Garantie arrêt de travail : ce que l'employeur doit couvrir

Guides & Ressources pratiques
05/11/2026
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6 min de lecture
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Par

Jullian Hoareau

Points clés de l'article
  1. La garantie arrêt de travail repose sur 3 étages : les indemnités journalières de la Sécurité sociale, le maintien de salaire dû par l'employeur et la prévoyance collective.
  2. Le Code du travail impose à l'employeur un complément de salaire dès 1 an d'ancienneté, versé après un délai de carence de 7 jours.
  3. Ce complément porte la rémunération à 90 % du brut pendant 30 jours, puis à 66,66 % pendant 30 jours, durées allongées avec l'ancienneté.
  4. Une convention collective plus favorable s'impose à l'employeur.
  5. Dans le BTP, les conventions collectives organisent la couverture des ETAM et des ouvriers, avec un relais assuré par PRO BTP.
  6. Un employeur qui n'a pas souscrit la prévoyance exigée par sa convention collective peut devoir verser lui-même les prestations manquantes.

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Sommaire

Que recouvre la garantie arrêt de travail ?

Maintien de salaire légal : conditions et délai de carence

Prévoyance collective : ce que l'employeur doit financer

BTP : garanties ETAM et ouvriers chez PRO BTP

Quels risques sans garantie conforme pour l'employeur ?

Mettre en place ou auditer son contrat de prévoyance

FAQ

Pour aller plus loin

Que recouvre la garantie arrêt de travail ?

La garantie arrêt de travail regroupe les sommes versées à un salarié absent pour maladie ou accident afin de compenser sa perte de salaire. Elle mobilise 3 financeurs, chacun à une étape différente de l'arrêt.

ÉtageFinanceurFondement
Indemnités journalières (IJSS)Assurance maladieCode de la sécurité sociale
Maintien de salaire légal ou conventionnelEmployeurCode du travail, convention collective
Prévoyance collectiveAssureur ou institution de prévoyanceContrat collectif

Le maintien de salaire est une dette directe de l'employeur, limitée dans le temps ; la prévoyance collective prend le relais pour les arrêts longs.

Le partage entre maintien de salaire et prévoyance dépend aussi des clauses du contrat de travail et de la convention collective applicable.
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Maintien de salaire légal : conditions et délai de carence

Le Code du travail oblige l'employeur à compléter les IJSS dès 1 an d'ancienneté du salarié, après un délai de carence de 7 jours sans complément.

Le montant suit 2 paliers fixés par les articles D1226-1 et suivants du Code du travail :
- 90 % de la rémunération brute pendant les 30 premiers jours ;
- 66,66 % de la rémunération brute pendant les 30 jours suivants.

Ces pourcentages incluent les IJSS : l'employeur ne verse que la différence avec les indemnités perçues.

AnciennetéDurée de chaque palier
1 à 5 ans30 jours
6 à 10 ans40 jours
11 à 15 ans50 jours
16 à 20 ans60 jours
21 à 25 ans70 jours
26 à 30 ans80 jours
31 ans et plus90 jours

Ainsi, un salarié de 8 ans d'ancienneté arrêté 60 jours ne reçoit rien pendant 7 jours, puis 90 % pendant 40 jours et 66,66 % pendant 13 jours.

Par la subrogation, l'employeur perçoit les IJSS à la place du salarié et lui verse son salaire, selon l'Assurance maladie.

Prévoyance collective : ce que l'employeur doit financer

La prévoyance collective n'est pas imposée par la loi pour tous les salariés : elle découle le plus souvent de la convention collective ou d'un accord de branche. Pour les cadres, un accord national interprofessionnel impose une cotisation patronale minimale.

3 actes permettent de mettre en place le régime :
1. un accord collectif négocié avec les représentants du personnel ;
2. un référendum ratifiant un projet de l'employeur ;
3. une décision unilatérale de l'employeur (DUE), document écrit remis à chaque salarié.

Le régime doit présenter un caractère collectif et obligatoire, c'est-à-dire couvrir une catégorie objective de salariés : cette condition détermine l'exonération de cotisations sociales sur la part patronale.

