Conditions Générales de Vente (CGV) : définition, obligations et rédaction

Guides & Ressources pratiques
22 Jan 2026
-
12
min
Points clés de l'article
  1. Les conditions générales de vente constituent le socle contractuel de toute relation commerciale : elles fixent les règles du jeu entre un vendeur et ses clients.
  2. En B2B, la communication des CGV est obligatoire dès qu'un acheteur en fait la demande. En B2C et en e-commerce, elles doivent être accessibles avant tout achat.
  3. Les CGV se distinguent des conditions particulières, qui viennent adapter ou compléter le cadre général pour un client ou une opération spécifique.
  4. Certaines mentions sont imposées par le Code de commerce et le Code de la consommation : prix, délais de livraison, garanties, modalités de paiement, pénalités de retard.
  5. Un modèle générique ne couvre pas les risques propres à chaque activité : la rédaction sur mesure par un avocat reste le levier de sécurisation le plus fiable.

Sommaire

CGV : définition et rôle essentiel

CGV obligatoires : ce que dit la loi

Différence entre CGV et conditions particulières

Mentions indispensables dans vos CGV

CGV site internet : règles spécifiques e-commerce

Rédaction des CGV : méthode étape par étape

Erreurs fréquentes à éviter absolument

Faire du sur-mesure avec un avocat ou prendre un modèle ?

FAQ

Pour aller plus loin

CGV : définition et rôle essentiel

Les conditions générales de vente (CGV) désignent le document contractuel dans lequel un professionnel détaille les règles applicables à la vente de ses produits ou à la fourniture de ses services. Elles forment, selon l'article L.441-1 du Code de commerce, « le socle unique de la négociation commerciale ». En pratique, ce document fixe les droits et obligations de chaque partie avant même la signature d'un contrat spécifique.

Pour un dirigeant ou un fondateur, les CGV remplissent 3 fonctions concrètes. D'abord, elles encadrent la relation commerciale en définissant les modalités de commande, de livraison, de paiement et de résolution des litiges. Ensuite, elles limitent l'exposition au risque en prévoyant des clauses de responsabilité, de réserve de propriété ou de force majeure. Enfin, elles créent un cadre opposable : dès lors qu'un client accepte les CGV, il ne peut plus contester les règles qu'elles contiennent, sauf disposition contraire d'ordre public.

L'absence de CGV ne signifie pas l'absence de règles. Le droit commun des contrats (articles 1101 et suivants du Code civil) s'applique par défaut. Toutefois, ce cadre supplétif est rarement favorable au vendeur. Sans CGV, c'est le juge qui tranchera les zones d'ombre — délais de paiement, responsabilité en cas de retard, conditions de retour — selon des règles que l'entreprise n'aura pas choisies.

Selon une étude de la DGCCRF publiée en 2023, 30 % des contrôles réalisés auprès de sites e-commerce français ont révélé des anomalies liées aux CGV : mentions absentes, clauses abusives ou informations précontractuelles incomplètes. Ce chiffre illustre un décalage fréquent entre l'obligation légale et la réalité des pratiques.

CGV obligatoires : ce que dit la loi

Le caractère obligatoire des CGV dépend du type de clientèle visée et du canal de vente utilisé.

En B2B : communication sur demande

L'article L.441-1 du Code de commerce impose à tout professionnel de communiquer ses CGV à un acheteur qui en fait la demande. Le refus de communication constitue une pratique restrictive de concurrence, sanctionnée par une amende administrative pouvant atteindre 75 000 € pour une personne physique et 375 000 € pour une personne morale. En revanche, la loi n'oblige pas à rédiger des CGV si l'entreprise n'en dispose pas encore — mais elle devra alors négocier chaque contrat individuellement, ce qui alourdit considérablement la gestion commerciale.

En B2C : obligation d'information précontractuelle

Le Code de la consommation (articles L.111-1 et suivants) impose au vendeur de fournir au consommateur, avant la conclusion du contrat, un ensemble d'informations obligatoires : caractéristiques du bien ou du service, prix, délai de livraison, droit de rétractation, garanties légales. Les CGV constituent le support naturel de ces informations. Leur absence expose l'entreprise à des sanctions de la DGCCRF et fragilise la validité du consentement du client.

Sanctions en cas de manquement

Situation Risque juridique Sanction possible
Refus de communication des CGV en B2B Pratique restrictive de concurrence Amende jusqu'à 375 000 € (personne morale)
Absence d'information précontractuelle en B2C Manquement au Code de la consommation Amende administrative jusqu'à 15 000 € (personne morale)
Clauses abusives dans les CGV Nullité de la clause Amende jusqu'à 300 000 € en cas de récidive

Structurer ses CGV dès le lancement d'une activité commerciale permet d'éviter ces risques et de poser un cadre contractuel clair.
Découvrir les avocats spécialisés en contrats commerciaux

Différence entre CGV et conditions particulières

Les CGV définissent les règles générales applicables à l'ensemble des clients d'une entreprise. Les conditions particulières (CP) viennent, elles, adapter ce cadre à une situation spécifique : un client donné, un volume de commande inhabituel, un délai de livraison négocié ou un tarif préférentiel.

