
Dirigeant SAS : gérant ou président ?
Statut juridique du président de SAS
SAS : statut du dirigeant et régime social
Rémunération du dirigeant SAS : les options
Salaire du dirigeant SAS et charges sociales
Fiscalité du président SAS : optimiser ses revenus
Erreurs fréquentes du dirigeant de SAS
En SAS, le dirigeant ne s'appelle pas gérant. Le terme de gérant est réservé aux sociétés à responsabilité limitée (SARL) et aux sociétés civiles. En SAS (Société par Actions Simplifiée), le représentant légal porte obligatoirement le titre de président. Cette distinction n'est pas seulement sémantique : elle conditionne le régime social, le mode de rémunération et la fiscalité applicable.
Le président de SAS est le seul organe de direction imposé par la loi (article L. 227-6 du Code de commerce). Les statuts peuvent prévoir d'autres organes — directeur général, comité de direction — mais leur création reste facultative. En SARL, le gérant relève du régime des travailleurs non salariés (TNS). En SAS, le président relève du régime général de la Sécurité sociale. Ce choix de forme sociale a donc un effet direct sur le coût social de la rémunération du dirigeant.
| Critère | Président de SAS | Gérant majoritaire de SARL |
|---|---|---|
| Titre légal | Président | Gérant |
| Régime social | Assimilé salarié (régime général) | Travailleur non salarié (TNS) |
| Cotisations sociales sur rémunération | ~75–80 % du net | ~45 % du net |
| Cotisations sociales sur dividendes | Aucune | Oui, au-delà de 10 % du capital |
| Organe obligatoire | Oui (article L. 227-6) | Oui (article L. 223-18) |
Pour un fondateur qui hésite entre SAS et SARL, ce tableau résume l'essentiel : le coût social est plus élevé en SAS sur le salaire, mais les dividendes y échappent aux cotisations sociales.
Le président de SAS peut être une personne physique ou une personne morale. Aucune condition de nationalité, de résidence ou de diplôme n'est exigée. Un mineur émancipé peut occuper cette fonction. La durée du mandat est librement fixée par les statuts, sans plafond légal.
Le président dispose des pouvoirs les plus étendus pour agir au nom de la société vis-à-vis des tiers. Toute clause statutaire limitant ses pouvoirs est inopposable aux tiers de bonne foi. En pratique, cela signifie qu'un contrat signé par le président engage la société, même si les statuts prévoyaient une autorisation préalable du conseil.
Sa responsabilité peut être engagée sur 3 fondements distincts :
Le président est nommé dans les statuts lors de la constitution, puis par décision collective des associés en cours de vie sociale. Sa révocation peut intervenir à tout moment, selon les conditions prévues par les statuts. Contrairement à la SA, aucune règle légale n'impose de juste motif pour révoquer le président de SAS, sauf stipulation contraire dans les statuts.
La structuration juridique du mandat de président conditionne la protection du dirigeant et la gouvernance de la société. Un accompagnement spécialisé permet d'anticiper les risques.
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Le président de SAS est affilié au régime général de la Sécurité sociale en tant qu'assimilé salarié. Ce statut lui ouvre les mêmes droits que les cadres salariés en matière de couverture maladie, maternité, invalidité et retraite de base et complémentaire (AGIRC-ARRCO).
En revanche, le président de SAS ne cotise pas à l'assurance chômage. Il ne bénéficie donc pas d'allocations chômage en cas de cessation de fonction, sauf s'il cumule son mandat avec un contrat de travail distinct répondant à des conditions strictes (lien de subordination effectif, fonctions techniques séparées du mandat social).
Le taux global de cotisations patronales et salariales représente environ 75 à 82 % du salaire net versé au président. Ce taux inclut les cotisations maladie, vieillesse, allocations familiales, CSG-CRDS et retraite complémentaire.
