Amende DGCCRF sur délais de paiement : contester le titre de perception

Guides & Ressources pratiques
13/10/2026
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7 min de lecture
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Par

Jullian Hoareau

Points clés de l'article
  1. Une amende DGCCRF pour non-respect des délais de paiement est recouvrée par un titre de perception exécutoire, même si l'entreprise conteste la sanction.
  2. Le recours contre la sanction devant le juge administratif ne suspend pas le paiement.
  3. L'opposition au titre vise la créance ou les actes de poursuite, pas la décision de sanction.
  4. Une réclamation préalable doit être adressée dans les 2 mois suivant la notification du titre ou de l'acte de poursuite.
  5. L'inaction expose à des frais de poursuite et à des saisies sur les comptes de l'entreprise.

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Sommaire

Du contrôle DGCCRF au titre de perception : les étapes

Pourquoi le recours contre l'amende ne suspend pas le paiement

Contester la sanction ou contester le titre : deux recours distincts

Comment former opposition au titre de perception ?

Quels délais respecter après réception du titre ?

Payer, demander un échéancier ou saisir le juge des référés

Majoration, saisies et prescription : les risques de l'inaction

FAQ

Pour aller plus loin

Du contrôle DGCCRF au titre de perception : les étapes

Le titre de perception est le dernier acte d'une procédure qui commence par un contrôle de la DGCCRF (Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes). Les enquêteurs vérifient que les factures sont réglées dans les délais de paiement légaux : selon la fiche pratique de la DGCCRF, le délai convenu ne peut dépasser 60 jours à compter de l'émission de la facture, ou 45 jours fin de mois.

  1. Contrôle : les enquêteurs comparent les dates d'émission et de règlement d'un échantillon de factures.
  2. Pré-sanction : l'entreprise reçoit les manquements relevés et le montant envisagé.
  3. Contradictoire : elle présente ses observations avant toute décision.
  4. Décision de sanction : l'administration fixe l'amende administrative, plafonnée à 2 millions d'euros pour une personne morale, et la décision est en principe publiée.
  5. Titre de perception : l'amende est mise en recouvrement auprès du comptable public, chargé d'encaisser la somme.

Ce titre est exécutoire : l'administration peut recouvrer la somme sans obtenir de jugement préalable.

Pourquoi le recours contre l'amende ne suspend pas le paiement

Le recours contre l'amende ne suspend pas le paiement, car une décision administrative s'applique dès sa notification, même contestée. Ce principe, appelé caractère exécutoire, permet à l'État d'agir sans attendre l'issue du procès.

Ainsi, une entreprise qui saisit le tribunal administratif pour contester le principe ou le montant de la sanction reste tenue de payer. Pendant l'instruction, le comptable public peut engager des poursuites sur le fondement du titre de perception.

Seul le référé-suspension, procédure d'urgence devant le juge administratif, permet d'obtenir une suspension rapide. Il suppose 2 conditions cumulatives :

  • une urgence, par exemple un décaissement qui compromettrait la trésorerie ;
  • un doute sérieux sur la légalité de la sanction.

Ce référé n'est recevable que si un recours au fond a été déposé contre la même décision.

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Contester la sanction ou contester le titre : deux recours distincts

Contester la sanction et contester le titre de perception sont 2 recours distincts, qui visent des actes différents et obéissent à des délais propres. Les confondre expose à la forclusion, c'est-à-dire à la perte du droit d'agir faute d'avoir respecté le délai.

CritèreRecours contre la sanctionOpposition au titre de perception
Acte viséDécision prononçant l'amendeTitre de perception ou acte de poursuite
ObjetLégalité, proportionnalité, montantExistence, montant ou exigibilité de la créance ; régularité des poursuites
Démarche préalableRecours gracieux facultatifRéclamation préalable obligatoire
JugeTribunal administratifJuge administratif ou juge de l'exécution selon l'objet
Effet sur le paiementNon suspensifPas d'arrêt automatique garanti

L'opposition au titre ne permet pas de rouvrir le débat sur le bien-fondé d'une sanction devenue définitive faute de recours. L'entreprise peut en revanche invoquer une erreur de calcul, un paiement déjà effectué ou un défaut de notification.

Comment former opposition au titre de perception ?

Former opposition au titre de perception suppose d'adresser d'abord une réclamation écrite à l'administration, avant toute saisine du juge. Cette étape est imposée par l'article 118 du décret n° 2012-1246 du 7 novembre 2012 relatif à la gestion budgétaire et comptable publique.

Le texte distingue 2 formes d'opposition :

  • l'opposition à l'exécution, qui conteste l'existence, le montant ou l'exigibilité de la créance ;
  • l'opposition à poursuites, qui conteste la régularité formelle d'un acte de poursuite, comme une saisie.