En droit français, les conditions particulières prévalent sur les conditions générales en cas de contradiction. Ce principe, issu de l'article 1119 du Code civil, signifie qu'une clause négociée individuellement l'emporte sur la clause standard. Par conséquent, les CGV jouent le rôle de filet de sécurité : elles couvrent tout ce qui n'a pas été négocié spécifiquement.

En pratique, cette articulation se traduit de la manière suivante :

  • CGV : applicables par défaut à toute commande, sans négociation préalable.
  • Conditions particulières : rédigées pour un contrat ou un client précis, signées par les deux parties.
  • Hiérarchie contractuelle : en cas de conflit, les CP s'appliquent ; pour tout le reste, les CGV prennent le relais.

Cette distinction est particulièrement utile pour les entreprises qui gèrent à la fois des clients standards et des comptes stratégiques. Les CGV sécurisent le flux courant. Les conditions particulières permettent la flexibilité commerciale sans remettre en cause l'ensemble du dispositif contractuel.

Mentions indispensables dans vos CGV

Le contenu des conditions générales de vente varie selon l'activité, mais certaines mentions sont imposées par la loi ou fortement recommandées pour éviter tout litige.

Mentions obligatoires en B2B (Code de commerce)

  • Conditions de vente : barème des prix unitaires, réductions de prix (rabais, remises, ristournes).
  • Délais de paiement : le délai légal est de 30 jours à compter de la réception des marchandises ou de l'exécution de la prestation, sauf accord entre les parties dans la limite de 60 jours (ou 45 jours fin de mois).
  • Pénalités de retard : le taux minimal est égal à 3 fois le taux d'intérêt légal. En 2024, le taux d'intérêt légal applicable aux professionnels est de 5,07 %, soit un taux plancher de pénalités de 15,21 %.
  • Indemnité forfaitaire de recouvrement : 40 € par facture impayée (article D.441-5 du Code de commerce).

Mentions obligatoires en B2C (Code de la consommation)

  • Caractéristiques du bien ou du service
  • Prix TTC
  • Date ou délai de livraison
  • Droit de rétractation (14 jours pour la vente à distance)
  • Garantie légale de conformité (2 ans) et garantie des vices cachés
  • Coordonnées du médiateur de la consommation

Clauses recommandées (B2B et B2C)

Clause Fonction Exemple concret
Réserve de propriété Le vendeur reste propriétaire jusqu'au paiement complet Protection en cas de procédure collective du client
Limitation de responsabilité Plafonne l'indemnisation en cas de dommage Responsabilité limitée au montant de la commande
Force majeure Exonère en cas d'événement imprévisible et irrésistible Pandémie, catastrophe naturelle, pénurie de matières premières
Clause attributive de juridiction Désigne le tribunal compétent en cas de litige Tribunal de commerce du siège du vendeur (B2B uniquement)
Propriété intellectuelle Protège les créations livrées au client Licence d'utilisation sans cession des droits

Chaque activité génère des risques spécifiques que les clauses standards ne couvrent pas toujours. Un avocat en droit des affaires peut identifier ces angles morts.
Consulter un avocat en contrats commerciaux

CGV site internet : règles spécifiques e-commerce

La vente en ligne impose des obligations supplémentaires, issues de la directive européenne 2011/83/UE transposée dans le Code de la consommation français. Ces règles s'ajoutent au socle commun des CGV et concernent toute entreprise qui vend des produits ou des services via un site internet.

Obligations spécifiques au e-commerce

  • Information précontractuelle renforcée : avant la validation de la commande, le consommateur doit avoir accès à l'ensemble des CGV. L'article L.221-5 du Code de la consommation impose que ces informations soient fournies de manière lisible et compréhensible.
  • Double clic : le processus de commande doit comporter au minimum 2 étapes — récapitulatif de la commande, puis confirmation — conformément à l'article 1127-2 du Code civil.
  • Droit de rétractation : 14 jours calendaires à compter de la réception du bien (ou de la conclusion du contrat pour les services). Le vendeur doit fournir un formulaire type de rétractation.
  • Mentions légales du site : raison sociale, adresse, numéro RCS, numéro de TVA intracommunautaire, coordonnées de l'hébergeur.

