
Jullian Hoareau

Accédez en -24h à un avocat d'affaires sélectionné parmi les meilleurs, à des honoraires maîtrisés.
Absence injustifiée : de quoi parle-t-on exactement ?
Retenue sur salaire : ce que l'employeur peut déduire
Mise en demeure de justifier ou de reprendre le poste
Présomption de démission : quand l'appliquer ?
Quelle sanction pour une absence injustifiée ?
Licenciement pour faute grave : conditions et risques prud'homaux
Une absence injustifiée au travail désigne l'absence d'un salarié à son poste sans autorisation de l'employeur et sans motif légitime communiqué. Elle prend 2 formes : l'absence ponctuelle de quelques heures ou de quelques jours, et l'abandon de poste, c'est-à-dire un départ sans intention apparente de revenir.
Un arrêt de travail transmis, un congé accordé ou l'exercice du droit de retrait, qui permet au salarié de quitter une situation de danger grave et imminent, rendent en revanche l'absence justifiée.
Les agents publics ne relèvent pas du Code du travail. Dans la fonction publique de l'État, l'absence de service fait entraîne une retenue sur la rémunération (articles L711-2 et L711-3 du code général de la fonction publique). La règle du trentième indivisible, qui retient 1/30e même pour une absence partielle dans la journée, ne s'applique qu'aux agents publics de l'État déclarés grévistes. L'abandon de poste peut y conduire à une radiation des cadres après mise en demeure, sans procédure disciplinaire.
Qualifier correctement l'absence conditionne la validité de chaque décision que l'employeur prendra ensuite.
Faire le point avec un avocat en relations individuelles de travail
L'employeur peut retenir la somme qui correspond exactement au temps non travaillé, car le salaire est la contrepartie d'un travail effectivement fourni.
Toute retenue supérieure à la durée de l'absence constitue une sanction pécuniaire, c'est-à-dire une amende déguisée, que le Code du travail interdit.
| Situation | Retenue autorisée | Retenue interdite |
|---|---|---|
| Absence d'une journée | Salaire de la journée non travaillée | Retenue forfaitaire supérieure à la journée |
| Retard de 2 heures | 2 heures de salaire | Retenue d'une demi-journée |
| Absence de plusieurs jours | Salaire des jours non travaillés | Retenue maintenue après la reprise du travail |
Pour un salarié payé au SMIC, soit 12,31 € brut de l'heure (montant applicable depuis le 1er juin 2026), une journée de 7 heures d'absence représente une retenue d'environ 86 € brut. Cette retenue n'étant pas une sanction, elle peut se cumuler avec une sanction disciplinaire.
La mise en demeure est le courrier par lequel l'employeur demande au salarié de justifier son absence ou de reprendre son poste dans un délai précis. Envoyée en recommandé avec avis de réception ou remise en main propre contre décharge, elle date la position de l'employeur.
Le modèle de mise en demeure pour abandon de poste du Code du travail numérique retient les mentions suivantes :
Une absence de 1 jour appelle d'abord une demande écrite d'explication, qui laisse une trace. À partir de 2 jours d'absence, ou en cas de répétition, la mise en demeure devient l'outil adapté.
La rédaction de la mise en demeure détermine les options ouvertes à l'employeur si le salarié ne répond pas.
Sécuriser la procédure avec un avocat en droit du travail
La présomption de démission s'applique lorsque le salarié a volontairement abandonné son poste et ne l'a pas repris dans le délai fixé par la mise en demeure. Créée en 2022, elle est prévue à l'article L1237-1-1 du Code du travail.
Le salarié peut l'écarter en invoquant un motif légitime. Le Code du travail numérique cite notamment les raisons médicales, le droit de retrait, le droit de grève, le refus d'une instruction contraire à la réglementation et la modification du contrat imposée par l'employeur.
La présomption produit 2 effets. D'une part, le salarié n'a en principe pas droit à l'allocation chômage. D'autre part, il peut contester la rupture devant le conseil de prud'hommes, qui doit statuer au fond dans un délai de 1 mois.
La sanction doit être proportionnée à la durée de l'absence, à sa répétition et au passé disciplinaire du salarié. Le règlement intérieur, obligatoire à partir de 50 salariés, peut préciser l'échelle des sanctions.
| Sanction | Situation type | Procédure |
|---|---|---|
| Avertissement | Première absence courte | Notification écrite motivée |
| Mise à pied disciplinaire | Absences répétées malgré un avertissement | Entretien préalable puis notification |
| Licenciement pour faute | Absences répétées et prolongées | Entretien préalable, lettre motivée |
| Licenciement pour faute grave | Absence prolongée malgré la mise en demeure | Entretien préalable, procédure engagée rapidement |
L'employeur dispose de 2 mois à compter de la connaissance des faits pour engager la procédure. Lorsque l'absence se prolonge, la jurisprudence la traite généralement comme une faute continue : ce délai ne court pas tant qu'elle persiste.
Le choix de la sanction et le respect des délais disciplinaires déterminent la solidité de la décision en cas de contestation.
Être accompagné par un avocat en relations individuelles
La faute grave rend impossible le maintien du salarié dans l'entreprise, même pendant le préavis. Une absence prolongée restée sans réponse à une mise en demeure peut recevoir cette qualification ; une absence isolée et courte la reçoit rarement. Le salarié perd alors son préavis et son indemnité de licenciement, mais conserve l'indemnité de congés payés acquis et peut percevoir l'allocation chômage.
Le conseil de prud'hommes contrôle la réalité du motif, la proportionnalité de la sanction et la procédure. Trois risques reviennent :
Non. L'employeur retient le salaire du temps non travaillé, dans la stricte proportion de la durée de l'absence.
Aucun nombre de jours n'est fixé par la loi. Le juge apprécie la durée, la répétition, le contexte et les avertissements antérieurs.
Au moins 15 jours à compter de la présentation du courrier pour une présomption de démission. Pour une procédure disciplinaire, aucun délai légal minimum n'est imposé.
En principe, non, car la démission n'ouvre pas droit à l'allocation chômage. Il peut contester la présomption devant le conseil de prud'hommes.
Oui, si la procédure est engagée dans les 2 mois suivant la connaissance des faits. Le retour du salarié pèse toutefois sur le choix d'une sanction proportionnée.
Modèle de mise en demeure pour abandon de poste - Code du travail numérique
Article L1237-1-1 du Code du travail (présomption de démission) - Code du travail numérique
SWIM LEGAL est une alternative au cabinet d'avocats traditionnel pour les besoins juridiques des entreprises. Incubé par le Barreau de Paris, SWIM a reçu le Prix de l'Innovation pour sa solution permettant à toute entreprise, quelle que soit sa taille ou sa localisation, d'accéder rapidement via la plateforme à des avocats d'affaires expérimentés. Les entreprises peuvent déposer leur besoin, qu'il s'agisse d'un dossier, d'une consultation ou d'un renfort temporaire, de manière confidentielle et recevoir des propositions d'avocats pour répondre rapidement à leur demande.
Avocat au Barreau de Paris (Toque L086), fondateur de SWIM LEGAL
Besoin d'un regard d'avocat sur votre situation ? Nos équipes vous accompagnent sur ces sujets.
Les modèles liés à cet article, prêts à adapter à votre situation.
Pour approfondir le sujet, d'autres analyses rédigées par nos avocats.
Besoin d'un juriste freelance, d'un conseil ou d'aide sur un litige ?