
Stock-options : définition et fonctionnement clé
Les trois étapes fiscales des stock-options
Imposition des stock-options à l'attribution
Fiscalité à l'exercice des stock-options
Imposition lors de la cession des actions
Régime fiscal selon la date d'attribution
Erreurs courantes des CEO à éviter
Optimiser sa fiscalité avec un accompagnement expert
Les stock-options sont des options d'achat d'actions attribuées par une société à ses dirigeants ou salariés. Elles confèrent le droit — et non l'obligation — d'acheter un nombre déterminé d'actions de la société à un prix fixé à l'avance, appelé prix d'exercice. Ce prix est défini au moment de l'attribution et reste inchangé pendant toute la durée du plan.
Le mécanisme repose sur un pari économique simple : si la valeur de l'action augmente entre la date d'attribution et la date d'exercice, le bénéficiaire achète ses actions à un prix inférieur à leur valeur de marché. La différence constitue un gain, appelé plus-value d'acquisition. Si la valeur de l'action n'a pas progressé, le bénéficiaire n'est pas tenu d'exercer ses options.
En France, le cadre juridique des stock-options est fixé par les articles L. 225-177 à L. 225-186-1 du Code de commerce. Seules les sociétés par actions (SA, SAS, SCA) peuvent émettre des plans de stock-options. Le plan est décidé par l'assemblée générale extraordinaire, qui délègue ensuite au conseil d'administration ou au directoire la mise en œuvre opérationnelle.
La fiscalité des stock-options se distingue de celle des autres formes de rémunération par sa complexité : elle se décompose en 3 événements fiscaux successifs, chacun soumis à des règles propres. Pour un CEO ou fondateur, comprendre cette mécanique est un préalable indispensable à toute décision d'attribution ou d'exercice.
| Élément | Détail |
|---|---|
| Nature | Option d'achat d'actions à prix fixe |
| Bénéficiaires | Salariés et mandataires sociaux |
| Formes juridiques éligibles | SA, SAS, SCA |
| Texte de référence | Articles L. 225-177 à L. 225-186-1 du Code de commerce |
| Événements fiscaux | Attribution, exercice, cession |
La fiscalité des stock-options s'articule autour de 3 moments distincts. Chacun correspond à un fait générateur d'imposition différent, avec ses propres règles de calcul et ses propres taux.
Étape 1 — L'attribution. La société accorde les options au bénéficiaire. À ce stade, aucune action n'est détenue. Le bénéficiaire reçoit un droit futur. La fiscalité porte uniquement sur un éventuel rabais excédentaire, c'est-à-dire la décote accordée sur le prix d'exercice par rapport à la valeur de l'action au jour de l'attribution.
Étape 2 — L'exercice. Le bénéficiaire décide d'utiliser ses options pour acheter les actions au prix d'exercice. La différence entre la valeur réelle de l'action au jour de l'exercice et le prix d'exercice constitue la plus-value d'acquisition (aussi appelée « gain de levée d'option »). Ce gain est imposable.
Étape 3 — La cession. Le bénéficiaire revend les actions acquises. La différence entre le prix de cession et la valeur de l'action au jour de l'exercice constitue la plus-value de cession. Elle relève du régime des plus-values mobilières.
| Étape | Fait générateur | Gain imposable | Base de calcul |
|---|---|---|---|
| Attribution | Octroi des options | Rabais excédentaire (le cas échéant) | Décote > 5 % de la valeur de l'action |
| Exercice | Achat des actions | Plus-value d'acquisition | Valeur réelle – prix d'exercice |
| Cession | Vente des actions | Plus-value de cession | Prix de vente – valeur réelle à l'exercice |
Cette décomposition en 3 temps est la clé de lecture de tout le régime fiscal. Confondre ces étapes ou mal identifier le gain taxable à chaque phase est l'une des erreurs les plus fréquentes.
Au moment de l'attribution, le bénéficiaire ne détient pas encore d'actions. Il reçoit un droit d'option. En principe, aucune imposition n'est due à ce stade.
Une exception existe toutefois : le rabais excédentaire. Lorsque le prix d'exercice est fixé avec une décote par rapport à la valeur de l'action au jour de l'attribution, la fraction de cette décote qui dépasse 5 % est qualifiée de rabais excédentaire. Ce rabais est imposé comme un complément de salaire, soumis à l'impôt sur le revenu dans la catégorie des traitements et salaires, ainsi qu'aux cotisations sociales.
Exemple concret : une société attribue des stock-options avec un prix d'exercice de 90 € alors que l'action vaut 100 € à la date d'attribution. La décote est de 10 %, soit 10 € par action. Le seuil de 5 % correspond à 5 €. Le rabais excédentaire est donc de 5 € par action (10 € – 5 €). Ce montant est imposé comme un salaire dès l'attribution.
Pour un fondateur, la conséquence pratique est directe : fixer un prix d'exercice trop bas pour rendre les options attractives peut déclencher une imposition immédiate pour les bénéficiaires. Le calibrage du prix d'exercice doit intégrer cette contrainte fiscale dès la conception du plan.
