
Comment fonctionnent les dividendes en pratique
Flat tax ou barème progressif : quel choix ?
Abattement 40 % sur les dividendes : conditions
Calcul de l'imposition des dividendes : exemples
Imposition des dividendes en SARL : cotisations sociales
Imposition des dividendes en SAS : charges sociales
Comment se verser des dividendes optimisés ?
L'imposition des dividendes concerne chaque dirigeant fondateur qui décide de se rémunérer via la distribution des bénéfices de sa société. Avant de parler de fiscalité, il faut comprendre le mécanisme de base : une société soumise à l'impôt sur les sociétés (IS) réalise un bénéfice net après impôt, et l'assemblée générale des associés décide d'en distribuer tout ou partie sous forme de dividendes.
Le bénéfice a donc déjà été taxé une première fois au niveau de la société. En 2024, le taux normal d'IS est de 25 % sur l'ensemble du bénéfice. Lorsque le dividende arrive entre les mains de l'actionnaire personne physique, il subit une seconde imposition : c'est cette couche fiscale que le dirigeant peut optimiser.
Concrètement, la distribution suit 3 étapes :
Ce prélèvement de 30 % correspond à la flat tax (ou prélèvement forfaitaire unique, PFU). Il s'applique par défaut. Le dirigeant peut toutefois y renoncer au moment de sa déclaration de revenus pour opter pour le barème progressif. Ce choix, irrévocable pour l'année concernée, s'applique à l'ensemble des revenus de capitaux mobiliers du foyer fiscal.
| Étape | Acteur | Fiscalité applicable |
|---|---|---|
| Bénéfice réalisé | Société (IS) | 25 % d'impôt sur les sociétés |
| Distribution votée | AG des associés | Aucune taxe à ce stade |
| Versement au dirigeant | Société (retenue) | 30 % de flat tax prélevée à la source |
| Déclaration IR | Dirigeant | Flat tax confirmée ou option barème progressif |
Le choix entre flat tax et barème progressif détermine directement le montant net perçu par le dirigeant. La flat tax applique un taux unique de 30 % (12,8 % d'IR + 17,2 % de prélèvements sociaux), quel que soit le niveau de revenu du foyer. Le barème progressif soumet les dividendes aux tranches habituelles de l'impôt sur le revenu (0 %, 11 %, 30 %, 41 %, 45 %), après application d'un abattement de 40 %.
En pratique, le barème progressif devient avantageux lorsque le taux marginal d'imposition (TMI) du foyer ne dépasse pas 11 %. Au-delà, la flat tax est presque toujours plus favorable. Voici le raisonnement simplifié :
| TMI du foyer | IR effectif (barème + abattement 40 %) | Prélèvements sociaux | Total barème | Total flat tax | Régime optimal |
|---|---|---|---|---|---|
| 0 % | 0 % | 17,2 % | 17,2 % | 30 % | Barème |
| 11 % | 6,6 % | 17,2 % | 23,8 % | 30 % | Barème |
| 30 % | 18 % | 17,2 % | 35,2 % | 30 % | Flat tax |
| 41 % | 24,6 % | 17,2 % | 41,8 % | 30 % | Flat tax |
| 45 % | 27 % | 17,2 % | 44,2 % | 30 % | Flat tax |
Un point souvent négligé : l'option pour le barème progressif s'applique à tous les revenus de capitaux mobiliers du foyer (intérêts, plus-values, dividendes). Un dirigeant qui détient aussi un portefeuille boursier avec des plus-values doit intégrer ces revenus dans sa simulation avant de choisir.
Choisir entre flat tax et barème progressif suppose de connaître précisément le revenu fiscal de son foyer et de simuler les deux scénarios.
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L'abattement de 40 % est le principal levier fiscal du barème progressif. Il réduit la base imposable des dividendes avant application des tranches d'IR. Cet abattement ne s'applique pas automatiquement : il est réservé aux contribuables qui renoncent expressément à la flat tax en cochant la case 2OP de leur déclaration de revenus.
