
Jullian Hoareau

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Quand la période d'essai est-elle réellement expirée ?
Délai de prévenance : il ne prolonge pas l'essai
Rupture tardive : pourquoi le juge y voit un licenciement
Indemnités dues pour un licenciement sans cause réelle
Renouvellement irrégulier : l'autre piège qui fait expirer l'essai
Bonnes pratiques pour rompre l'essai sans risque
La période d'essai permet à l'employeur de rompre le contrat sans motif ni procédure, mais uniquement jusqu'à son terme. Au-delà, le contrat est définitif. Une rupture de la période d'essai après expiration est donc un licenciement, soumis à la procédure légale et à l'exigence d'une cause réelle et sérieuse, selon les règles rappelées par le Code du travail numérique.
La période d'essai expire à la date fixée par le contrat, dans la limite des durées maximales de l'article L1221-19 du code du travail. Ce terme marque la fin de la faculté de rompre librement.
Pour un CDI, les plafonds sont les suivants.
| Catégorie | Durée initiale maximale | Durée maximale, renouvellement compris |
|---|---|---|
| Ouvriers et employés | 2 mois | 4 mois |
| Agents de maîtrise et techniciens | 3 mois | 6 mois |
| Cadres | 4 mois | 8 mois |
Par ailleurs, la période d'essai ne se présume pas. Elle doit être expressément stipulée dans le contrat ou la lettre d'engagement. À défaut, le salarié est embauché définitivement dès le premier jour.
La rédaction de la clause d'essai fixe la date à partir de laquelle l'employeur perd la faculté de rompre librement.
Faire relire vos contrats de travail par un avocat
Le délai de prévenance est la durée minimale entre l'annonce de la rupture et la fin effective du contrat. L'article L1221-25 du code du travail le fixe selon le temps de présence du salarié.
| Présence du salarié | Délai dû par l'employeur |
|---|---|
| Moins de 8 jours | 24 heures |
| Entre 8 jours et 1 mois | 48 heures |
| Après 1 mois | 2 semaines |
| Après 3 mois | 1 mois |
Ce même article précise que la période d'essai, renouvellement inclus, ne peut pas être prolongée du fait du délai de prévenance. Ainsi, un employeur qui rompt l'essai d'un cadre 10 jours avant son terme ne peut pas le maintenir en poste 1 mois de plus.
Lorsque le délai n'est pas respecté, hors faute grave, l'employeur verse une indemnité compensatrice égale aux salaires et avantages que le salarié aurait perçus jusqu'à l'expiration du délai.
La date de la rupture s'apprécie à la date d'envoi ou de notification de la décision de rompre. Une décision notifiée le lendemain du terme intervient donc dans un contrat devenu définitif.
Dans un arrêt du 5 novembre 2014 (n° 13-18.114), la Cour de cassation a jugé que la poursuite de la relation de travail au-delà du terme de l'essai donne naissance à un contrat à durée indéterminée. Ce contrat ne peut être rompu par l'employeur que par un licenciement, qui exige :
Or une rupture d'essai est notifiée sans entretien ni motif. Le juge constate alors un licenciement irrégulier en la forme et injustifié au fond.
Une rupture notifiée hors délai fait basculer le dossier dans le régime du licenciement et de son contentieux prud'homal.
Être accompagné par un avocat en droit du travail
Le licenciement sans cause réelle et sérieuse ouvre droit à une indemnité encadrée par le barème de l'article L1235-3 du code du travail. Pour un salarié ayant moins d'un an d'ancienneté, cas habituel d'une rupture tardive d'essai, elle est au plus égale à 1 mois de salaire brut, sans minimum.
Au-delà d'un an d'ancienneté, le barème fixe des montants minimaux et maximaux qui dépendent de l'ancienneté et de l'effectif de l'entreprise.
Le montant reste limité, mais le litige impose à l'employeur de justifier devant le conseil de prud'hommes une décision qu'il pensait prendre librement.
Un renouvellement irrégulier fait expirer l'essai à la fin de la période initiale. Le renouvellement n'est possible qu'une fois, sous 3 conditions cumulatives :
Si l'une de ces conditions manque, le renouvellement est sans effet. Par conséquent, l'employeur qui rompt l'essai d'un cadre après 6 mois de présence, sur la base d'un renouvellement irrégulier, notifie un licenciement 2 mois après l'expiration de l'essai initial de 4 mois.
La validité du renouvellement dépend autant de l'accord de branche que de la rédaction du contrat.
Sécuriser vos clauses d'essai avec un avocat
Rompre l'essai sans risque suppose de raisonner à partir de la date de notification, et non de la date de départ du salarié.
Lorsque le terme est dépassé, seule la procédure de licenciement, fondée sur un motif réel et sérieux documenté, sécurise la séparation.
Oui, la rupture peut être notifiée jusqu'au dernier jour de l'essai, car la date retenue est celle de l'envoi ou de la notification. Le délai de prévenance ne prolonge toutefois pas l'essai : le salarié ne doit pas travailler au-delà du terme.
La rupture s'analyse en licenciement. Faute d'entretien préalable et de lettre motivée, elle est jugée sans cause réelle et sérieuse et ouvre droit à une indemnité selon le barème de l'article L1235-3 du code du travail.
Oui. Son accord doit être exprès et non équivoque, et donné avant la fin de la période initiale. Sans cet accord, l'essai expire à son terme initial.
L'indemnité pour licenciement sans cause réelle et sérieuse est au plus égale à 1 mois de salaire brut. Le barème ne prévoit aucun minimum pour cette ancienneté.
Non. La période d'essai ne se présume pas : elle doit être expressément stipulée dans le contrat ou la lettre d'engagement. À défaut, toute rupture à l'initiative de l'employeur est un licenciement.
La période d'essai - Code du travail numérique
Cour de cassation, chambre sociale, 23 janvier 2013, n° 11-23.428 - Légifrance
Article L1221-25 du Code du travail - Code du travail numérique
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