La première est adressée au comptable public chargé du recouvrement, qui la transmet à l'ordonnateur ayant émis le titre. Le courrier est motivé et accompagné des pièces utiles : titre, décision de sanction, preuves de paiement ou de notification. L'envoi en recommandé avec accusé de réception date la réclamation de manière incontestable.

La contestation d'un titre exige une lecture précise des pièces contractuelles et comptables à l'origine du manquement relevé.
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Quels délais respecter après réception du titre ?

Après réception du titre de perception, l'entreprise dispose de 2 mois pour adresser sa réclamation. Ce délai court à compter de la notification du titre ou, à défaut, du premier acte de poursuite ; pour une opposition à poursuites, il court à compter de la notification de l'acte contesté.

ÉtapeDélaiPoint de départ
Recours contre la décision de sanction2 moisNotification de la décision
Réclamation contre la créance2 moisNotification du titre ou du premier acte de poursuite
Réclamation contre un acte de poursuite2 moisNotification de l'acte
Réponse de l'administration6 moisRéception de la réclamation
Saisine du juge2 moisDécision de rejet ou expiration du délai de 6 mois

Le silence de l'administration pendant 6 mois vaut rejet. Par conséquent, l'entreprise doit surveiller cette échéance pour saisir le juge dans les 2 mois suivants. Les délais du recours contre la sanction et de l'opposition courent en parallèle : un calendrier contentieux unique, tenu par la direction financière, évite d'en laisser expirer un.

Payer, demander un échéancier ou saisir le juge des référés

Face au titre de perception, l'entreprise dispose de 3 options, combinables avec une contestation au fond.

  • Payer : le règlement arrête les poursuites sans priver l'entreprise de son recours contre la sanction ; en cas d'annulation ou de réduction, la somme est restituée.
  • Demander un échéancier : le comptable public peut accorder un étalement sur demande écrite, justifiée par des éléments de trésorerie, sans que son acceptation soit de droit.
  • Saisir le juge des référés : le référé-suspension suspend la décision de sanction, et donc le recouvrement, en cas d'urgence et de doute sérieux sur sa légalité.

Le choix dépend de la solidité des arguments contre la sanction et du poids du décaissement sur la trésorerie disponible.

Le choix entre paiement, échéancier et référé s'accompagne d'une revue des clauses de paiement, afin d'éviter un nouveau manquement.
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Majoration, saisies et prescription : les risques de l'inaction

L'inaction face au titre de perception déclenche des poursuites forcées, dont le coût s'ajoute à l'amende. Le comptable public agit en effet sans nouvelle autorisation du juge.

  1. Mise en demeure de payer : premier acte de poursuite.
  2. Frais et majorations : selon la nature de la créance, ils s'ajoutent au principal à chaque étape.
  3. Saisie administrative à tiers détenteur : la banque ou les clients de l'entreprise versent directement au comptable les sommes qu'ils lui doivent.
  4. Saisie de biens : en dernier recours, sur les actifs de l'entreprise.

La prescription de l'action en recouvrement ne protège pas l'entreprise passive, car chaque acte de poursuite l'interrompt et fait courir un nouveau délai.

Enfin, le plafond de l'amende est doublé en cas de nouveau manquement dans les 2 ans suivant une première sanction devenue définitive. Corriger les pratiques de paiement compte donc autant que contester le titre.

FAQ

Le recours contre une amende DGCCRF suspend-il le paiement ?

Non, le recours devant le tribunal administratif ne suspend pas l'obligation de payer. Seul un référé-suspension, accordé en cas d'urgence et de doute sérieux sur la légalité de la sanction, permet d'arrêter l'exécution.

Quel est le délai pour faire opposition à un titre de perception ?

Le délai est de 2 mois à compter de la notification du titre ou du premier acte de poursuite. Une réclamation préalable doit être adressée à l'administration avant toute saisine du juge.

Que se passe-t-il si l'administration ne répond pas à la réclamation ?

Son silence pendant 6 mois vaut rejet de la réclamation. L'entreprise dispose alors de 2 mois pour saisir le juge compétent.

Payer l'amende empêche-t-il de la contester ?

Non, le paiement ne prive pas l'entreprise de son recours contre la sanction. En cas d'annulation ou de réduction de l'amende, la somme versée est restituée.

Peut-on obtenir un échéancier pour payer l'amende ?

Oui, le comptable public peut accorder un étalement sur demande écrite et justifiée. Cette faculté n'est pas un droit : elle relève de son appréciation au vu de la situation financière de l'entreprise.

Pour aller plus loin

Article 118 du décret n° 2012-1246 du 7 novembre 2012 relatif à la gestion budgétaire et comptable publique - Légifrance

Délais de paiement : les règles à connaître - DGCCRF, ministère de l'Économie

Foire aux questions relative aux lignes directrices en matière de contrôle des délais de paiement interprofessionnels - DGCCRF

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