérêt de retard, mais elle documente la bonne foi de l'entreprise.
La mention expresse est une déclaration jointe au dépôt, par laquelle l'entreprise signale un point de droit incertain et explique la position qu'elle a retenue. Lorsque l'administration écarte ensuite cette position, la mention expresse peut faire obstacle à l'application de l'intérêt de retard sur le redressement correspondant. Elle suppose une explication précise, pas une réserve générale.
La demande de remise gracieuse intervient après coup. Elle s'adresse au service dont dépend l'entreprise et porte sur les pénalités, jamais sur l'impôt lui-même lorsqu'il est légalement dû. L'administration l'apprécie discrétionnairement, au regard de la situation financière, des antécédents déclaratifs et des circonstances du retard.
Une demande utile contient trois éléments :
La rédaction d'une demande de remise détermine largement son issue, car l'administration statue sur pièces.
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La prévention repose sur des dispositifs simples, tenus dans la durée :
Un retard isolé se traite. Une succession de retards fragilise toute demande gracieuse ultérieure, puisque l'administration examine précisément les antécédents. La régularité déclarative constitue donc, en elle-même, un actif de négociation.
Oui. Les majorations s'ajoutent en principe à l'intérêt de retard de 0,20 % par mois. L'intérêt sanctionne le décalage de paiement, la majoration sanctionne le manquement déclaratif. Les deux se calculent sur le montant des droits dus.
Le taux de 10 % s'applique en l'absence de mise en demeure, ou si la déclaration est déposée dans les 30 jours suivant sa réception. Au-delà de ce délai de 30 jours, le taux passe à 40 %. Déposer la déclaration, même incomplète, avant l'expiration de ce délai reste donc déterminant.
Non, en principe. La demande porte sur les pénalités : intérêts de retard et majorations. L'impôt légalement dû reste exigible, même si un échéancier de paiement peut être négocié avec le comptable public.
Il est préférable de déposer la déclaration dans les délais et de solliciter un délai de paiement auprès du service compétent. Cette démarche ne supprime pas l'intérêt de retard, mais elle évite le cumul avec un manquement déclaratif et documente la bonne foi.
L'intervention se justifie lorsque le montant des pénalités est significatif, lorsqu'une majoration de 40 % ou 80 % est appliquée, ou lorsque l'administration établit l'impôt d'office. La contestation repose alors sur des éléments de procédure et de qualification, qui se discutent sur des délais courts.
Article 1727 - Code général des impôts - Légifrance
BOI-CF-INF-10-30 : infractions et pénalités fiscales - BOFiP - impots.gouv.fr
Retard de paiement des impôts (articles 1730 à 1731 B) - Légifrance
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