
Le droit de préemption urbain est un droit légal qui permet à une collectivité locale (généralement la commune) d'acquérir un bien immobilier avant tout acheteur privé lorsqu'il est proposé à la vente.
Ce droit est un outil d'aménagement urbain qui permet aux communes de mettre en œuvre une politique foncière et d'urbanisme adaptée à leurs besoins.
Les titulaires du droit de préemption urbain sont :
Le droit de préemption urbain s'exerce sur :
Il ne s'exerce pas sur tous les immeubles, mais uniquement ceux situés dans une zone définie par la commune (secteur de préemption urbain ou SPU).
Certaines conditions doivent être remplies pour que le droit de préemption urbain soit exercé.
La commune doit avoir délimité une zone de préemption urbain (SPU) couvrant le bien. Cette zone doit être définie par délibération du conseil municipal et publiée au fichier immobilier.
Le droit de préemption urbain s'exerce sur tout acte de disposition du bien, c'est-à-dire :
Dans certains cas, le droit ne s'exerce que si le prix dépasse un montant minimum fixé par la commune. Cela évite des exercices inutiles pour des biens de faible valeur.
Le droit de préemption urbain ne s'exerce pas sur :
La procédure de préemption est encadrée par des règles strictes.
Lorsqu'un vendeur souhaite vendre un bien situé dans une zone de préemption, il doit adresser une déclaration d'intention d'aliéner à la commune. Cette déclaration doit mentionner :
La DIA peut être adressée par lettre recommandée avec accusé de réception ou par voie électronique.
La commune dispose d'un délai de 2 mois à compter de la réception de la DIA pour décider si elle exerce ou non son droit de préemption. Ce délai peut être prolongé à 3 mois si la commune demande des précisions.
Si la commune décide d'exercer son droit, elle doit notifier son intention au vendeur par écrit (lettre recommandée). Cette notification met fin aux pourparlers avec l'acquéreur privé.
Si la commune exerce son droit, elle doit acquérir le bien aux conditions proposées par le vendeur (prix et conditions de la vente envisagée). La commune dispose d'un délai supplémentaire pour finaliser l'acquisition.
Si la commune ne notifie pas son intention d'exercer le droit dans le délai imparti, le vendeur peut procéder à la vente auprès de l'acquéreur privé.
La mise en œuvre du droit de préemption entraîne des droits et obligations pour chacune des parties.
Le vendeur doit :
La commune :
L'acquéreur initial :
Certaines situations présentent des particularités.
Si un acquéreur a été préempté et qu'il souhaite acquérir le bien auprès de la commune, celle-ci peut lui proposer une vente ultérieure du bien (par appel d'offres ou gré à gré).
Dans les successions, le droit de préemption ne s'exerce généralement pas sur le partage des biens entre héritiers. Cependant, il peut s'exercer lors d'une vente ultérieure.
L'établissement public foncier (EPF) peut exercer le droit de préemption conjointement avec la commune ou à sa place. Cela permet une politique foncière coordonnée au niveau régional.
En cas de litige (ex : prix considéré comme insuffisant par le vendeur, non-respect des délais par la commune), les parties peuvent saisir le tribunal pour contester la préemption ou demander l'annulation de la procédure.