Les conditions cumulatives pour en bénéficier sont les suivantes :
En pratique, l'abattement fonctionne ainsi : pour 10 000 € de dividendes bruts, seuls 6 000 € entrent dans le calcul de l'IR. Si le TMI est de 11 %, l'impôt sur le revenu s'élève à 660 € (au lieu de 1 100 € sans abattement). Les prélèvements sociaux de 17,2 % restent calculés sur la totalité des 10 000 €, soit 1 720 €.
Un point technique à retenir : la CSG payée sur les dividendes est partiellement déductible du revenu global lorsque le contribuable opte pour le barème progressif. Le taux de CSG déductible est de 6,8 %. Sur 10 000 € de dividendes, cela représente 680 € de déduction supplémentaire sur le revenu imposable de l'année suivante. Ce mécanisme n'existe pas avec la flat tax.
Prenons le cas d'un fondateur de SAS qui se verse 50 000 € de dividendes bruts. Son foyer fiscal affiche un revenu imposable (hors dividendes) de 45 000 €, ce qui le place dans la tranche à 30 %.
Scénario 1 — Flat tax (PFU)
Scénario 2 — Barème progressif avec abattement 40 %
Dans ce cas, la flat tax fait économiser 2 600 € par rapport au barème progressif. Le résultat s'inverse pour un fondateur dont le TMI est à 11 % : avec les mêmes 50 000 € de dividendes, le barème progressif aboutirait à un total de 11 900 € contre 15 000 € en flat tax, soit 3 100 € d'économie.
La simulation chiffrée avant distribution permet d'identifier le régime fiscal le plus adapté à chaque situation patrimoniale.
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En SARL, le gérant majoritaire (qui détient plus de 50 % des parts, seul ou avec son conjoint et ses enfants mineurs) relève du régime des travailleurs non salariés (TNS). Cette qualification a une conséquence directe sur la fiscalité des dividendes : la fraction des dividendes qui dépasse 10 % du capital social, des primes d'émission et des apports en compte courant d'associé est soumise aux cotisations sociales TNS, et non aux simples prélèvements sociaux de 17,2 %.
Le taux global de cotisations sociales TNS avoisine 45 % (maladie, retraite de base, retraite complémentaire, invalidité-décès, allocations familiales, CSG/CRDS). Ce taux varie selon les tranches de revenus, mais l'ordre de grandeur reste stable.
Prenons un exemple concret. Un gérant majoritaire de SARL détient 100 % d'un capital social de 10 000 €. Il se verse 40 000 € de dividendes.
Ce mécanisme explique pourquoi de nombreux fondateurs de SARL choisissent d'augmenter leur capital social ou leurs apports en compte courant pour relever le seuil de 10 % et réduire la part soumise aux cotisations TNS.
| Critère | Dividendes ≤ 10 % du capital | Dividendes > 10 % du capital |
|---|---|---|
| Prélèvements sociaux | 17,2 % | Non applicables |
| Cotisations sociales TNS | Non applicables | ~45 % |
| Flat tax (IR) | 12,8 % | 12,8 % |
| Taux effectif global | ~30 % | ~57 % |
En SAS, le président et les dirigeants assimilés salariés ne relèvent pas du régime TNS. Les dividendes qu'ils perçoivent sont soumis uniquement aux prélèvements sociaux de 17,2 %, sans cotisations sociales, quel que soit le montant distribué. Il n'existe pas de seuil de 10 % du capital comme en SARL.
Cette différence de traitement constitue l'un des arguments fréquemment avancés en faveur de la SAS pour les fondateurs qui prévoient de se rémunérer principalement par dividendes. Reprenons le même exemple : un président de SAS qui se verse 40 000 € de dividendes.
