
Jullian Hoareau

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Le vote du Parlement européen du 6 octobre 2026
Ce que contiendrait la future directive sur les risques psychosociaux
Ce que le droit français impose déjà à l'employeur
Déconnexion et retour au travail : les nouveautés attendues
Calendrier : la réponse de la Commission attendue début 2027
Anticiper dès maintenant : document unique et plan d'action
Le 6 octobre 2026, le Parlement européen a demandé à la Commission européenne de proposer une directive européenne consacrée aux risques psychosociaux au travail. Les risques psychosociaux désignent les atteintes à la santé mentale et physique liées à l'organisation du travail, aux relations professionnelles et aux conditions d'emploi, comme le stress ou le harcèlement.
Le texte adopté est un rapport d'initiative législative, procédure 2026/2023(INL). Ce mécanisme permet au Parlement de demander à la Commission un projet de texte. Le compte rendu publié par Eurogip le 13 octobre 2026 détaille le résultat du scrutin.
| Élément | Donnée |
|---|---|
| Date du vote | 6 octobre 2026 |
| Nature du texte | Rapport d'initiative législative, procédure 2026/2023(INL) |
| Voix pour | 413 |
| Voix contre | 210 |
| Abstentions | 29 |
| Rapport initial | Septembre 2026 |
Ce vote vise un vide juridique : aucun texte européen ne traite spécifiquement de la prévention des risques psychosociaux. Leur prévention relève donc des règles nationales de santé et de sécurité au travail.
La portée d'un vote européen sur les obligations d'une entreprise française s'apprécie au regard de son organisation et de ses pratiques de prévention.
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Le Parlement demande une directive qui obligerait les employeurs à prévenir, éliminer ou, à défaut, réduire les risques psychosociaux. Le rapport fixe 6 axes.
Le Parlement demande aussi la reconnaissance explicite que ces risques peuvent causer des maladies professionnelles, c'est-à-dire des pathologies reconnues comme liées au travail. En revanche, la présomption légale de lien avec le travail, prévue dans le rapport de septembre 2026, a été retirée du texte adopté en octobre. Une présomption aurait dispensé le salarié de prouver ce lien.
Le droit français impose déjà à l'employeur de protéger la santé mentale des salariés. L'article L4121-1 du code du travail lui demande de prendre les mesures nécessaires pour assurer leur sécurité et protéger leur santé physique et mentale. Cette obligation de sécurité couvre donc les risques psychosociaux, sans les nommer.
L'article L4121-2 fixe 9 principes généraux de prévention. Le 7e impose de planifier la prévention en y intégrant notamment l'organisation du travail, les relations sociales et les risques liés au harcèlement moral et sexuel.
L'article L4121-3 impose enfin d'évaluer les risques et d'en transcrire les résultats dans le document unique d'évaluation des risques professionnels (DUERP). Les risques psychosociaux doivent y figurer lorsqu'ils sont identifiés, comme le rappelle Legisocial. Ces articles sont consultables sur le Code du travail numérique.
| Obligation | Droit français en vigueur | Directive demandée par le Parlement |
|---|---|---|
| Protection de la santé mentale | Prévue par l'article L4121-1 | Prévue, avec des définitions communes |
| Évaluation des risques psychosociaux | Dans le DUERP, lorsque des risques sont identifiés | Évaluation régulière et spécifique |
| Plan d'action | Planification de la prévention (article L4121-2) | Plans d'action issus de chaque évaluation |
| Réorganisation | Aucune évaluation préalable spécifique dans ces articles | Évaluation préalable avec les salariés |
| Personnes chargées de la prévention | Non prévues par ces articles | Travailleurs désignés, compétences externes possibles |
| Retour au travail | Non prévu par ces articles | Plan personnalisé |
L'écart porte moins sur le principe que sur la formalisation : la directive transformerait une obligation générale en procédures régulières, documentées et vérifiables.
Mesurer l'écart entre le document unique actuel et les obligations envisagées permet de sécuriser la démarche de prévention avant toute réforme.
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Le droit à la déconnexion et le plan de retour au travail sont les 2 mesures qui touchent directement la gestion des équipes.
Le droit à la déconnexion désigne la faculté pour un salarié de ne pas répondre aux sollicitations professionnelles en dehors de son temps de travail. Le rapport prolonge la résolution du Parlement du 21 janvier 2021. En France, le code du travail prévoit déjà que ce droit soit traité dans la négociation collective de certaines entreprises ; une directive fixerait un socle commun à tous les employeurs européens.
Le plan personnalisé de retour au travail viserait les salariés absents de façon prolongée ou répétée en raison de risques psychosociaux. Son contenu dépendra de l'éventuelle proposition de la Commission.
En pratique, ces mesures renvoient à 3 outils de gestion :
La Commission européenne dispose de 3 mois pour répondre au Parlement. Elle doit annoncer les mesures qu'elle envisage ou motiver son refus. Sa position n'est pas connue à ce jour.
Même proposée, une directive ne s'applique pas directement aux entreprises : elle doit être transposée, c'est-à-dire intégrée dans le droit de chaque État par un texte national. Aucune obligation nouvelle ne pèse donc aujourd'hui sur les employeurs.
Suivre le calendrier européen permet d'ajuster les procédures internes au rythme des textes effectivement adoptés.
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Les employeurs peuvent anticiper la future directive en appliquant les obligations françaises déjà en vigueur. Le document unique constitue le point de départ : s'il ignore les risques psychosociaux alors que des situations ont été repérées, il ne répond pas à l'article L4121-3.
Ces démarches répondent à l'obligation de sécurité actuelle et anticipent la formalisation demandée par le Parlement. SWIM LEGAL, plateforme d'avocats d'affaires indépendants, permet de solliciter un avocat spécialisé en droit social pour auditer ces documents.
Non. Le Parlement européen a seulement adopté, le 6 octobre 2026, un rapport demandant à la Commission de proposer une directive. Ce rapport ne crée aucune obligation pour les entreprises.
La Commission dispose de 3 mois pour répondre, soit vers début janvier 2027. Elle doit présenter les mesures envisagées ou motiver un refus.
Oui. Le code du travail lui impose d'évaluer les risques pour la santé, y compris mentale, et d'en transcrire les résultats dans le DUERP. Les risques psychosociaux doivent y figurer lorsqu'ils sont identifiés.
Le Parlement demande la reconnaissance explicite que ces risques peuvent causer des maladies professionnelles. En revanche, la présomption de lien avec le travail a été retirée du texte adopté en octobre 2026.
Le texte demandé formaliserait des obligations aujourd'hui générales : évaluation régulière, plans d'action, évaluation préalable des réorganisations et plans de retour au travail. Les PME pourraient recourir à des compétences externes pour la prévention.
Article L4121-2 du Code du travail : principes généraux de prévention - Code du travail numérique
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Avocat au Barreau de Paris (Toque L086), fondateur de SWIM LEGAL
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