Exemple concret : pour un salaire net annuel de 60 000 €, le coût total pour la société (salaire brut + charges patronales) se situe entre 105 000 et 109 000 €.
| Poste de cotisation | Taux approximatif (part salariale + patronale) |
|---|---|
| Assurance maladie | ~13 % |
| Assurance vieillesse (base + plafonnée) | ~17 % |
| Retraite complémentaire AGIRC-ARRCO | ~12 % |
| Allocations familiales | ~5,25 % |
| CSG-CRDS | ~9,7 % |
| Autres (AT/MP, FNAL, contribution solidarité) | ~5–6 % |
Ce niveau de cotisations est nettement supérieur à celui du gérant TNS de SARL (~45 % du net), mais il offre une protection sociale plus complète, notamment sur la retraite complémentaire.
Un président de SAS qui ne perçoit aucune rémunération n'est affilié à aucun régime de protection sociale au titre de son mandat. Il ne valide aucun trimestre de retraite et ne bénéficie d'aucune couverture maladie liée à cette fonction. Cette situation concerne fréquemment les fondateurs en phase d'amorçage qui se rémunèrent uniquement en dividendes.
La rémunération du dirigeant SAS n'est pas encadrée par un minimum légal. Le président peut ne percevoir aucune rémunération, ou combiner plusieurs formes de revenus. Les principaux leviers sont les suivants :
L'arbitrage entre ces différentes composantes dépend de 3 variables : le taux marginal d'imposition du dirigeant, le niveau de résultat de la société, et le besoin de protection sociale.
L'optimisation de la rémunération du dirigeant SAS suppose un arbitrage fiscal personnalisé, adapté à la situation de la société et du fondateur.
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Le salaire du dirigeant SAS constitue une charge déductible du résultat imposable de la société. Cette déductibilité réduit l'assiette de l'impôt sur les sociétés (IS), dont le taux est de 25 % en 2026 (taux normal) et de 15 % sur les 42 500 premiers euros de bénéfice pour les PME éligibles.
Prenons un exemple chiffré. Une SAS réalise un résultat avant rémunération du président de 150 000 €. Si le président se verse un salaire net de 60 000 € (coût total société : ~107 000 €), le résultat imposable tombe à 43 000 €. L'IS dû sera d'environ 6 450 € (15 % sur 42 500 € + 25 % sur 500 €). Sans rémunération, l'IS aurait atteint environ 33 250 €.
La différence d'IS (26 800 €) est absorbée par les cotisations sociales (~47 000 €). Le dirigeant acquiert en contrepartie des droits à la retraite et une couverture sociale complète.
| Critère | Salaire du président | Dividendes |
|---|---|---|
| Cotisations sociales | ~75–82 % du net | 0 % (SAS) |
| Déductibilité IS | Oui | Non (distribués après IS) |
| Imposition IR | Barème progressif (0 à 45 %) | Flat tax 30 % ou barème sur option |
| Droits retraite | Oui | Non |
| Couverture maladie | Oui | Non |
Pour un dirigeant dont le taux marginal d'imposition dépasse 30 %, les dividendes soumis à la flat tax de 30 % (prélèvement forfaitaire unique, composé de 12,8 % d'IR + 17,2 % de prélèvements sociaux) deviennent fiscalement plus avantageux que le salaire. Toutefois, cette stratégie réduit la protection sociale et les droits à la retraite.
La fiscalité du président SAS repose sur un double niveau d'imposition : l'impôt sur les sociétés (IS) au niveau de la SAS, puis l'impôt sur le revenu (IR) au niveau personnel du dirigeant.
L'optimisation consiste à déterminer le point d'équilibre entre :
Pour un dirigeant dont le taux marginal d'IR est de 30 %, le coût global (IS + flat tax) des dividendes s'établit à environ 47,5 % du bénéfice brut (25 % d'IS + 30 % de PFU sur le solde). Le coût global du salaire (cotisations + IR à 30 %) peut dépasser 55 % du montant brut versé par la société. L'écart se réduit lorsque le taux marginal d'IR descend à 11 %.
