Mandataire social SAS : pouvoirs, statut social et responsabilités

Guides & Ressources pratiques
08 Sep 2026
-
6 min de lecture
-
Par

Jullian Hoareau

Points clés de l'article
  1. Le mandataire social SAS est le dirigeant désigné selon les statuts : un président obligatoire, éventuellement des directeurs généraux.
  2. Rémunéré, il relève du régime général comme assimilé salarié, sans assurance chômage.
  3. Le cumul avec un contrat de travail exige 4 conditions cumulatives.
  4. Sa responsabilité civile et pénale est personnelle.

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Sommaire

Ce qu'est un mandataire social en SAS

Président, directeur général : qui détient quels pouvoirs

Statut social du mandataire : assimilé salarié et cotisations

Rémunération du mandataire : décision, formalisme, traitement fiscal

Cumul mandat social et contrat de travail : conditions

Responsabilités civile et pénale du mandataire social

FAQ

Pour aller plus loin

Ce qu'est un mandataire social en SAS

Un fondateur qui prend la présidence de sa SAS signe rarement un document précisant son statut. Pourtant, le mandataire social SAS n'est ni un salarié ni un simple associé : il exerce un mandat social, c'est-à-dire une fonction de direction confiée par la société en application de ses statuts. Ce mandat l'autorise à agir au nom de la société et à l'engager envers les tiers.

La SAS se distingue par sa liberté statutaire : le code de commerce n'impose qu'un organe, le président. Les statuts fixent sa désignation, la durée de son mandat, sa révocation et la création éventuelle d'autres dirigeants.

CritèreMandataire socialSalarié
FondementStatuts et décision de nominationContrat de travail
Lien de subordinationAucunOui
Fin de la relationRévocation selon les statutsLicenciement encadré par le code du travail
Assurance chômageNon couverteCouverte

Président, directeur général : qui détient quels pouvoirs

L'article L. 227-6 du code de commerce prévoit que le président représente la SAS à l'égard des tiers. Il dispose des pouvoirs les plus étendus pour agir au nom de la société, dans la limite de l'objet social, c'est-à-dire des activités définies par les statuts. La société reste toutefois engagée par un acte qui dépasse cet objet, sauf si elle prouve que le tiers le savait.

Le même article permet aux statuts de confier ces pouvoirs à un directeur général ou à un directeur général délégué. En revanche, les clauses qui limitent les pouvoirs du président ne sont pas opposables aux tiers : leur violation peut justifier une révocation, sans annuler l'acte conclu.

La répartition des pouvoirs entre président et directeurs généraux se fixe dans les statuts, dès la constitution de la SAS.
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Statut social du mandataire : assimilé salarié et cotisations

Selon l'Urssaf, le président et les directeurs généraux de SAS rémunérés au titre de leur mandat sont des assimilés salariés. Ils sont affiliés au régime général de la sécurité sociale, et la société verse sur leur rémunération les cotisations patronales et salariales.

Deux différences pèsent sur leur protection. D'une part, ils ne cotisent pas à l'assurance chômage : une révocation ne leur ouvre aucune allocation. D'autre part, un mandat non rémunéré ne donne lieu à aucune cotisation, donc à aucun droit à retraite.

Le niveau de rémunération conditionne ainsi la retraite : une rémunération soumise à cotisations de 1 803 € valide 1 trimestre, et 7 212 € en valident 4 (montants applicables en 2026).

Rémunération du mandataire : décision, formalisme, traitement fiscal

Le code de commerce ne désigne pas l'organe qui fixe la rémunération du président de SAS : les statuts le prévoient, le plus souvent les associés ou un comité. Un dirigeant qui se verse une somme sans cette décision s'expose à une contestation et, si le montant est contraire à l'intérêt social, à une qualification d'abus de biens sociaux.