Un plan de stock-options mal calibré peut générer une charge fiscale dès l'attribution. L'analyse du prix d'exercice et du rabais excédentaire nécessite une expertise fiscale précise.
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L'exercice des options constitue le moment fiscalement le plus complexe. Le bénéficiaire achète les actions au prix d'exercice. La différence avec la valeur réelle de l'action au jour de l'exercice forme la plus-value d'acquisition. Ce gain est imposable, mais son régime dépend de la date d'attribution du plan.
Pour les plans attribués après le 28 septembre 2012, la plus-value d'acquisition est imposée comme un salaire : elle est soumise au barème progressif de l'impôt sur le revenu (tranche marginale pouvant atteindre 45 %) et aux prélèvements sociaux au taux de 9,7 %. Elle supporte également une contribution salariale spécifique de 10 % (article L. 137-14 du Code de la sécurité sociale).
Pour les plans attribués avant le 28 septembre 2012, un régime dérogatoire s'applique sous conditions. Si le bénéficiaire respecte un délai d'indisponibilité de 4 ans à compter de l'attribution, la plus-value d'acquisition est imposée à un taux forfaitaire : 30 % jusqu'à 152 500 € et 41 % au-delà. Ce régime est nettement plus favorable que l'imposition au barème progressif.
En complément, la société employeur doit acquitter une contribution patronale de 30 % sur la valeur des options au moment de leur attribution (pour les plans postérieurs au 16 octobre 2007).
La revente des actions acquises par exercice des stock-options génère une plus-value de cession. Ce gain correspond à la différence entre le prix de vente et la valeur de l'action au jour de l'exercice.
Depuis le 1er janvier 2018, cette plus-value relève du prélèvement forfaitaire unique (PFU) de 30 %, aussi appelé flat tax, qui se décompose en 12,8 % d'impôt sur le revenu et 17,2 % de prélèvements sociaux.
Le contribuable peut toutefois opter pour le barème progressif de l'impôt sur le revenu. Cette option, qui s'applique à l'ensemble des revenus du capital de l'année, peut s'avérer avantageuse lorsque le taux marginal d'imposition est inférieur à 12,8 %. Elle ouvre également droit à un abattement pour durée de détention pour les titres acquis avant le 1er janvier 2018.
En cas de moins-value de cession (prix de vente inférieur à la valeur à l'exercice), celle-ci est imputable sur les plus-values de même nature réalisées la même année ou les 10 années suivantes.
Point de vigilance : la plus-value de cession et la plus-value d'acquisition sont 2 gains distincts, soumis à des régimes différents. Les additionner ou les confondre dans la déclaration fiscale constitue une erreur fréquente qui peut entraîner un redressement.
La cession des actions issues de stock-options implique des arbitrages fiscaux entre flat tax et barème progressif. Un accompagnement adapté permet d'identifier le régime le plus favorable à votre situation.
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La date d'attribution du plan de stock-options détermine l'intégralité du régime fiscal applicable. Deux périodes doivent être distinguées, avec des conséquences radicalement différentes sur le montant de l'impôt dû.
| Critère | Plans attribués avant le 28/09/2012 | Plans attribués après le 28/09/2012 |
|---|---|---|
| Plus-value d'acquisition | Taux forfaitaire (30 % jusqu'à 152 500 €, 41 % au-delà) si délai de 4 ans respecté | Barème progressif de l'IR (jusqu'à 45 %) |
| Contribution salariale | 10 % (plans postérieurs au 16/10/2007) | 10 % |
| Prélèvements sociaux sur la PV d'acquisition | 9,7 % | 9,7 % |
| Plus-value de cession | PFU 30 % ou barème progressif | PFU 30 % ou barème progressif |
| Condition d'indisponibilité | 4 ans pour bénéficier du taux forfaitaire | Aucune condition spécifique |
Pour les plans antérieurs au 28 septembre 2012, le non-respect du délai d'indisponibilité de 4 ans entraîne la requalification de la plus-value d'acquisition en salaire, imposée au barème progressif. Cette pénalité fiscale peut représenter un surcoût de 10 à 15 points d'imposition selon la tranche marginale du bénéficiaire.
Le Bulletin officiel des finances publiques (BOFiP) détaille l'ensemble de ces règles dans sa documentation relative aux stock-options et attributions gratuites d'actions. La notice de l'administration fiscale sur les plus-values mobilières complète cette documentation pour la phase de cession.
Plusieurs erreurs reviennent de manière récurrente chez les fondateurs et dirigeants qui détiennent ou attribuent des stock-options.
1. Confondre plus-value d'acquisition et plus-value de cession. Ces 2 gains sont calculés différemment et imposés selon des régimes distincts. Les agréger dans la déclaration de revenus ou appliquer le mauvais taux à l'un des deux expose à un redressement fiscal.
