
Jullian Hoareau

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Poste déjà aménagé et avis d'inaptitude : de quoi parle-t-on ?
Aménagement préalable et reclassement : deux obligations distinctes
La recherche de reclassement reste-t-elle obligatoire ?
Cas de dispense : les mentions expresses du médecin du travail
Procédure à suivre : CSE, propositions écrites et délai d'un mois
Risques contentieux et bonnes pratiques pour l'employeur
L'inaptitude sur un poste déjà aménagé vise le salarié qui occupait un poste adapté à son état de santé et que le médecin du travail déclare ensuite inapte à ce poste. L'aménagement antérieur a pu prendre la forme d'horaires réduits, d'un équipement spécifique ou du retrait de certaines tâches.
L'avis d'inaptitude est le document par lequel le médecin du travail constate que le salarié ne peut plus occuper son poste, malgré les adaptations en place. Il contient des conclusions écrites et, le plus souvent, des indications sur les tâches que le salarié peut encore exercer.
Ayant déjà adapté le poste, l'employeur estime souvent avoir épuisé ses possibilités. Or le code du travail part de l'avis d'inaptitude nouvellement rendu, pas de l'historique des aménagements.
Un avis d'inaptitude rendu sur un poste déjà adapté modifie le point de départ de vos obligations envers le salarié.
Sécuriser la procédure avec un avocat en contrat de travail
L'aménagement et le reclassement répondent à deux situations juridiques différentes, et le premier ne remplace jamais le second. L'aménagement adapte le poste d'un salarié encore apte ; le reclassement consiste à lui proposer un autre emploi une fois l'inaptitude constatée.
| Critère | Aménagement du poste | Reclassement après inaptitude |
|---|---|---|
| Moment | Salarié apte, avec restrictions | Après un avis d'inaptitude |
| Objet | Adapter le poste occupé | Proposer un autre emploi approprié |
| Fondement | Préconisations du médecin du travail | Conclusions écrites et indications de l'avis |
| Périmètre | Le poste du salarié | L'entreprise et les entreprises du groupe situées en France |
| Consultation du CSE | Non visée par les textes cités ici | Obligatoire avant toute proposition |
Ainsi, un aménagement réalisé 2 ans plus tôt ne prouve rien sur les postes disponibles à la date du nouvel avis. Le juge apprécie la recherche de reclassement au moment où l'inaptitude est déclarée.
Oui : sauf mention expresse de dispense dans l'avis, l'employeur doit rechercher un reclassement même si le poste avait déjà été aménagé. L'article L1226-2 du Code du travail (inaptitude d'origine non professionnelle) et l'article L1226-10 (origine professionnelle) imposent de proposer un autre emploi approprié aux capacités du salarié.
Cette recherche s'appuie sur les conclusions écrites et les indications du médecin du travail. Elle peut passer par plusieurs leviers prévus par le texte :
L'aménagement déjà réalisé ne ferme donc pas ces options : il oblige à chercher au-delà du poste actuel. Par ailleurs, l'obligation de reclassement est réputée satisfaite lorsque l'employeur a proposé un emploi conforme à ces exigences, selon l'article L1226-2-1.
Le périmètre de la recherche, qui inclut le groupe en France, conditionne la validité d'un éventuel licenciement.
Échanger avec un avocat spécialisé en contrat de travail
L'employeur n'est dispensé de rechercher un reclassement que si l'avis d'inaptitude comporte l'une des 2 mentions expresses prévues par l'article L1226-2-1. L'historique des aménagements ne constitue jamais, à lui seul, un motif de dispense.
| Motif permettant le licenciement | Condition |
|---|---|
| Impossibilité de reclassement | L'employeur justifie qu'aucun emploi approprié n'existe |
| Refus du salarié | Le salarié refuse l'emploi proposé |
| Dispense médicale | L'avis mentionne que tout maintien dans un emploi serait gravement préjudiciable à la santé du salarié |
| Dispense médicale | L'avis mentionne que l'état de santé fait obstacle à tout reclassement dans un emploi |
En l'absence de ces formules dans l'avis, l'employeur reste tenu de la recherche complète, même si les adaptations précédentes ont échoué.
La procédure suit un ordre précis :
Le calendrier pèse sur l'employeur. Selon l'article L1226-4, si le salarié n'est ni reclassé ni licencié à l'issue d'un délai d'un mois après l'examen médical de reprise, l'employeur reprend le paiement du salaire correspondant à l'emploi occupé avant la suspension du contrat.
Le délai d'un mois impose d'organiser la consultation du CSE et la recherche de postes dès réception de l'avis.
Structurer la procédure d'inaptitude avec un avocat en contrat de travail
Le premier risque est la requalification du licenciement en licenciement sans cause réelle et sérieuse, lorsque l'employeur ne prouve pas une recherche de reclassement sérieuse. Dans le cas d'un poste déjà aménagé, l'erreur typique consiste à invoquer l'aménagement passé au lieu de documenter une recherche postérieure à l'avis.
Le second risque est financier : passé le délai d'un mois, le salaire est dû alors que le salarié ne travaille pas.
Plusieurs pratiques réduisent ces risques :
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Oui, sauf si l'avis d'inaptitude contient une mention expresse de dispense. L'aménagement antérieur ne vaut pas recherche de reclassement.
Deux mentions seulement : tout maintien dans un emploi serait gravement préjudiciable à la santé du salarié, ou son état de santé fait obstacle à tout reclassement dans un emploi. Elles doivent figurer expressément dans l'avis.
Oui. L'avis du CSE est requis avant toute proposition de reclassement, quel que soit l'historique du poste.
L'employeur reprend le paiement du salaire. Ce délai court à compter de l'examen médical de reprise, et le salaire versé correspond à l'emploi occupé avant la suspension du contrat.
Oui, elle s'étend aux entreprises du groupe situées en France. L'employeur doit pouvoir justifier des postes examinés dans ce périmètre.
Article L1226-2 du Code du travail - Légifrance
Article L1226-2-1 du Code du travail - Légifrance
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Avocat au Barreau de Paris (Toque L086), fondateur de SWIM LEGAL
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