Cas particuliers

Certains secteurs sont soumis à des règles additionnelles. Les CGV d'un site de vente de produits alimentaires doivent inclure les informations nutritionnelles et les allergènes. Un site de services numériques (SaaS) doit préciser les conditions de résiliation, la portabilité des données et les niveaux de service (SLA). Les marketplaces, quant à elles, doivent distinguer clairement les offres émanant de professionnels et celles de particuliers depuis l'entrée en vigueur de la directive Omnibus en mai 2022.

Le non-respect de ces obligations expose l'entreprise à des amendes administratives prononcées par la DGCCRF, mais aussi à la nullité de la vente si le consommateur n'a pas été correctement informé avant l'achat.

Rédaction des CGV : méthode étape par étape

Rédiger des conditions générales de vente efficaces suppose de suivre une démarche structurée, adaptée à l'activité et au type de clientèle de l'entreprise.

Étape 1 : qualifier l'activité et la clientèle

Avant toute rédaction, il faut déterminer si l'entreprise vend des produits ou des services, si elle s'adresse à des professionnels (B2B), à des consommateurs (B2C) ou aux deux. Cette qualification conditionne le régime juridique applicable et les mentions obligatoires à intégrer.

Étape 2 : identifier les risques propres à l'activité

Chaque secteur génère des risques spécifiques. Une entreprise de transport doit prévoir des clauses sur la responsabilité en cas de perte ou d'avarie. Un éditeur de logiciel doit encadrer les conditions de licence, de maintenance et de disponibilité. Un prestataire de conseil doit définir les limites de son obligation (obligation de moyens ou de résultat).

Étape 3 : structurer le document

Un plan type de CGV suit généralement cette architecture :

  1. Objet et champ d'application
  2. Commandes et acceptation
  3. Prix et conditions de paiement
  4. Livraison ou exécution
  5. Garanties
  6. Responsabilité
  7. Propriété intellectuelle (si applicable)
  8. Données personnelles
  9. Résiliation
  10. Droit applicable et juridiction compétente

Étape 4 : rédiger en langage clair

Les CGV doivent être compréhensibles par leur destinataire. En B2C, une clause rédigée dans un langage ambigu sera interprétée en faveur du consommateur (article 1190 du Code civil). En B2B, une clause obscure peut être écartée par le juge. La clarté rédactionnelle n'est pas un choix esthétique : c'est une condition de validité.

Étape 5 : faire valider par un professionnel du droit

La relecture par un avocat permet de vérifier la conformité aux textes en vigueur, d'identifier les clauses potentiellement abusives et d'adapter le document aux évolutions législatives. Le coût de cette prestation — généralement entre 500 € et 2 500 € selon la complexité — reste inférieur au coût d'un litige mal anticipé.

Erreurs fréquentes à éviter absolument

Plusieurs erreurs reviennent de manière récurrente dans les CGV des entreprises françaises, y compris celles de taille intermédiaire.

  • Copier les CGV d'un concurrent. Au-delà du risque de contrefaçon (les CGV sont protégées par le droit d'auteur), les clauses copiées ne correspondent pas aux spécificités de l'entreprise. Elles peuvent contenir des engagements inadaptés ou des obligations impossibles à tenir.

  • Utiliser un modèle générique sans l'adapter. Un modèle téléchargé en ligne couvre les situations les plus courantes, mais ignore les risques propres à chaque activité. Il ne tient pas compte du secteur, du mode de distribution ni de la clientèle cible.

  • Omettre la mise à jour. Les CGV doivent évoluer avec la réglementation. L'entrée en vigueur du RGPD en 2018, la directive Omnibus en 2022 ou la réforme des délais de paiement ont chacune imposé des modifications. Des CGV figées depuis plusieurs années sont presque certainement non conformes.

  • Insérer des clauses abusives. En B2C, la Commission des clauses abusives publie régulièrement des recommandations. Une clause qui crée un déséquilibre significatif entre les droits du professionnel et ceux du consommateur est réputée non écrite. En B2B, l'article L.442-1 du Code de commerce sanctionne le déséquilibre significatif dans les droits et obligations des parties.

  • Ne pas rendre les CGV opposables. En B2B, les CGV doivent être communiquées avant la vente. En B2C en ligne, elles doivent être acceptées par une case à cocher avant la validation de la commande. Sans preuve d'acceptation, les CGV sont inopposables au client.

Des CGV mal rédigées ou obsolètes exposent l'entreprise à des litiges coûteux. Un audit contractuel permet d'identifier rapidement les points de fragilité.
Trouver un avocat en contrats commerciaux

Faire du sur-mesure avec un avocat ou prendre un modèle ?

La question se pose systématiquement au moment de la création d'entreprise ou du lancement d'une nouvelle offre. Les 2 options présentent des avantages et des limites qu'il faut évaluer en fonction du contexte.

