
Diagnostic égalité professionnelle : définition et contexte légal
Entreprises concernées : seuils et obligations
Les 5 indicateurs de l'index égalité homme-femme
Comment calculer et publier l'index chaque année
Score insuffisant : mesures correctives et délais
Lien entre diagnostic et négociation obligatoire
Sanctions et risques en cas de non-conformité
Le diagnostic égalité professionnelle désigne l'analyse chiffrée des écarts de traitement entre les femmes et les hommes au sein d'une entreprise. Il porte sur les rémunérations, les promotions, les augmentations et les conditions d'emploi. Ce diagnostic constitue le socle de l'index égalité femmes-hommes, instauré par la loi du 5 septembre 2018 dite « loi Avenir professionnel » et codifié aux articles L. 1142-7 à L. 1142-11 du Code du travail.
L'objectif du législateur est de rendre mesurables les inégalités salariales entre les sexes. Selon les données du ministère du Travail publiées en mars 2024, la note moyenne des entreprises déclarantes s'établissait à 88/100. Ce chiffre masque toutefois des disparités : environ 6 % des entreprises déclarantes affichaient un score inférieur à 75/100, seuil en dessous duquel des mesures correctives deviennent obligatoires.
Le diagnostic ne se limite pas à un exercice statistique. Il alimente directement la négociation collective sur l'égalité professionnelle et conditionne la conformité de l'entreprise vis-à-vis de l'inspection du travail. Pour un directeur général, il représente à la fois un outil de pilotage RH et une obligation juridique dont le non-respect entraîne des conséquences financières précises.
L'obligation de calculer et publier l'index s'applique à toute entreprise employant au moins 50 salariés. Ce seuil s'apprécie en effectif annuel moyen, selon les règles de décompte prévues par le Code du travail (articles L. 130-1 et suivants du Code de la sécurité sociale).
Le calendrier de mise en conformité a été progressif lors de l'entrée en vigueur du dispositif :
| Taille de l'entreprise | Date d'obligation initiale | Nombre d'indicateurs |
|---|---|---|
| 1 000 salariés et plus | 1er mars 2019 | 5 |
| 250 à 999 salariés | 1er septembre 2019 | 5 |
| 50 à 249 salariés | 1er mars 2020 | 4 |
Les entreprises de moins de 50 salariés ne sont pas soumises à cette obligation. En revanche, elles restent tenues au principe général d'égalité de rémunération prévu par l'article L. 3221-2 du Code du travail.
Pour les groupes de sociétés, chaque entité juridique employant au moins 50 salariés doit calculer et publier son propre index. Il n'existe pas de consolidation au niveau du groupe.
Structurer le diagnostic égalité professionnelle nécessite une lecture croisée du droit du travail et des données de paie propres à l'entreprise.
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L'index égalité homme-femme est noté sur 100 points. Il repose sur 5 indicateurs pour les entreprises de 250 salariés et plus, et 4 indicateurs pour celles de 50 à 249 salariés.
Cet indicateur mesure l'écart moyen de rémunération entre les femmes et les hommes, par tranche d'âge et par catégorie de postes équivalents. La rémunération prise en compte inclut le salaire de base, les primes et les avantages en nature. Un seuil de tolérance de 5 % est appliqué avant toute pénalisation.
Il compare la proportion de femmes et d'hommes ayant bénéficié d'une augmentation individuelle au cours de l'année. Pour les entreprises de 50 à 249 salariés, cet indicateur intègre également les promotions (il est alors noté sur 35 points).
Applicable uniquement aux entreprises de 250 salariés et plus, il mesure l'écart entre la proportion de femmes promues et la proportion d'hommes promus.
L'entreprise obtient la totalité des points si 100 % des salariées de retour de congé maternité ont bénéficié d'une augmentation, lorsque des augmentations ont été accordées pendant leur absence. Cet indicateur est binaire : 15 ou 0.
Il vérifie la présence d'au moins 4 femmes (ou 4 hommes) parmi les 10 rémunérations les plus élevées de l'entreprise.
| Indicateur | Objet | Points | Applicable dès 50 salariés |
|---|---|---|---|
| 1 | Écart de rémunération | 40 | Oui |
| 2 | Augmentations individuelles | 20 (ou 35) | Oui |
| 3 | Promotions | 15 | Non (≥ 250 uniquement) |
| 4 | Retour congé maternité | 15 | Oui |
| 5 | Hautes rémunérations | 10 | Oui |
Lorsqu'un indicateur n'est pas calculable (effectif insuffisant dans une catégorie), les points correspondants sont redistribués proportionnellement. Si le total des indicateurs calculables représente moins de 75 points, l'index ne peut pas être publié et l'entreprise doit le signaler.
Le calcul porte sur les données de l'année civile précédente. L'entreprise doit extraire de son système de paie les rémunérations brutes annuelles reconstituées en équivalent temps plein. Les salariés absents plus de 6 mois (hors congé maternité) sont exclus du calcul. Les apprentis, les contrats de professionnalisation et les salariés mis à disposition par une entreprise extérieure sont également exclus.
Le ministère du Travail met à disposition un tableur de calcul (fichier Excel) et la plateforme en ligne Egapro (egapro.travail.gouv.fr), qui permet de saisir les données et d'obtenir automatiquement la note.
