
Jullian Hoareau

Accédez en -24h à un avocat d'affaires sélectionné parmi les meilleurs, à des honoraires maîtrisés.
Client BTP en procédure collective : les premiers réflexes
Délai de deux mois : point de départ et forclusion
Contenu de la déclaration et pièces justificatives
Situations de travaux, retenue de garantie et pénalités
Sous-traitant : action directe contre le maître d'ouvrage
Contrats en cours : continuer le chantier ou l'arrêter
Relevé de forclusion et contestation de la créance
Checklist de l'entreprise de BTP créancière
Une PME du BTP apprend souvent la défaillance d'un client par une situation de travaux impayée, puis par un courrier du mandataire judiciaire. La déclaration de créance devient alors la priorité : c'est l'acte par lequel l'entreprise fait connaître ce que le client lui doit, afin de participer aux répartitions.
Une procédure collective est le traitement judiciaire des difficultés d'une entreprise, sous forme de sauvegarde, de redressement ou de liquidation judiciaire. Dès l'ouverture, le client ne peut plus payer librement ses dettes nées avant le jugement : les relances amiables ne suffisent donc plus.
Les premiers réflexes tiennent en 4 gestes :
La déclaration engage les droits de l'entreprise sur tous les chantiers concernés : son périmètre se vérifie avant l'envoi.
Échanger avec un avocat en restructuring et difficulté des entreprises
Le délai de déclaration est de 2 mois à compter de la publication du jugement d'ouverture au BODACC (article R622-24 du code de commerce). Ni la date du jugement ni la date à laquelle l'entreprise en a eu connaissance ne modifient ce point de départ. Le délai est augmenté de 2 mois pour les créanciers qui ne demeurent pas en France métropolitaine, lorsque la procédure est ouverte en métropole.
Les créanciers titulaires d'une sûreté publiée, c'est-à-dire une garantie inscrite sur un registre public, ou liés par un contrat publié, sont avertis personnellement. Selon l'article L622-24, le délai court pour eux à compter de cet avertissement.
| Situation du créancier | Point de départ du délai | Durée |
|---|---|---|
| Établi en France métropolitaine | Publication du jugement au BODACC | 2 mois |
| Établi hors de France métropolitaine | Publication du jugement au BODACC | 2 mois + 2 mois |
| Titulaire d'une sûreté ou d'un contrat publié | Avertissement personnel | 2 mois |
La forclusion est la perte d'un droit faute de l'avoir exercé dans le délai. Selon l'article L622-26, le créancier défaillant n'est pas admis dans les répartitions et dividendes, c'est-à-dire les paiements distribués aux créanciers. Sa créance devient aussi inopposable au débiteur pendant l'exécution du plan et après celle-ci : il ne peut plus en exiger le paiement.
La déclaration est adressée au mandataire judiciaire en redressement, ou au liquidateur en liquidation judiciaire. Selon l'article L622-24, elle peut être faite par le créancier, par un préposé, c'est-à-dire un salarié agissant pour l'entreprise, ou par tout mandataire de son choix.
Le code de commerce impose d'indiquer le montant dû au jour du jugement, les sommes à échoir avec leurs échéances et la nature de la garantie éventuelle. Une déclaration imprécise expose ainsi l'entreprise à une contestation.
| Élément de la déclaration | Contenu attendu pour une entreprise de BTP |
|---|---|
| Identification | Raison sociale, numéro SIREN, coordonnées du signataire |
| Sommes échues | Situations de travaux et factures impayées au jour du jugement |
| Sommes à échoir | Retenue de garantie non libérée, échéances futures |
| Garanties | Caution, sûreté publiée, qualité de sous-traitant |
| Justificatifs | Marché, avenants, situations, procès-verbaux de réception |
Une situation de travaux validée par le maître d'œuvre facilite le contrôle du mandataire, car elle atteste l'avancement constaté sur le chantier.
Le chiffrage des sommes échues et à échoir conditionne l'admission de la créance au passif du client.
Faire relire sa déclaration par un avocat en difficultés des entreprises
Les situations de travaux sont des paiements d'acompte calculés sur l'avancement du chantier. Celles qui portent sur des travaux exécutés avant le jugement constituent des créances antérieures et se déclarent, même si leur échéance tombe après.
La retenue de garantie est une fraction de chaque situation conservée par le maître d'ouvrage pour garantir la levée des réserves. La part afférente aux travaux antérieurs se déclare comme créance à échoir, avec sa date prévisible de libération. Les intérêts et pénalités de retard stipulés au marché suivent la même logique lorsqu'ils sont nés avant le jugement.