2. Ignorer le délai d'indisponibilité. Pour les plans attribués avant le 28 septembre 2012, céder les actions avant l'expiration du délai de 4 ans fait perdre le bénéfice du taux forfaitaire. La plus-value d'acquisition est alors requalifiée en salaire et imposée au barème progressif, avec un surcoût fiscal substantiel.
3. Omettre la contribution salariale de 10 %. Cette contribution spécifique s'ajoute à l'impôt sur le revenu et aux prélèvements sociaux. Elle est souvent oubliée dans les simulations préalables, ce qui fausse l'estimation du gain net.
4. Ne pas arbitrer entre PFU et barème progressif. L'option pour le barème progressif peut être avantageuse dans certaines configurations (faible taux marginal, abattements applicables). Ne pas réaliser cette simulation revient à accepter par défaut un régime qui n'est pas nécessairement le plus favorable.
5. Négliger l'impact des prélèvements sociaux. Les prélèvements sociaux (17,2 % sur la plus-value de cession, 9,7 % sur la plus-value d'acquisition) représentent une charge significative, souvent sous-estimée dans le calcul du gain net après impôt.
Les erreurs fiscales sur les stock-options peuvent représenter plusieurs dizaines de milliers d'euros de surcoût. Un audit préalable avec un avocat fiscaliste permet de sécuriser chaque étape.
Trouvez un avocat spécialisé en fiscalité du dirigeant
L'optimisation fiscale des stock-options ne consiste pas à contourner l'impôt. Elle repose sur une connaissance précise des règles applicables et sur des arbitrages éclairés à chaque étape du processus.
Plusieurs leviers existent. Le choix du moment d'exercice des options peut être calibré en fonction de la valorisation de l'entreprise et de la situation fiscale personnelle du dirigeant. L'arbitrage entre PFU et barème progressif doit être réalisé chaque année en fonction de l'ensemble des revenus du capital. Le respect scrupuleux des délais d'indisponibilité, lorsqu'il est applicable, conditionne l'accès au régime forfaitaire le plus favorable.
Pour les fondateurs qui cumulent plusieurs plans (stock-options, BSPCE, actions gratuites), la coordination fiscale entre ces différents instruments est déterminante. Chaque mécanisme obéit à des règles propres, et leur interaction peut créer des effets d'optimisation ou, à l'inverse, des surcoûts non anticipés.
Un avocat fiscaliste intervient à 3 niveaux : en amont, pour structurer le plan de manière fiscalement cohérente ; au moment de l'exercice, pour déterminer le calendrier optimal ; et lors de la cession, pour choisir le régime d'imposition le plus adapté. Cette expertise permet de transformer une mécanique fiscale complexe en un outil de rémunération maîtrisé.
Le site du ministère de l'Économie propose une synthèse des règles applicables aux stock-options en France, utile comme point de départ pour les dirigeants souhaitant se familiariser avec le cadre général.
La structuration fiscale d'un plan de stock-options nécessite une analyse personnalisée tenant compte du statut du dirigeant, de la date du plan et de sa situation patrimoniale globale.
Faites-vous accompagner par un avocat fiscaliste
La plus-value d'acquisition est soumise à une contribution salariale spécifique de 10 % et à des prélèvements sociaux de 9,7 %. La plus-value de cession supporte 17,2 % de prélèvements sociaux. En revanche, les stock-options ne sont pas soumises aux cotisations sociales classiques (sauf en cas de non-respect des conditions légales, où elles peuvent être requalifiées en salaire).
Les BSPCE (bons de souscription de parts de créateur d'entreprise) sont réservés aux sociétés de moins de 15 ans, immatriculées depuis moins de 15 ans et répondant à des critères de détention du capital. Leur régime fiscal est plus simple : le gain est imposé au PFU de 30 % (ou 12,8 % + 17,2 %) si le bénéficiaire exerce son activité dans la société depuis au moins 3 ans. Les stock-options, elles, sont accessibles à toute société par actions sans condition d'ancienneté.
Le bénéficiaire n'est jamais obligé d'exercer ses options. Si le cours de l'action est inférieur au prix d'exercice, les options restent non exercées et expirent sans conséquence financière. En revanche, si le bénéficiaire exerce ses options puis que le cours baisse avant la cession, il subit une moins-value de cession réelle.
La plus-value d'acquisition doit être déclarée dans la catégorie des traitements et salaires (plans post-28/09/2012) ou dans le régime forfaitaire spécifique (plans antérieurs). La plus-value de cession est déclarée sur le formulaire 2074 (déclaration des plus-values mobilières). L'employeur transmet généralement un état récapitulatif des gains réalisés, qui sert de base à la déclaration.
Les mandataires sociaux (président de SA, directeur général, membres du directoire) peuvent bénéficier de stock-options même s'ils ne sont pas titulaires d'un contrat de travail. La condition est d'exercer un mandat social dans la société émettrice ou dans une société du groupe. Le régime fiscal applicable est identique à celui des salariés bénéficiaires.
Article 80 bis du Code général des impôts - Légifrance
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