Droit de préemption mairie : fonctionnement, zones et recours

Guides & Ressources pratiques
02 Jan 2026
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7
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Points clés de l'article
  1. Définition : Le droit de préemption urbain permet à la commune d'acquérir un bien immobilier avant tout acheteur privé lorsqu'il est proposé à la vente, en vue de mettre en œuvre une politique urbaine.
  2. Conditions : Le droit s'exerce uniquement sur les biens situés dans une zone de préemption urbain (SPU) délimitée par la commune. Il couvre les ventes, donations, apports en société, et échanges.
  3. Procédure : Le vendeur adresse une DIA (déclaration d'intention d'aliéner) à la commune. Celle-ci dispose de 2 mois pour exercer son droit. Si elle notifie son intention, elle acquiert le bien aux conditions proposées.
  4. Droits et obligations : Le vendeur doit informer la commune et accepter sa préemption. La commune doit notifier son intention dans les délais et finaliser l'acquisition. L'acquéreur initial peut être évincé.
  5. Cas particuliers : L'EPF peut exercer le droit conjointement avec la commune. Les successions sont partiellement exclues. Les litiges peuvent être portés devant le tribunal.

Sommaire

  1. Droit de préemption urbain : définition
  2. Conditions d'exercice du droit
  3. Procédure de préemption
  4. Droits et obligations des parties
  5. Cas particuliers

Droit de préemption urbain : définition

Le droit de préemption urbain est un droit légal qui permet à une collectivité locale (généralement la commune) d'acquérir un bien immobilier avant tout acheteur privé lorsqu'il est proposé à la vente.

Ce droit est un outil d'aménagement urbain qui permet aux communes de mettre en œuvre une politique foncière et d'urbanisme adaptée à leurs besoins.

Champ personnel

Les titulaires du droit de préemption urbain sont :

  • La commune où est situé le bien
  • L'établissement public foncier (EPF) de la région
  • Les métropoles et groupements de communes

Champ matériel

Le droit de préemption urbain s'exerce sur :

  • Les immeubles bâtis ou non bâtis
  • Les lots de copropriété
  • Les terrains nus à bâtir
  • Les terres agricoles ou forestières en zone urbaine

Il ne s'exerce pas sur tous les immeubles, mais uniquement ceux situés dans une zone définie par la commune (secteur de préemption urbain ou SPU).

Conditions d'exercice du droit

Certaines conditions doivent être remplies pour que le droit de préemption urbain soit exercé.

Existence d'une zone de préemption

La commune doit avoir délimité une zone de préemption urbain (SPU) couvrant le bien. Cette zone doit être définie par délibération du conseil municipal et publiée au fichier immobilier.

Acte de disposition

Le droit de préemption urbain s'exerce sur tout acte de disposition du bien, c'est-à-dire :

  • La vente
  • L'apport en société
  • L'échange
  • La donation
  • La location-accession à la propriété

Prix minimum

Dans certains cas, le droit ne s'exerce que si le prix dépasse un montant minimum fixé par la commune. Cela évite des exercices inutiles pour des biens de faible valeur.

Exceptions et exclusions

Le droit de préemption urbain ne s'exerce pas sur :

  • Les mutations entre époux ou parentes (dans certains cas)
  • Les successions (avant division)
  • Les biens de l'État ou des collectivités publiques
  • Les ventes aux enchères

Procédure de préemption

La procédure de préemption est encadrée par des règles strictes.

Déclaration d'intention d'aliéner (DIA)

Lorsqu'un vendeur souhaite vendre un bien situé dans une zone de préemption, il doit adresser une déclaration d'intention d'aliéner à la commune. Cette déclaration doit mentionner :

  • La description du bien
  • Le prix proposé
  • Les conditions de la vente
  • L'identité de l'acquéreur potentiel

La DIA peut être adressée par lettre recommandée avec accusé de réception ou par voie électronique.

Délai d'exercice du droit

La commune dispose d'un délai de 2 mois à compter de la réception de la DIA pour décider si elle exerce ou non son droit de préemption. Ce délai peut être prolongé à 3 mois si la commune demande des précisions.

Notification de préemption

Si la commune décide d'exercer son droit, elle doit notifier son intention au vendeur par écrit (lettre recommandée). Cette notification met fin aux pourparlers avec l'acquéreur privé.

Acquisition par la commune

Si la commune exerce son droit, elle doit acquérir le bien aux conditions proposées par le vendeur (prix et conditions de la vente envisagée). La commune dispose d'un délai supplémentaire pour finaliser l'acquisition.

Fin de la procédure

Si la commune ne notifie pas son intention d'exercer le droit dans le délai imparti, le vendeur peut procéder à la vente auprès de l'acquéreur privé.

Droits et obligations des parties

La mise en œuvre du droit de préemption entraîne des droits et obligations pour chacune des parties.

Obligations du vendeur

Le vendeur doit :

  • Déclarer son intention d'aliéner à la commune
  • Fournir les informations requises (prix, conditions, etc.)
  • Attendre la décision de la commune
  • Accepter la préemption si la commune l'exerce

Droits et obligations de la commune

La commune :

  • Peut acquérir le bien à des conditions égales à celles proposées au tiers
  • Doit notifier son intention d'exercer le droit dans les délais impartis
  • Doit finaliser l'acquisition dans les délais légaux
  • Doit respecter le prix et les conditions proposées

Droits de l'acquéreur initial

L'acquéreur initial :

  • Peut être évincé si la commune exerce son droit
  • N'a pas de droit particulier de recours contre la préemption
  • Peut négocier avec la commune si elle accepte de modifier les conditions

Cas particuliers

Certaines situations présentent des particularités.

Droits de l'acquéreur qui a été préempté

Si un acquéreur a été préempté et qu'il souhaite acquérir le bien auprès de la commune, celle-ci peut lui proposer une vente ultérieure du bien (par appel d'offres ou gré à gré).

Préemption et droits des héritiers

Dans les successions, le droit de préemption ne s'exerce généralement pas sur le partage des biens entre héritiers. Cependant, il peut s'exercer lors d'une vente ultérieure.

Rôle de l'établissement public foncier

L'établissement public foncier (EPF) peut exercer le droit de préemption conjointement avec la commune ou à sa place. Cela permet une politique foncière coordonnée au niveau régional.

Contentieux et recours

En cas de litige (ex : prix considéré comme insuffisant par le vendeur, non-respect des délais par la commune), les parties peuvent saisir le tribunal pour contester la préemption ou demander l'annulation de la procédure.

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Maître Jullian Hoareau
Avocat au Barreau de Paris
Fondateur de SWIM - Plateforme de mise en relation d’avocats d’affaires