Article 1227 du Code civil : obtenir la résolution judiciaire d'un contrat

Guides & Ressources pratiques
12/10/2026
-
6 min de lecture
-
Par

Jullian Hoareau

Points clés de l'article
  1. L'article 1227 du Code civil permet au créancier de demander en justice la résolution d'un contrat « en toute hypothèse », y compris lorsqu'une clause résolutoire existe.
  2. La résolution suppose une inexécution suffisamment grave, appréciée au cas par cas par le juge.
  3. Le juge peut prononcer la résolution, ordonner l'exécution en accordant un délai au débiteur ou allouer seulement des dommages et intérêts.
  4. À défaut de date fixée par le juge, la résolution prend effet au jour de l'assignation et entraîne des restitutions.
  5. La voie judiciaire est plus lente que la notification unilatérale, mais elle évite au créancier d'agir à ses risques et périls.

Besoin d'un juriste freelance ou d'un avocat ?

Accédez en -24h à un avocat d'affaires sélectionné parmi les meilleurs, à des honoraires maîtrisés.

✓ 250+ spécialistes✓ 500+ clients satisfaits✓ -30 à -50% moins cher qu'un cabinet
Incubateur du Barreau de Paris
Réseau Entreprendre
Prix Innovation Barreau de Paris

Sommaire

Que prévoit l'article 1227 du Code civil ?

Résolution judiciaire, unilatérale ou clause résolutoire

Conditions : une inexécution suffisamment grave

Comment se déroule l'action en résolution judiciaire ?

Pouvoirs du juge et effets de la résolution

Article 1227 du Code civil : stratégie pour l'entreprise créancière

FAQ

Pour aller plus loin

Que prévoit l'article 1227 du Code civil ?

L'article 1227 du Code civil pose une règle brève : « La résolution peut, en toute hypothèse, être demandée en justice. » La résolution est l'anéantissement d'un contrat en raison de l'inexécution de ses obligations par l'une des parties.

Ce texte est issu de l'ordonnance n° 2016-131 du 10 février 2016, qui a réformé le droit des contrats. L'expression « en toute hypothèse » signifie qu'une clause résolutoire ou une faculté de rupture unilatérale ne ferme pas la voie judiciaire.

Ainsi, le client d'un fournisseur qui cesse de livrer pendant 3 mois peut faire constater la rupture par le juge, plutôt que de rompre seul.

Face à un cocontractant défaillant, la qualification de l'inexécution conditionne le choix de la procédure.
Faire relire vos contrats commerciaux par un avocat

Résolution judiciaire, unilatérale ou clause résolutoire

Le Code civil ouvre 3 voies de résolution, énumérées à l'article 1224, qui diffèrent par leur déclenchement, leur date d'effet et le risque supporté par le créancier.

CritèreClause résolutoireRésolution unilatéraleRésolution judiciaire
DéclenchementClause prévue au contratNotification du créancierDécision du juge
Formalité préalableSelon les termes de la clauseMise en demeure, sauf urgenceAssignation en justice
Date d'effetDate fixée par la clauseRéception de la notificationDate fixée par le juge ou, à défaut, jour de l'assignation
RisqueClause inapplicableRupture jugée injustifiéeDurée de la procédure

La résolution unilatérale, prévue à l'article 1226, s'exerce « aux risques et périls » du créancier : il assume les conséquences si le juge, saisi par le débiteur, estime l'inexécution insuffisante. La voie judiciaire inverse cette logique, puisque le juge tranche avant la rupture.

Conditions : une inexécution suffisamment grave

La résolution judiciaire exige une inexécution suffisamment grave, condition posée par l'article 1224. Un simple retard ou un manquement accessoire ne suffit pas nécessairement.

Le Code civil ne définit pas ce seuil : le juge l'apprécie au cas par cas, et l'issue de l'action dépend donc de la qualité du dossier.

Les pièces à réunir avant toute saisine :

Élément à établirPièces utiles
Contenu de l'obligation inexécutéeContrat, conditions générales, cahier des charges
Réalité et durée du manquementBons de livraison, relevés, procès-verbaux
Conséquences pour l'entrepriseFactures de remplacement, pertes chiffrées

Ainsi, un manquement unique et vite réparé sera plus difficilement qualifié de grave qu'une inexécution répétée, documentée et restée sans réponse.

Une inexécution mal documentée expose l'action en résolution judiciaire à un rejet.
Sécuriser l'exécution de vos contrats commerciaux

Comment se déroule l'action en résolution judiciaire ?

L'action en résolution judiciaire suit 4 étapes, de la constitution du dossier à la décision du juge.