Le sous-traitant dont l'entrepreneur principal fait l'objet d'une procédure collective dispose d'un recours propre. La loi n° 75-1334 du 31 décembre 1975 relative à la sous-traitance lui ouvre une action directe contre le maître de l'ouvrage dans les marchés privés, et le paiement direct dans les marchés publics.
L'action directe permet de réclamer le paiement au maître d'ouvrage, sans passer par l'entrepreneur principal défaillant. Elle suppose toutefois que le sous-traitant ait été accepté et que ses conditions de paiement aient été agréées par le maître d'ouvrage. Un sous-traitant non présenté au maître d'ouvrage ne peut donc pas s'en prévaloir.
Cette action ne dispense pas de déclarer la créance au passif de l'entrepreneur principal. En effet, le maître d'ouvrage ne paie que dans la limite de ce qu'il doit encore à l'entrepreneur principal : la part non couverte relève de la procédure collective.
Le cumul de l'action directe et de la déclaration au passif suppose de vérifier la situation contractuelle du sous-traitant.
Consulter un avocat en restructuring pour un dossier de sous-traitance
Un marché de travaux non achevé au jour du jugement est un contrat en cours. Les articles L622-13 et L641-11-1 du code de commerce posent une règle nette : aucune résiliation ne peut résulter du seul fait de l'ouverture de la procédure.
L'entreprise de BTP doit donc continuer à remplir ses obligations, alors même que des situations antérieures restent impayées. Ce défaut de paiement ouvre seulement droit à une déclaration au passif. Interrompre le chantier pour ce seul motif n'est pas une option prévue par la loi.
L'administrateur judiciaire, ou le liquidateur en liquidation, a seul la faculté d'exiger la poursuite du contrat. L'entreprise peut l'interroger par écrit sur ses intentions afin de savoir si le chantier continue.
Une entreprise qui a laissé passer le délai peut demander au juge-commissaire, magistrat chargé de suivre la procédure, un relevé de forclusion. L'article L622-26 admet 2 motifs :
Cette voie reste exceptionnelle et suppose de démontrer précisément l'un de ces motifs.
Après la déclaration, le mandataire vérifie la créance et peut la contester en tout ou partie. Le juge-commissaire statue ensuite sur son admission ou son rejet. Une déclaration complète et justifiée limite donc les discussions sur le montant ou la nature des sommes.
Un relevé de forclusion ou une créance contestée exige de documenter la défaillance ou le montant discuté.
Être accompagné par un avocat en difficultés des entreprises
Pour une PME qui gère elle-même ses impayés, cette liste sert de calendrier de contrôle pour chaque client en procédure collective.
Le délai est de 2 mois à compter de la publication du jugement d'ouverture au BODACC. Il est augmenté de 2 mois pour les créanciers qui ne demeurent pas en France métropolitaine.
Au mandataire judiciaire en redressement judiciaire, au liquidateur en liquidation judiciaire. Leur nom figure dans l'annonce publiée au BODACC.
Oui, la part afférente aux travaux exécutés avant le jugement se déclare comme créance à échoir. La déclaration précise sa date prévisible de libération.
Le créancier n'est pas admis dans les répartitions et dividendes. Il peut demander un relevé de forclusion au juge-commissaire s'il prouve que sa défaillance n'est pas due à son fait ou résulte d'une omission du débiteur.
Oui. L'action directe ne couvre que les sommes que le maître d'ouvrage doit encore à l'entrepreneur principal. La déclaration au passif protège la part restante.
Déclarer une créance auprès d'un partenaire en procédure collective - Entreprendre.Service-Public.fr
Article L622-24 du Code de commerce : déclaration des créances - Légifrance
Article R622-24 du Code de commerce : délai de deux mois - Légifrance
SWIM LEGAL est une alternative au cabinet d'avocats traditionnel pour les besoins juridiques des entreprises. Incubé par le Barreau de Paris, SWIM a reçu le Prix de l'Innovation pour sa solution permettant à toute entreprise, quelle que soit sa taille ou sa localisation, d'accéder rapidement via la plateforme à des avocats d'affaires expérimentés. Les entreprises peuvent déposer leur besoin — qu'il s'agisse d'un dossier, d'une consultation ou d'un renfort temporaire — de manière confidentielle et recevoir des propositions d'avocats pour répondre rapidement à leur demande.
Avocat au Barreau de Paris (Toque L086), fondateur de SWIM LEGAL
Besoin d'un regard d'avocat sur votre situation ? Nos équipes vous accompagnent sur ces sujets.
Les modèles liés à cet article, prêts à adapter à votre situation.
Pour approfondir le sujet, d'autres analyses rédigées par nos avocats.
Besoin d'un juriste freelance, d'un conseil ou d'aide sur un litige ?


