
Jullian Hoareau

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Révocation d'un dirigeant : les principes communs aux sociétés
SARL : majorité requise et juste motif du gérant
SA : révocation ad nutum ou pour juste motif
SAS : des conditions fixées par les statuts
Contradictoire et révocation abusive : les risques
Formalités après la révocation et sécurisation de la décision
La révocation d'un dirigeant est la décision qui met fin au mandat social avant son terme. Elle se distingue du licenciement, qui rompt un contrat de travail : un dirigeant également salarié peut perdre son mandat et conserver son emploi.
Les conditions de révocation d'un dirigeant reposent sur 3 questions, dont la réponse change selon la forme sociale :
Le principe du contradictoire s'applique dans toutes les formes : le dirigeant doit connaître les griefs et pouvoir s'expliquer avant le vote.
Identifier l'organe compétent et la majorité applicable conditionne la solidité de la révocation.
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En SARL, le gérant est révoqué par les associés représentant plus de la moitié des parts sociales, sauf majorité statutaire plus forte. Cette règle (articles L. 223-25 et L. 223-29 du Code de commerce) vise les parts et non les associés présents : dans une SARL de 1 000 parts, il faut au moins 501 voix au premier vote (les statuts peuvent exiger une majorité plus forte) ; à défaut, sauf stipulation contraire des statuts, une seconde consultation tranche à la majorité des votes émis.
Sans juste motif, le gérant peut obtenir des dommages-intérêts, mais la décision reste valable.
Le même article ouvre une révocation judiciaire : tout associé, notamment minoritaire, peut demander au tribunal de révoquer le gérant pour cause légitime.
| Point | Règle en SARL |
|---|---|
| Organe compétent | Collectivité des associés |
| Majorité | Plus de la moitié des parts sociales, puis majorité des votes émis à la seconde consultation (sauf stipulation contraire) ; majorité statutaire plus forte possible |
| Juste motif | Non requis pour révoquer, son absence ouvre droit à dommages-intérêts |
| Voie judiciaire | Ouverte à tout associé pour cause légitime |
En SA, le régime dépend de la fonction : certains mandats sont révocables ad nutum, c'est-à-dire à tout moment et sans motif.
Les administrateurs sont révocables ad nutum par l'assemblée générale ordinaire. Selon l'article L. 225-55 du Code de commerce, le conseil d'administration peut révoquer à tout moment le directeur général et, sur proposition de celui-ci, les directeurs généraux délégués.
Une révocation sans juste motif peut toutefois donner lieu à dommages-intérêts, sauf pour le PDG, qui préside aussi le conseil, sous réserve d'une révocation abusive.
| Fonction | Organe qui révoque | Indemnisation sans juste motif |
|---|---|---|
| Administrateur | Assemblée générale ordinaire | Non |
| Directeur général | Conseil d'administration | Oui |
| PDG | Conseil d'administration | Non |
| Directeur général délégué | Conseil d'administration, sur proposition du directeur général | Oui |
En SA, la fonction exacte du dirigeant détermine le risque d'indemnisation avant la réunion du conseil.
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En SAS, l'article L. 227-5 du Code de commerce confie aux statuts le soin de fixer les conditions de révocation du président. Ils déterminent :
Le Code de commerce ne fixe aucune majorité propre : une révocation votée par un organe non désigné, ou à une majorité inférieure à celle prévue, encourt la contestation.
Une révocation est abusive lorsqu'elle est brutale ou vexatoire, ou que le dirigeant n'a pu s'expliquer. Ce risque existe dans les 3 formes, même lorsque la révocation est libre.
Le contradictoire impose d'inscrire la révocation à l'ordre du jour, d'informer le dirigeant des motifs et de lui laisser le temps de répondre. L'abus ouvre droit à des dommages-intérêts distincts de ceux dus pour absence de juste motif.
L'annulation n'est plus automatique : depuis le 1er octobre 2025, l'ordonnance n° 2025-229 du 12 mars 2025 rend la nullité d'une décision sociale facultative, le juge appréciant l'influence de l'irrégularité. L'action en nullité se prescrit par 2 ans.
Le respect du contradictoire se prépare dès la convocation de l'organe qui statue.
Sécuriser une révocation avec un avocat en gouvernance
La révocation doit être rendue publique pour que les tiers connaissent le nouveau représentant. Selon Bpifrance Création, le changement de dirigeant se déclare via le guichet unique, qui met à jour le Registre national des entreprises (RNE) et le Registre du commerce et des sociétés (RCS). Un avis paraît aussi dans un support d'annonces légales du lieu du siège, mentionnant le nouveau dirigeant et l'ancien.
Pour prouver la régularité de la décision, la société conserve :
En cas de conflit entre associés, SWIM LEGAL, plateforme d'avocats d'affaires indépendants, permet de faire vérifier ces pièces au regard des statuts.
Oui, par les associés représentant plus de la moitié des parts sociales (à défaut, majorité des votes émis à la seconde consultation, sauf stipulation contraire des statuts), sauf majorité statutaire plus forte. Le gérant peut alors obtenir des dommages-intérêts, mais la décision reste valable.
Cela dépend des statuts, qui fixent l'organe compétent, la majorité et l'éventuelle exigence d'un juste motif. Le contradictoire reste dû dans tous les cas.
C'est une révocation possible à tout moment, sans motif. En SA, elle vise les administrateurs, révocables par l'assemblée générale ordinaire.
Oui, en cas d'absence de juste motif lorsque la loi l'exige, ou de révocation abusive. Ce second cas couvre une décision brutale, vexatoire ou prise sans que le dirigeant ait pu s'exprimer.
La société déclare le changement au guichet unique pour mettre à jour le RNE et le RCS. Elle publie aussi un avis dans un support d'annonces légales du lieu du siège.
Article L223-25 du Code de commerce - Légifrance
Article L225-55 du Code de commerce - Légifrance
La nomination d'un nouveau dirigeant - Bpifrance Création
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Avocat au Barreau de Paris (Toque L086), fondateur de SWIM LEGAL
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