Par rapport au gérant majoritaire de SARL dans la même situation, le président de SAS conserve environ 10 800 € de plus après impôts et charges. Toutefois, cette comparaison ne tient pas compte d'un élément : en SAS, le dirigeant assimilé salarié paie des cotisations sociales élevées sur sa rémunération (environ 80 % de charges patronales et salariales cumulées sur le salaire brut). En SARL, les cotisations TNS sur la rémunération sont plus faibles (environ 45 %).
L'optimisation globale suppose donc de raisonner sur l'ensemble du package de rémunération : salaire + dividendes + éventuels avantages. Isoler la fiscalité des dividendes sans intégrer le coût social de la rémunération conduit à des conclusions trompeuses.
Le choix entre SARL et SAS, ou l'arbitrage salaire/dividendes, dépend de paramètres propres à chaque situation : niveau de rémunération, capital social, protection sociale souhaitée.
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L'optimisation de l'imposition des dividendes repose sur plusieurs leviers que le dirigeant fondateur peut actionner avant et au moment de la distribution.
1. Simuler flat tax vs barème progressif chaque année
Le TMI du foyer peut varier d'une année à l'autre (naissance, mariage, revenus exceptionnels). La simulation doit être refaite avant chaque distribution. Un tableur ou un simulateur en ligne (impots.gouv.fr propose un outil gratuit) suffit pour comparer les deux régimes.
2. Calibrer le montant distribué
En SARL, maintenir les dividendes sous le seuil de 10 % du capital social évite les cotisations TNS. Si le capital est de 50 000 €, le dirigeant peut distribuer jusqu'à 5 000 € sans cotisations sociales. Au-delà, chaque euro supplémentaire supporte environ 45 % de charges.
3. Augmenter le capital social ou les apports en compte courant
En SARL, relever le capital social ou alimenter le compte courant d'associé augmente mécaniquement le seuil de 10 %. Cette stratégie a un coût (immobilisation de trésorerie) mais peut générer des économies substantielles sur les cotisations.
4. Arbitrer entre salaire et dividendes
5. Planifier la distribution dans le temps
Répartir les dividendes sur plusieurs exercices peut permettre de rester dans une tranche d'IR inférieure, surtout pour les foyers proches d'un changement de TMI.
Il n'y en a aucune. La flat tax est le nom courant du prélèvement forfaitaire unique (PFU). Les deux désignent le même mécanisme : un taux global de 30 % appliqué aux revenus de capitaux mobiliers, composé de 12,8 % d'impôt sur le revenu et 17,2 % de prélèvements sociaux.
Non. L'option pour le barème progressif (case 2OP) s'applique à l'ensemble des revenus de capitaux mobiliers du foyer fiscal : dividendes, intérêts et plus-values de cession de valeurs mobilières. Il est impossible de panacher les deux régimes sur une même déclaration.
Non. Lorsqu'une holding détient au moins 5 % du capital de la filiale depuis plus de 2 ans, le régime mère-fille permet d'exonérer 95 % des dividendes reçus. Seule une quote-part de frais et charges de 5 % est réintégrée dans le résultat imposable de la holding. L'imposition personnelle du dirigeant n'intervient qu'au moment où la holding lui distribue à son tour des dividendes.
Les dividendes perçus sont pré-remplis sur la déclaration 2042 (case 2DC pour le montant brut). Le prélèvement de 30 % déjà retenu à la source figure en case 2CK. Si le contribuable souhaite opter pour le barème progressif, il coche la case 2OP. L'abattement de 40 % est alors appliqué automatiquement par l'administration fiscale.
Non. Le président de SAS, assimilé salarié, ne paie que les prélèvements sociaux de 17,2 % sur ses dividendes. Il n'existe pas de seuil de 10 % du capital ni de cotisations sociales supplémentaires, contrairement au gérant majoritaire de SARL.
Code général des impôts - Article 200 A - Légifrance
Fiscalité des dividendes perçus par les associés - Entreprendre.Service-Public.fr
Évolution du taux du Prélèvement Forfaitaire Unique (PFU) - Entreprendre.Service-Public.fr
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