La publication doit intervenir au plus tard le 1er mars de chaque année. L'entreprise doit :
Depuis la loi Rixain du 24 décembre 2021, les entreprises dont le score est inférieur à 85/100 doivent également publier les objectifs de progression fixés pour chaque indicateur.
La conformité du calcul et de la publication de l'index repose sur des règles techniques précises, dont l'interprétation peut varier selon la structure de l'entreprise.
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Lorsque la note obtenue est inférieure à 75 points sur 100, l'entreprise dispose d'un délai de 3 ans pour atteindre ce seuil. Ce délai court à compter de la publication du premier index non conforme.
L'entreprise doit définir et publier des mesures de correction et des objectifs de progression pour chaque indicateur défaillant. Ces mesures doivent être :
Les mesures concrètes varient selon les indicateurs concernés : enveloppe de rattrapage salarial, politique de promotion ciblée, systématisation des augmentations au retour de congé maternité, ou encore révision des critères de rémunération variable.
L'inspection du travail peut demander à tout moment la communication des données ayant servi au calcul. Si au terme des 3 ans le score reste inférieur à 75/100, l'entreprise s'expose à la pénalité financière prévue à l'article L. 1142-10 du Code du travail.
Le diagnostic égalité professionnelle alimente directement la négociation obligatoire sur l'égalité professionnelle et la qualité de vie au travail (article L. 2242-1 du Code du travail). Cette négociation doit être engagée au moins tous les 4 ans en présence d'un accord de méthode, ou tous les ans à défaut.
L'accord négocié doit comporter :
En l'absence d'accord, l'entreprise doit établir un plan d'action unilatéral déposé auprès de la Dreets. Le défaut de négociation ou de plan d'action constitue une infraction distincte, sanctionnée indépendamment du non-respect de l'index.
Le diagnostic sert donc de base factuelle à la négociation. Sans données fiables sur les écarts de rémunération et de promotion, la négociation ne peut aboutir à des engagements crédibles ni à des objectifs mesurables.
L'articulation entre le diagnostic, l'index et la négociation collective suppose une coordination juridique et opérationnelle rigoureuse.
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Le dispositif prévoit plusieurs niveaux de sanctions, cumulables entre elles.
L'article L. 1142-10 du Code du travail prévoit une pénalité pouvant atteindre 1 % de la masse salariale annuelle brute. Cette pénalité s'applique dans 3 cas :
Le montant exact est fixé par la Dreets après mise en demeure. L'entreprise dispose d'un délai pour régulariser sa situation avant l'application effective de la pénalité.
L'inspection du travail peut adresser une mise en demeure à l'entreprise qui ne publie pas son index ou ne transmet pas ses résultats. Le délai de mise en conformité est généralement fixé à 1 mois. En cas de non-réponse, la procédure de sanction financière est engagée.
| Type de risque | Fondement | Conséquence |
|---|---|---|
| Pénalité administrative | Art. L. 1142-10 C. trav. | Jusqu'à 1 % de la masse salariale |
| Absence de négociation égalité | Art. L. 2242-8 C. trav. | Pénalité jusqu'à 1 % de la masse salariale |
| Discrimination salariale | Art. L. 3221-2 C. trav. | Rappels de salaire + dommages-intérêts |
| Atteinte à l'image | Publication obligatoire | Visibilité publique du score sur Egapro |
Les 2 pénalités (index et négociation) sont cumulables. Une entreprise qui ne publie pas son index et ne négocie pas sur l'égalité professionnelle s'expose donc à une pénalité pouvant atteindre 2 % de sa masse salariale annuelle.
Depuis 2023, les résultats de l'index sont rendus publics sur le site du ministère du Travail. Un score faible ou une absence de déclaration sont donc visibles par les partenaires commerciaux, les investisseurs et les candidats au recrutement.
Toute entreprise employant au moins 50 salariés en effectif annuel moyen doit calculer et publier l'index chaque année avant le 1er mars. Ce seuil s'apprécie par entité juridique, y compris au sein d'un groupe.
Lorsque les indicateurs calculables représentent moins de 75 points sur 100 (en raison d'effectifs insuffisants dans certaines catégories), l'index ne peut pas être publié. L'entreprise doit néanmoins déclarer cette situation sur la plateforme Egapro et transmettre les indicateurs disponibles au CSE.
L'entreprise dispose de 3 ans à compter de la première publication d'un score inférieur à 75/100 pour atteindre ce seuil. Pendant ce délai, elle doit publier des mesures correctives et des objectifs de progression chaque année.
Non. La Dreets adresse d'abord une mise en demeure à l'entreprise, qui dispose d'un délai pour se mettre en conformité. Le montant de la pénalité (jusqu'à 1 % de la masse salariale) est fixé par l'administration en tenant compte des efforts de l'entreprise et des motifs de défaillance.
Non. L'index et la négociation sont deux obligations distinctes. L'index fournit les données chiffrées qui alimentent la négociation, mais l'entreprise doit engager séparément la négociation sur l'égalité professionnelle et la qualité de vie au travail, sous peine d'une pénalité financière supplémentaire.
Index égalité professionnelle H/F (Art. L1142-7 à L1142-13) - Légifrance
Résultats de l'Index égalité professionnelle et de la loi Rixain pour 2025 - Ministère du Travail
Index de l'égalité professionnelle : quel bilan depuis son entrée en vigueur ? - DARES
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