Le modèle : rapide mais limité

Un modèle de CGV en ligne coûte entre 0 € et 150 €. Il permet de disposer rapidement d'un document structuré, couvrant les clauses de base. Pour une activité simple (vente de produits standardisés à des particuliers, par exemple), un modèle bien choisi peut constituer un point de départ acceptable.

Ses limites sont toutefois réelles. Le modèle ne prend pas en compte les spécificités sectorielles, les modes de distribution particuliers ni les relations commerciales complexes. Il ne protège pas contre les risques que son rédacteur n'a pas anticipés pour l'activité concernée.

L'avocat : un investissement de sécurisation

La rédaction sur mesure par un avocat en droit des affaires coûte entre 500 € et 2 500 € selon la complexité de l'activité et le volume de clauses nécessaires. Ce coût inclut généralement l'analyse de l'activité, la rédaction du document, les échanges de validation et une ou deux révisions.

L'intérêt de cette approche réside dans l'adaptation aux risques réels de l'entreprise. L'avocat identifie les zones de vulnérabilité contractuelle, rédige des clauses sur mesure et s'assure de la conformité avec les textes en vigueur. Pour une entreprise qui réalise un chiffre d'affaires significatif ou qui opère dans un secteur réglementé, le retour sur investissement est rapide.

Critères de choix

Critère Modèle générique Rédaction sur mesure
Coût 0 € à 150 € 500 € à 2 500 €
Délai Immédiat 1 à 3 semaines
Adaptation à l'activité Faible Élevée
Protection juridique Partielle Complète
Mise à jour réglementaire Non incluse Possible via un suivi
Pertinence pour une activité complexe Insuffisante Adaptée

Pour un fondateur en phase d'amorçage avec une offre simple, un modèle adapté manuellement peut suffire dans un premier temps. Dès que l'activité se structure — premiers clients récurrents, montée en volume, ouverture à l'international —, la rédaction sur mesure devient un levier de protection indispensable.

FAQ

Les CGV sont-elles obligatoires pour une micro-entreprise ?

En B2C, oui. Toute entreprise qui vend à des consommateurs doit fournir les informations précontractuelles prévues par le Code de la consommation, quel que soit son statut. En B2B, les CGV doivent être communiquées sur demande. La micro-entreprise n'est pas exemptée de cette obligation.

Peut-on modifier ses CGV en cours de contrat ?

Non, les CGV acceptées par un client au moment de la commande restent applicables pour cette commande. Toute modification ne vaut que pour les commandes futures. Le client doit être informé des nouvelles CGV et les accepter avant qu'elles ne lui soient opposables.

Quelle est la différence entre CGV et CGU ?

Les CGV encadrent une relation commerciale (vente de produits ou de services). Les CGU (conditions générales d'utilisation) régissent l'accès et l'utilisation d'un site internet ou d'une application, sans nécessairement impliquer une transaction. Un site e-commerce a besoin des deux documents.

Les CGV protègent-elles en cas d'impayé ?

Oui, à condition qu'elles prévoient des clauses adaptées : pénalités de retard, indemnité forfaitaire de recouvrement de 40 €, clause de réserve de propriété. Ces clauses facilitent le recouvrement et renforcent la position du créancier en cas de procédure judiciaire.

Faut-il traduire ses CGV pour vendre à l'étranger ?

Si l'entreprise cible des consommateurs dans un autre pays de l'Union européenne, les CGV doivent respecter le droit de la consommation du pays du client (règlement Rome I). La traduction est alors nécessaire, mais elle doit s'accompagner d'une adaptation juridique au droit local, pas d'une simple traduction littérale.

Pour aller plus loin

Article L441-1 du Code de commerce - Légifrance

Conditions générales de vente (CGV) - Entreprendre.Service-Public.fr

Achat d'un produit : garantie commerciale ou contractuelle - Service-Public.fr

SWIM LEGAL est une alternative au cabinet d’avocats traditionnel pour les besoins juridiques des entreprises. Incubé par le Barreau de Paris, SWIM a reçu le Prix de l’Innovation pour sa solution permettant à toute entreprise, quelle que soit sa taille ou sa localisation, d’accéder rapidement via la plateforme à des avocats d’affaires expérimentés. Les entreprises peuvent déposer leur besoin — qu’il s’agisse d’un dossier, d’une consultation ou d’un renfort temporaire — de manière confidentielle et recevoir des propositions d’avocats pour répondre rapidement à leur demande.

Télécharger la ressource
Maître Jullian Hoareau
Avocat au Barreau de Paris
Fondateur de SWIM - Plateforme de mise en relation d’avocats d’affaires