
Jullian Hoareau

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Du contrôle DGCCRF au titre de perception : les étapes
Pourquoi le recours contre l'amende ne suspend pas le paiement
Contester la sanction ou contester le titre : deux recours distincts
Comment former opposition au titre de perception ?
Quels délais respecter après réception du titre ?
Payer, demander un échéancier ou saisir le juge des référés
Majoration, saisies et prescription : les risques de l'inaction
Le titre de perception est le dernier acte d'une procédure qui commence par un contrôle de la DGCCRF (Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes). Les enquêteurs vérifient que les factures sont réglées dans les délais de paiement légaux : selon la fiche pratique de la DGCCRF, le délai convenu ne peut dépasser 60 jours à compter de l'émission de la facture, ou 45 jours fin de mois.
Ce titre est exécutoire : l'administration peut recouvrer la somme sans obtenir de jugement préalable.
Le recours contre l'amende ne suspend pas le paiement, car une décision administrative s'applique dès sa notification, même contestée. Ce principe, appelé caractère exécutoire, permet à l'État d'agir sans attendre l'issue du procès.
Ainsi, une entreprise qui saisit le tribunal administratif pour contester le principe ou le montant de la sanction reste tenue de payer. Pendant l'instruction, le comptable public peut engager des poursuites sur le fondement du titre de perception.
Seul le référé-suspension, procédure d'urgence devant le juge administratif, permet d'obtenir une suspension rapide. Il suppose 2 conditions cumulatives :
Ce référé n'est recevable que si un recours au fond a été déposé contre la même décision.
Prévenir une sanction suppose de vérifier que les conditions de paiement de vos contrats fournisseurs respectent les plafonds légaux.
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Contester la sanction et contester le titre de perception sont 2 recours distincts, qui visent des actes différents et obéissent à des délais propres. Les confondre expose à la forclusion, c'est-à-dire à la perte du droit d'agir faute d'avoir respecté le délai.
| Critère | Recours contre la sanction | Opposition au titre de perception |
|---|---|---|
| Acte visé | Décision prononçant l'amende | Titre de perception ou acte de poursuite |
| Objet | Légalité, proportionnalité, montant | Existence, montant ou exigibilité de la créance ; régularité des poursuites |
| Démarche préalable | Recours gracieux facultatif | Réclamation préalable obligatoire |
| Juge | Tribunal administratif | Juge administratif ou juge de l'exécution selon l'objet |
| Effet sur le paiement | Non suspensif | Pas d'arrêt automatique garanti |
L'opposition au titre ne permet pas de rouvrir le débat sur le bien-fondé d'une sanction devenue définitive faute de recours. L'entreprise peut en revanche invoquer une erreur de calcul, un paiement déjà effectué ou un défaut de notification.
Former opposition au titre de perception suppose d'adresser d'abord une réclamation écrite à l'administration, avant toute saisine du juge. Cette étape est imposée par l'article 118 du décret n° 2012-1246 du 7 novembre 2012 relatif à la gestion budgétaire et comptable publique.
Le texte distingue 2 formes d'opposition :
La première est adressée au comptable public chargé du recouvrement, qui la transmet à l'ordonnateur ayant émis le titre. Le courrier est motivé et accompagné des pièces utiles : titre, décision de sanction, preuves de paiement ou de notification. L'envoi en recommandé avec accusé de réception date la réclamation de manière incontestable.
La contestation d'un titre exige une lecture précise des pièces contractuelles et comptables à l'origine du manquement relevé.
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Après réception du titre de perception, l'entreprise dispose de 2 mois pour adresser sa réclamation. Ce délai court à compter de la notification du titre ou, à défaut, du premier acte de poursuite ; pour une opposition à poursuites, il court à compter de la notification de l'acte contesté.
| Étape | Délai | Point de départ |
|---|---|---|
| Recours contre la décision de sanction | 2 mois | Notification de la décision |
| Réclamation contre la créance | 2 mois | Notification du titre ou du premier acte de poursuite |
| Réclamation contre un acte de poursuite | 2 mois | Notification de l'acte |
| Réponse de l'administration | 6 mois | Réception de la réclamation |
| Saisine du juge | 2 mois | Décision de rejet ou expiration du délai de 6 mois |
Le silence de l'administration pendant 6 mois vaut rejet. Par conséquent, l'entreprise doit surveiller cette échéance pour saisir le juge dans les 2 mois suivants. Les délais du recours contre la sanction et de l'opposition courent en parallèle : un calendrier contentieux unique, tenu par la direction financière, évite d'en laisser expirer un.
Face au titre de perception, l'entreprise dispose de 3 options, combinables avec une contestation au fond.
Le choix dépend de la solidité des arguments contre la sanction et du poids du décaissement sur la trésorerie disponible.
Le choix entre paiement, échéancier et référé s'accompagne d'une revue des clauses de paiement, afin d'éviter un nouveau manquement.
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L'inaction face au titre de perception déclenche des poursuites forcées, dont le coût s'ajoute à l'amende. Le comptable public agit en effet sans nouvelle autorisation du juge.
La prescription de l'action en recouvrement ne protège pas l'entreprise passive, car chaque acte de poursuite l'interrompt et fait courir un nouveau délai.
Enfin, le plafond de l'amende est doublé en cas de nouveau manquement dans les 2 ans suivant une première sanction devenue définitive. Corriger les pratiques de paiement compte donc autant que contester le titre.
Non, le recours devant le tribunal administratif ne suspend pas l'obligation de payer. Seul un référé-suspension, accordé en cas d'urgence et de doute sérieux sur la légalité de la sanction, permet d'arrêter l'exécution.
Le délai est de 2 mois à compter de la notification du titre ou du premier acte de poursuite. Une réclamation préalable doit être adressée à l'administration avant toute saisine du juge.
Son silence pendant 6 mois vaut rejet de la réclamation. L'entreprise dispose alors de 2 mois pour saisir le juge compétent.
Non, le paiement ne prive pas l'entreprise de son recours contre la sanction. En cas d'annulation ou de réduction de l'amende, la somme versée est restituée.
Oui, le comptable public peut accorder un étalement sur demande écrite et justifiée. Cette faculté n'est pas un droit : elle relève de son appréciation au vu de la situation financière de l'entreprise.
Délais de paiement : les règles à connaître - DGCCRF, ministère de l'Économie
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