Le statut cadre ou non cadre inscrit au contrat de travail détermine le régime de prévoyance applicable à chaque salarié.
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BTP : garanties ETAM et ouvriers chez PRO BTP

Dans le BTP, les conventions collectives nationales imposent une prévoyance pour les ouvriers et les ETAM (employés, techniciens et agents de maîtrise), et PRO BTP est l'institution de prévoyance historique de la branche.

L'employeur maintient d'abord le salaire selon la convention collective, puis PRO BTP verse des indemnités complémentaires pour les arrêts plus longs.

Les règles diffèrent entre ouvriers et ETAM : condition d'ancienneté, délai de carence et durée de maintien. Une entreprise qui choisit un autre organisme que PRO BTP reste tenue d'offrir des garanties au moins équivalentes à celles de la branche.

Quels risques sans garantie conforme pour l'employeur ?

L'employeur qui n'applique pas le maintien de salaire légal ou conventionnel s'expose à un rappel de salaire devant les prud'hommes, cotisations sociales comprises.

Si la prévoyance imposée par la convention collective n'a pas été souscrite, l'employeur peut être condamné à verser lui-même au salarié l'équivalent des prestations prévues.

D'autres écarts sont fréquents :
- une DUE non remise aux salariés, qui leur devient inopposable ;
- un contrat qui ne couvre pas toutes les catégories prévues ;
- un régime non collectif, qui expose à un redressement URSSAF sur la part patronale.

Un audit des contrats de travail et des garanties souscrites permet d'identifier ces écarts avant un contentieux.
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Mettre en place ou auditer son contrat de prévoyance

L'audit d'une garantie arrêt de travail part de la convention collective applicable, mentionnée sur le bulletin de paie, puis compare ses obligations au contrat souscrit, catégorie par catégorie.

ÉtapePoint de contrôle
1. Convention collectiveGaranties minimales et part patronale exigées
2. Catégories de salariésCadres, non-cadres, ouvriers, ETAM couverts
3. Acte fondateurAccord, référendum ou DUE remise aux salariés
4. Contrat de prévoyanceDurée d'indemnisation, franchise, niveau de garantie
5. PaieSubrogation, déduction des IJSS, calcul des paliers

La franchise du contrat, période sans versement de l'assureur, doit coïncider avec la fin du maintien de salaire. Sinon, l'employeur finance seul la période non couverte.

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FAQ

L'employeur doit-il maintenir le salaire dès le premier jour d'arrêt ?

Non, le maintien légal intervient après un délai de carence de 7 jours. La convention collective peut réduire ou supprimer ce délai.

Quelle ancienneté faut-il pour bénéficier du maintien de salaire légal ?

Le salarié doit justifier de 1 an d'ancienneté dans l'entreprise. En dessous, seule la convention collective ou la prévoyance peut ouvrir un droit à complément.

Qu'est-ce que la subrogation en cas d'arrêt de travail ?

La subrogation permet à l'employeur de percevoir les IJSS à la place du salarié lorsqu'il maintient son salaire. Le salarié reçoit alors une rémunération sans attendre les versements de la caisse.

Qui paie après la fin du maintien de salaire ?

Le contrat de prévoyance prend le relais lorsque l'entreprise en a souscrit un. À défaut, le salarié ne perçoit plus que les IJSS. Si la convention collective imposait cette prévoyance, l'employeur peut devoir verser lui-même les prestations manquantes.

Une TPE du BTP doit-elle adhérer à PRO BTP ?

L'adhésion à PRO BTP n'est pas la seule option, mais la prévoyance est obligatoire pour les ouvriers et les ETAM. Un autre organisme doit offrir des garanties au moins équivalentes à celles de la branche.

Pour aller plus loin

Arrêt maladie : quel maintien de salaire ? - Code du travail numérique

Absences pour maladie ou accident, articles D1226-1 à D1226-8-1 du Code du travail - Légifrance

La subrogation de salaire en cas d’arrêt de travail - Ameli

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