Le dirigeant peut renoncer à la flat tax et opter pour l'imposition des dividendes au barème progressif de l'IR, avec un abattement de 40 %. Cette option est avantageuse lorsque le taux marginal effectif après abattement est inférieur à 12,8 %. En pratique, cela concerne les dirigeants dont le revenu imposable global reste dans la tranche à 11 %.
Le président de SAS peut bénéficier d'un Plan d'Épargne Entreprise (PEE) et d'un Plan d'Épargne Retraite (PER) d'entreprise, à condition que la SAS emploie au moins 1 salarié en plus du dirigeant. Les versements de l'entreprise (abondement) sont déductibles du résultat et exonérés de cotisations sociales dans certaines limites. Le plafond d'abondement PEE est de 3 709,44 € en 2025 (indexé annuellement).
L'optimisation fiscale du dirigeant SAS nécessite une analyse croisée de la situation personnelle et de celle de la société.
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Certaines erreurs reviennent régulièrement dans la gestion du statut de dirigeant SAS. Elles ont des conséquences financières ou juridiques directes.
Ne pas se verser de rémunération pendant plusieurs années. Le dirigeant ne valide aucun trimestre de retraite et perd toute couverture sociale. En cas d'arrêt maladie ou d'accident, il ne perçoit aucune indemnité journalière.
Confondre compte courant d'associé et rémunération. Les avances en compte courant ne constituent pas une rémunération. Elles n'ouvrent aucun droit social et leur remboursement n'est pas garanti en cas de procédure collective.
Distribuer des dividendes sans vérifier la trésorerie disponible. Les dividendes sont distribués sur les bénéfices comptables, mais si la trésorerie ne suit pas, la société peut se retrouver en difficulté de paiement. Le commissaire aux comptes (lorsqu'il est désigné) ou l'expert-comptable doit valider la capacité distributive.
Omettre de formaliser la rémunération par une décision collective. L'absence de procès-verbal fixant la rémunération du président expose à une requalification par l'administration fiscale en distribution occulte, taxée à 30 % de PFU majoré de pénalités.
Cumuler mandat social et contrat de travail sans lien de subordination réel. L'URSSAF et Pôle emploi (France Travail depuis 2024) contrôlent la réalité du lien de subordination. Un contrat de travail fictif peut entraîner un redressement de cotisations et la perte des droits au chômage.
Sources :
Oui, à condition que le contrat de travail corresponde à des fonctions techniques distinctes du mandat social et qu'un lien de subordination réel existe avec la société. En pratique, ce cumul est difficile à justifier pour un associé majoritaire. France Travail et l'URSSAF vérifient la réalité de ce lien lors de contrôles.
Non. Contrairement au gérant majoritaire de SARL, le président de SAS ne paie aucune cotisation sociale sur les dividendes perçus. Ils sont soumis au prélèvement forfaitaire unique de 30 % (flat tax), ou au barème progressif de l'IR sur option avec un abattement de 40 %.
Le coût total pour la société se situe entre 8 750 € et 9 100 € par mois, soit entre 105 000 € et 109 000 € par an. Ce montant inclut le salaire brut et l'ensemble des cotisations patronales (maladie, retraite, allocations familiales, CSG-CRDS).
Non. Sans rémunération, le président n'est affilié à aucun régime de protection sociale au titre de son mandat. Il ne valide aucun trimestre de retraite et ne bénéficie d'aucune indemnité en cas de maladie ou d'accident. Il peut toutefois être couvert par la PUMA (Protection Universelle Maladie) au titre de sa résidence en France.
Cela dépend du taux marginal d'imposition du dirigeant. Au-delà de 30 %, les dividendes soumis à la flat tax sont généralement moins coûteux que le salaire. En dessous de 30 %, le salaire peut être préférable car il ouvre des droits à la retraite et à la couverture maladie, tout en réduisant l'IS de la société.
Chapitre VII : Des sociétés par actions simplifiées (Articles L227-1 à L227-20-1) - Légifrance
Dirigeants dits assimilés-salariés - Welcome to France (Business France / Urssaf)
Créations de sociétés selon la forme juridique - Insee
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