La décision est consignée dans un procès-verbal précisant le montant et la périodicité, ce qui justifie la dépense lors d'un contrôle. Fiscalement, la rémunération est déductible du résultat de la société si elle correspond à un travail effectif et n'est pas excessive. Pour le dirigeant, elle relève des traitements et salaires, avec un abattement de 10 % (plancher de 509 € et plafond de 14 555 € sur les revenus 2025).

ÉlémentRémunération du mandatDividendes
DécisionOrgane désigné par les statutsAssociés, après approbation des comptes
Cotisations socialesOui, régime généralNon, prélèvements sociaux uniquement
Droits sociauxRetraite, maladieAucun
Effet pour la sociétéCharge déductible si justifiéeDistribués après impôt sur les sociétés

Le mode de fixation de la rémunération du président gagne à être prévu dans les statuts plutôt que décidé au cas par cas.
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Cumul mandat social et contrat de travail : conditions

Beaucoup de dirigeants pensent qu'un contrat de travail leur ouvre le droit au chômage. Or l'Urssaf n'admet le cumul que si 4 conditions sont réunies :

  1. Emploi effectif : le poste correspond à un travail réel.
  2. Fonctions techniques distinctes : une mission précise, comme la direction technique, s'ajoute à la direction générale.
  3. Lien de subordination : le salarié reçoit des instructions d'un organe qui peut le contrôler et le sanctionner.
  4. Rémunération distincte : un salaire rémunère les fonctions techniques, séparément du mandat.

La troisième condition exclut en pratique le cumul pour l'associé unique d'une SASU, qui ne peut être subordonné à lui-même. À défaut de ces conditions, le contrat peut être écarté : le dirigeant perd les protections du code du travail et l'assurance chômage, et les cotisations versées peuvent être remises en cause lors d'un contrôle.

Responsabilités civile et pénale du mandataire social

Le mandataire social SAS répond personnellement de ses fautes. Envers la société et les associés, sa responsabilité civile est engagée pour une faute de gestion, une violation des statuts ou de la loi. Envers les tiers, elle suppose une faute séparable des fonctions, c'est-à-dire une faute intentionnelle d'une particulière gravité.

En liquidation judiciaire, le dirigeant peut supporter tout ou partie des dettes si une faute de gestion a contribué à l'insuffisance d'actif, la simple négligence ne suffisant pas. Sur le plan pénal, il encourt notamment des poursuites pour abus de biens sociaux, présentation de comptes infidèles ou banqueroute.

Une délégation de pouvoirs écrite transfère la responsabilité pénale au délégataire qui dispose de la compétence, de l'autorité et des moyens nécessaires. L'assurance D&O (Directors and Officers) couvre les conséquences financières des fautes de gestion, mais ni les amendes pénales ni les fautes intentionnelles.

La couverture de ces risques repose sur des statuts précis, des délégations de pouvoirs écrites et une assurance adaptée.
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FAQ

Un président de SAS non rémunéré paie-t-il des cotisations ?

Non. Sans rémunération au titre du mandat, aucune cotisation n'est due, et aucun droit à retraite n'est acquis.

Un mandataire social de SAS a-t-il droit au chômage ?

Pas au titre de son mandat. Seul un contrat de travail cumulé remplissant les 4 conditions peut ouvrir ce droit.

Le président d'une SASU peut-il être salarié de sa société ?

En pratique non lorsqu'il en est l'associé unique, faute de lien de subordination.

Qui fixe la rémunération du président de SAS ?

L'organe désigné par les statuts, le plus souvent les associés ou un comité, par une décision écrite.

Le mandataire social est-il responsable des dettes de la SAS ?

En principe non. En liquidation judiciaire, il peut toutefois supporter une partie du passif si une faute de gestion a contribué à l'insuffisance d'actif.

Pour aller plus loin

Article L227-6 - Code de commerce - Légifrance

Les dirigeants assimilés salariés - Urssaf

Le cas du mandat social - Urssaf

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