
Qu'est-ce que l'indemnité forfaitaire de conciliation prud'homale ?
Le barème de l'indemnité forfaitaire : de 2 à 24 mois de salaire
Conditions d'application et cas exclus
Avantages fiscaux et sociaux pour l'employeur et le salarié
Comment négocier efficacement lors de la phase de conciliation
Lorsqu'un salarié saisit le Conseil de prud'hommes pour contester son licenciement, la procédure débute par une audience devant le bureau de conciliation et d'orientation (BCO). Cette étape, obligatoire avant tout examen au fond, vise à rapprocher les positions des parties pour trouver un accord amiable. Si employeur et salarié s'entendent, le litige s'éteint sans jugement.
C'est dans ce cadre précis qu'intervient l'indemnité forfaitaire de conciliation prud'homale. Il s'agit d'une somme versée par l'employeur au salarié en contrepartie de la renonciation de ce dernier à poursuivre l'instance. Son montant n'est pas fixé librement : il est encadré par un barème réglementaire prévu à l'article D. 1235-21 du Code du travail, introduit par le décret n° 2016-1582 du 23 novembre 2016.
Ce mécanisme se distingue de la transaction classique sur un point essentiel : l'accord est constaté par le bureau de conciliation, ce qui lui confère force exécutoire immédiate. Aucune homologation supplémentaire n'est nécessaire. Le procès-verbal de conciliation, une fois signé, produit les mêmes effets qu'un jugement définitif. Le salarié ne peut plus revenir sur sa décision, et l'employeur dispose d'un titre exécutoire en cas de contestation ultérieure.
Pour un DRH, cet outil représente un levier de gestion du contentieux social. Il permet de clore un dossier en quelques semaines, là où une procédure au fond dure en moyenne 15 à 17 mois devant les conseils de prud'hommes selon les statistiques du ministère de la Justice (2023).
Le barème de l'indemnité forfaitaire de conciliation est fixé par voie réglementaire. Il repose sur un critère unique : l'ancienneté du salarié dans l'entreprise au moment de la rupture du contrat. Le montant est exprimé en mois de salaire brut.
| Ancienneté du salarié | Indemnité forfaitaire (en mois de salaire brut) |
|---|---|
| Moins de 1 an | 2 mois |
| De 1 an à moins de 2 ans | 3 mois |
| De 2 ans à moins de 8 ans | 4 mois |
| De 8 ans à moins de 12 ans | 8 mois |
| De 12 ans à moins de 15 ans | 10 mois |
| De 15 ans à moins de 19 ans | 12 mois |
| De 19 ans à moins de 23 ans | 14 mois |
| De 23 ans à moins de 26 ans | 18 mois |
| De 26 ans à moins de 30 ans | 20 mois |
| 30 ans et plus | 24 mois |
Ce barème constitue un plafond, non un plancher. Les parties peuvent convenir d'un montant inférieur. En revanche, elles ne peuvent pas dépasser le plafond correspondant à la tranche d'ancienneté du salarié tout en conservant le régime fiscal et social favorable attaché à cette indemnité.
À noter : ce barème est distinct du barème Macron (article L. 1235-3 du Code du travail), qui fixe les planchers et plafonds d'indemnisation en cas de jugement pour licenciement sans cause réelle et sérieuse. Les deux dispositifs coexistent mais ne s'appliquent pas au même stade de la procédure.
Anticiper le coût d'un contentieux prud'homal suppose de connaître précisément les barèmes applicables et les marges de négociation.
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L'indemnité forfaitaire de conciliation ne s'applique pas à tous les litiges portés devant les prud'hommes. Plusieurs conditions doivent être réunies.
Le barème forfaitaire ne couvre pas les situations suivantes :
En pratique, le DRH doit vérifier en amont avec son conseil juridique que le dossier relève bien du champ d'application du dispositif. Un accord conclu hors périmètre ne bénéficierait pas du régime fiscal avantageux.
Le principal atout de l'indemnité forfaitaire de conciliation réside dans son traitement fiscal et social dérogatoire, plus favorable qu'une indemnité transactionnelle classique.
