
Jullian Hoareau

Accédez en -24h à un avocat d'affaires sélectionné parmi les meilleurs, à des honoraires maîtrisés.
Pénalités fournisseur : de quoi parle-t-on ?
Pourquoi la déduction d'office sur facture est interdite
Pénalités logistiques : plafond de 2 % et preuve du manquement
Comment contester une pénalité déduite par un client ?
Pénalités contractuelles : quel traitement fiscal et comptable ?
Rédiger une clause de pénalités équilibrée
Une pénalité fournisseur est une somme réclamée par le client à son fournisseur lorsqu'un engagement contractuel n'est pas tenu : livraison en retard, marchandises non conformes ou quantités manquantes. Elle est prévue par le contrat et vise à compenser le préjudice subi par le client. Dans la grande distribution, ces sommes prennent souvent la forme d'avoirs, c'est-à-dire de réductions imputées sur les paiements dus au fournisseur.
Le Code de commerce encadre ces pratiques dans une section consacrée aux pénalités logistiques, aux articles L441-17 à L441-19. Cette section a été créée par la loi EGalim 2 de 2021, puis renforcée par la loi n° 2023-221 du 30 mars 2023.
| Manquement visé | Exemple concret | Déduction d'office sur facture |
|---|---|---|
| Non-respect d'une date de livraison | Commande livrée 3 jours après la date convenue | Interdite |
| Non-conformité des marchandises | Produits hors cahier des charges | Interdite |
| Non-respect d'un engagement contractuel | Taux de service inférieur à l'objectif fixé | Interdite |
La qualification d'un manquement et le montant d'une pénalité dépendent d'abord de la rédaction du contrat fournisseur.
Consulter un avocat en contrats commerciaux
La déduction d'office, qui consiste à retrancher la pénalité du montant payé sans vérification contradictoire, est interdite par l'article L441-17 du Code de commerce. La loi impose au distributeur d'apporter la preuve du manquement et du préjudice. Le fournisseur dispose ensuite d'un délai raisonnable pour vérifier et contester la réalité du grief.
Cette règle est d'ordre public : aucune clause du contrat ne peut l'écarter, comme le rappelle la question écrite n° 18443 publiée au Journal officiel du 29 septembre 2026. Ce texte relève que des fournisseurs de la grande distribution subissent des avoirs imputés unilatéralement et des délais de traitement des contestations pouvant dépasser une année.
En mars 2026, la DGCCRF a enjoint à une enseigne nationale de cesser des clauses et pratiques illicites en matière de pénalités, sous astreinte de plus de 100 000 euros par jour de retard. Une astreinte est une somme due pour chaque jour où l'injonction n'est pas respectée. De son côté, le tribunal de commerce de Compiègne a qualifié d'abusive une déduction d'office pour produits manquants, faute de communication préalable des justificatifs.
Les pénalités logistiques sont plafonnées à 2 % de la valeur des produits commandés concernés et doivent rester proportionnées au préjudice subi. Ainsi, lorsque les produits commandés concernés représentent 10 000 €, la pénalité ne peut dépasser 200 €.
Le plafond ne suffit pas à rendre la pénalité due. Le distributeur doit réunir 4 conditions :
Le calcul d'une pénalité logistique et la preuve du préjudice se préparent dès la négociation des conditions logistiques.
Échanger avec un avocat spécialisé en contrats commerciaux
Le fournisseur conteste une pénalité déduite en exigeant les justificatifs du manquement et du préjudice, puis en réclamant le paiement de la somme retenue. La démarche suit généralement 4 étapes :
Hors pénalités logistiques, le client invoque souvent la compensation, c'est-à-dire l'extinction de 2 dettes réciproques à hauteur de la plus faible. Elle suppose une créance certaine, liquide et exigible, c'est-à-dire non discutée, chiffrée et échue : une pénalité contestée n'est donc pas certaine.
Enfin, l'article L442-1, I, 2° du Code de commerce sanctionne l'imposition d'obligations créant un déséquilibre significatif entre les parties, ce qui vise des pénalités fournisseur excessives.
Les pénalités contractuelles sont déductibles du bénéfice imposable de l'entreprise qui les paie, dès lors qu'elles ne sanctionnent pas des manquements à des obligations légales. Le BOFiP précise cette distinction en application du 2 de l'article 39 du CGI. En revanche, les sanctions pécuniaires et pénalités infligées sur le fondement de dispositions légales ne sont pas déductibles.
| Nature de la somme | Exemple | Déductibilité fiscale |
|---|---|---|
| Pénalité contractuelle | Pénalité de retard de livraison prévue au contrat | Déductible |
| Intérêts contractuels | Intérêts dus à un fournisseur en cas de retard de paiement | Déductible |
| Sanction fondée sur la loi | Amende administrative | Non déductible |
Sur le plan comptable, une pénalité acceptée est une charge pour le fournisseur, alors qu'une déduction contestée laisse subsister une créance sur le client jusqu'à la fin du litige.
La nature contractuelle ou légale d'une pénalité détermine son traitement fiscal et se fixe dans le contrat.
Faire relire vos clauses par un avocat en contrats commerciaux
Une clause de pénalités équilibrée définit les manquements visés, le mode de preuve, le montant et la procédure de contestation. Elle comprend en pratique 5 éléments :
Des avocats d'affaires indépendants spécialisés, comme ceux du réseau SWIM LEGAL, interviennent sur ce type de rédaction.
Non, l'article L441-17 du Code de commerce interdit la déduction d'office des pénalités du montant de la facture du fournisseur. Le distributeur doit d'abord prouver le manquement et le préjudice.
Les pénalités logistiques sont plafonnées à 2 % de la valeur des produits commandés concernés. Elles doivent aussi rester proportionnées au préjudice réellement subi.
Non, l'interdiction est d'ordre public : une clause contraire ne peut pas l'écarter.
Oui, lorsqu'elles ne sanctionnent pas un manquement à une obligation légale. Les sanctions fondées sur la loi ne sont pas déductibles.
Le fournisseur peut saisir le tribunal de commerce pour obtenir le paiement de la somme retenue, ou signaler la pratique à la DGCCRF.
Article L441-17 - Code de commerce - Légifrance
BIC - Frais et charges - Charges exceptionnelles - Pénalités et amendes - BOFiP-Impôts
SWIM LEGAL est une alternative au cabinet d'avocats traditionnel pour les besoins juridiques des entreprises. Incubé par le Barreau de Paris, SWIM a reçu le Prix de l'Innovation pour sa solution permettant à toute entreprise, quelle que soit sa taille ou sa localisation, d'accéder rapidement via la plateforme à des avocats d'affaires expérimentés. Les entreprises peuvent déposer leur besoin, qu'il s'agisse d'un dossier, d'une consultation ou d'un renfort temporaire, de manière confidentielle et recevoir des propositions d'avocats pour répondre rapidement à leur demande.
Avocat au Barreau de Paris (Toque L086), fondateur de SWIM LEGAL
Besoin d'un regard d'avocat sur votre situation ? Nos équipes vous accompagnent sur ces sujets.
Les modèles liés à cet article, prêts à adapter à votre situation.
Pour approfondir le sujet, d'autres analyses rédigées par nos avocats.
Besoin d'un juriste freelance, d'un conseil ou d'aide sur un litige ?