  1. Constituer le dossier : contrat, preuves du manquement et évaluation du préjudice.
  2. Adresser une mise en demeure : cette lettre demande formellement au débiteur d'exécuter son obligation dans un délai donné et fixe la date de sa défaillance.
  3. Assigner le débiteur : l'assignation est l'acte, délivré par commissaire de justice, qui saisit la juridiction compétente.
  4. Formuler les demandes : résolution du contrat, restitutions, dommages et intérêts et, le cas échéant, exécution forcée à titre subsidiaire.

Si le juge ne fixe pas d'autre date, la résolution prend effet au jour de l'assignation, selon l'article 1229. Retarder la saisine prolonge donc la période pendant laquelle l'entreprise reste liée.

Pouvoirs du juge et effets de la résolution

Le juge saisi n'est pas tenu de prononcer la résolution : l'article 1228 lui laisse plusieurs options.

  • Constater ou prononcer la résolution : le contrat prend fin.
  • Ordonner l'exécution du contrat : le débiteur doit s'exécuter, avec éventuellement un délai.
  • Allouer seulement des dommages et intérêts : le contrat est maintenu, le préjudice est indemnisé.

Une demande mal préparée peut donc laisser le créancier lié par un contrat qu'il ne souhaite plus exécuter.

En cas de résolution, les parties procèdent aux restitutions, c'est-à-dire au retour de ce qu'elles ont reçu, selon les articles 1352 à 1352-9. La date d'effet détermine l'étendue de ces restitutions.

Les demandes formulées devant le juge délimitent les solutions qu'il peut retenir.
Être accompagné sur vos contrats commerciaux

Article 1227 du Code civil : stratégie pour l'entreprise créancière

L'article 1227 du Code civil offre une voie plus sûre mais plus lente que la rupture unilatérale. Le choix dépend de l'urgence, de la solidité du dossier et de la rédaction du contrat.

Les arbitrages possibles :

  • Dossier solide et urgence opérationnelle : la notification unilatérale rompt vite le contrat, au prix d'un risque de contestation.
  • Gravité discutable : la saisine du juge évite de supporter seul le risque d'une rupture jugée injustifiée.
  • Clause résolutoire disponible : elle s'applique vite si ses conditions sont remplies, et l'article 1227 reste ouvert en cas de doute.
  • Intérêt au maintien du contrat : une demande d'exécution forcée ou de dommages et intérêts peut être préférable.

SWIM LEGAL, plateforme d'avocats d'affaires indépendants, permet de solliciter un avocat en droit des contrats pour analyser ce type de dossier et rédiger les actes.

FAQ

Une clause résolutoire empêche-t-elle de saisir le juge ?

Non. L'article 1227 du Code civil permet de demander la résolution en justice « en toute hypothèse ». Le créancier peut donc saisir le juge même lorsque le contrat prévoit une clause résolutoire.

Le juge est-il obligé de prononcer la résolution ?

Non. Selon l'article 1228, il peut aussi ordonner l'exécution du contrat, en accordant éventuellement un délai au débiteur, ou allouer seulement des dommages et intérêts.

À quelle date la résolution judiciaire prend-elle effet ?

Elle prend effet à la date fixée par le juge. À défaut, elle prend effet au jour de l'assignation, selon l'article 1229.

Quelle différence avec la résolution unilatérale ?

La résolution unilatérale résulte d'une notification du créancier, après mise en demeure sauf urgence. Elle s'exerce à ses risques et périls, car le débiteur peut la contester devant le juge.

Que se passe-t-il après la résolution ?

Le contrat prend fin et les parties se restituent ce qu'elles ont reçu. Ces restitutions suivent les articles 1352 à 1352-9 du Code civil.

Pour aller plus loin

La résolution (Articles 1224 à 1230 du Code civil) - Légifrance

Article 1224 du Code civil - Légifrance

Rapport au Président de la République relatif à l'ordonnance n° 2016-131 du 10 février 2016 - Légifrance

SWIM LEGAL est une alternative au cabinet d'avocats traditionnel pour les besoins juridiques des entreprises. Incubé par le Barreau de Paris, SWIM a reçu le Prix de l'Innovation pour sa solution permettant à toute entreprise, quelle que soit sa taille ou sa localisation, d'accéder rapidement via la plateforme à des avocats d'affaires expérimentés. Les entreprises peuvent déposer leur besoin, qu'il s'agisse d'un dossier, d'une consultation ou d'un renfort temporaire, de manière confidentielle et recevoir des propositions d'avocats pour répondre rapidement à leur demande.

Télécharger la ressource

Avocat au Barreau de Paris (Toque L086), fondateur de SWIM LEGAL

Expertises

Expertises associées

Besoin d'un regard d'avocat sur votre situation ? Nos équipes vous accompagnent sur ces sujets.

Modèles & guides

Modèles utiles

Les modèles liés à cet article, prêts à adapter à votre situation.