L'indemnité forfaitaire versée dans le cadre du procès-verbal de conciliation est intégralement exonérée d'impôt sur le revenu, conformément à l'article 80 duodecies du Code général des impôts. Cette exonération s'applique dans la limite du barème réglementaire.
Elle est également exonérée de CSG-CRDS dans la limite du montant de l'indemnité légale ou conventionnelle de licenciement.
| Poste | Indemnité transactionnelle classique | Indemnité forfaitaire de conciliation |
|---|---|---|
| Exonération de cotisations sociales | Partielle, sous conditions et plafonds (2 PASS) | Exonération dans la limite du barème D. 1235-21 |
| Exonération de CSG-CRDS | Limitée à l'indemnité légale de licenciement | Identique |
| Sécurité juridique | Risque de requalification | Force exécutoire du PV de conciliation |
| Délai de résolution | Variable (négociation libre) | Immédiat (audience BCO) |
L'employeur réduit ainsi le coût global du départ. Sur un salaire brut mensuel de 4 000 €, pour un salarié ayant 5 ans d'ancienneté, l'indemnité forfaitaire plafonnée à 4 mois représente 16 000 € bruts. L'exonération de cotisations patronales sur cette somme génère une économie directe par rapport à un versement soumis au régime de droit commun.
Structurer un accord de conciliation prud'homale nécessite une analyse précise du régime fiscal applicable à chaque composante de l'indemnité.
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La phase de conciliation dure rarement plus de 30 minutes. Le DRH qui s'y présente sans préparation perd une opportunité concrète de clore le litige à un coût maîtrisé. Voici les étapes clés d'une négociation structurée.
Le bureau de conciliation n'est pas un tribunal. Le conseiller prud'homal joue un rôle de facilitateur. L'employeur a intérêt à se montrer ouvert à la discussion tout en restant ferme sur le cadre légal du barème.
En pratique, proposer d'emblée un montant situé entre 70 % et 100 % du plafond forfaitaire correspondant à l'ancienneté du salarié constitue une base de négociation crédible. Un montant trop bas risque de bloquer la conciliation. Un montant au plafond peut être perçu comme un signal de faiblesse du dossier.
Le procès-verbal de conciliation doit mentionner :
Sans ces mentions, le régime fiscal dérogatoire peut être remis en cause lors d'un contrôle URSSAF. La rédaction du PV mérite une attention particulière, idéalement avec l'assistance d'un avocat présent à l'audience.
Oui. L'indemnité forfaitaire de conciliation s'ajoute à l'indemnité légale ou conventionnelle de licenciement déjà versée au salarié. Elle vise à indemniser le préjudice lié à la perte d'emploi contestée, tandis que l'indemnité de licenciement rémunère l'ancienneté. Les deux ont des fondements juridiques distincts.
Oui. La conciliation est volontaire. Aucune partie ne peut être contrainte d'accepter un accord. Si le salarié refuse la proposition, l'affaire est renvoyée devant le bureau de jugement. Le refus de concilier ne peut pas être retenu contre le salarié lors du jugement au fond.
Il peut proposer un montant supérieur, mais la fraction excédant le barème de l'article D. 1235-21 ne bénéficiera pas du régime fiscal et social dérogatoire. Cette fraction sera traitée comme une indemnité transactionnelle classique, soumise aux règles d'exonération de droit commun.
La transaction est un contrat négocié librement entre les parties, en dehors ou en parallèle de la procédure. L'indemnité forfaitaire de conciliation est constatée par le bureau de conciliation des prud'hommes, ce qui lui confère force exécutoire immédiate et un régime fiscal spécifique. La transaction nécessite des concessions réciproques et n'a pas de barème réglementaire.
Oui, si le procès-verbal de conciliation ne mentionne pas explicitement la référence à l'article D. 1235-21 du Code du travail ou si le montant versé dépasse le plafond du barème. Lors d'un contrôle, l'URSSAF vérifie la conformité formelle du PV et le respect des plafonds réglementaires.
Prud'hommes : indemnité forfaitaire de conciliation - Service Public
Conciliation prud'homale - URSSAF
Indemnités prud'homales et déclaration fiscale - Impôts.gouv.fr
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