
Jullian Hoareau

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Que contient un export de données de paie ?
Pourquoi et vers qui exporter les données de paie
Ce que le RGPD impose à l'employeur lors d'un export
Combien de temps conserver bulletins et données de paie ?
Changer de logiciel de paie sans perdre l'historique
Sécuriser contrats et accès avec les prestataires de paie
Un export des données de paie est un fichier extrait du logiciel de paie qui reprend tout ou partie des informations servant à calculer et verser les salaires. Il prend la forme d'un tableur, d'un fichier au format de l'éditeur ou d'une archive de bulletins en PDF.
Ces fichiers contiennent des données personnelles, c'est-à-dire toute information permettant d'identifier un salarié directement ou indirectement. Certaines catégories exposent le salarié à un préjudice direct en cas de divulgation : usurpation d'identité, fraude au virement, révélation d'un arrêt maladie.
| Catégorie | Exemples | Risque en cas de fuite |
|---|---|---|
| Identification | Nom, adresse, date de naissance, matricule | Usurpation d'identité |
| Numéro de sécurité sociale (NIR) | Numéro à 13 chiffres et clé | Usage encadré, réservé aux finalités prévues par les textes |
| Rémunération | Salaire brut, primes, net à payer | Atteinte à la confidentialité des salaires |
| Coordonnées bancaires | IBAN | Fraude au changement de RIB |
| Absences | Arrêts maladie, accidents du travail | Révélation d'une information de santé |
| Retenues | Saisie sur salaire, pension alimentaire | Révélation de la situation personnelle |
Le niveau de protection d'un export se règle donc sur la donnée la plus sensible qu'il contient, et non sur l'usage prévu du fichier.
L'employeur exporte ses données de paie dans 3 situations : l'externalisation de la paie ou de la comptabilité, le changement de logiciel et le contrôle par un tiers. Chaque destinataire a un statut juridique différent, qui détermine les garanties à exiger.
Le RGPD distingue le responsable du traitement, qui décide pourquoi et comment les données sont utilisées, et le sous-traitant, qui traite les données pour son compte et sur ses instructions. L'employeur est responsable du traitement de la paie ; il le reste lorsqu'il confie une partie des opérations à un prestataire.
| Destinataire | Finalité de l'export | Statut au regard du RGPD |
|---|---|---|
| Expert-comptable ou prestataire de paie | Établir les bulletins, les déclarations et les écritures comptables | Sous-traitant |
| Éditeur de logiciel en ligne (SaaS) | Héberger et traiter les données | Sous-traitant |
| Commissaire aux comptes | Vérifier les comptes dans le cadre de sa mission légale | Destinataire tenu au secret professionnel |
| Acquéreur potentiel (due diligence) | Évaluer la masse salariale avant une opération | Tiers : données à anonymiser ou agréger |
Ainsi, un audit d'acquisition ne justifie pas la transmission de bulletins nominatifs lorsque des données agrégées par catégorie de postes suffisent à l'analyse.
La qualification de chaque destinataire conditionne le contrat à signer et les données à transmettre.
Faire analyser vos flux de paie par un avocat en droit social
Le RGPD impose à l'employeur de limiter, protéger et documenter chaque export de données de paie. La CNIL détaille ces exigences dans ses règles pour la gestion du personnel, qui s'appliquent au service paie comme au reste de la fonction RH.
Un fichier envoyé au mauvais destinataire ou un ordinateur perdu contenant un export constituent une violation de données. L'employeur doit alors la documenter, la notifier à la CNIL lorsqu'elle présente un risque pour les salariés, et informer ces derniers si ce risque est élevé.
L'employeur doit conserver un double des bulletins de paie pendant 5 ans. L'article L3243-4 du Code du travail pose cette obligation, qui vaut aussi pour les bulletins remis sous forme électronique.
Pour les autres données RH, la CNIL publie un référentiel de durées de conservation qui distingue 3 phases : l'utilisation courante, l'archivage intermédiaire (données conservées à accès restreint pour répondre à un contrôle ou à un contentieux) et la suppression.
Un export est une copie : il obéit aux mêmes durées que les données d'origine. Par conséquent, les fichiers restés chez un ancien expert-comptable ou dans une messagerie doivent être supprimés lorsque leur finalité a pris fin.
Les durées de conservation se traduisent en règles d'archivage et de suppression à formaliser avec chaque prestataire.
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Un changement de logiciel réussit lorsque l'historique utile est repris et que les bulletins restent consultables pendant toute la durée légale. Or les cumuls annuels, les compteurs de congés et les régularisations en cours ne sont pas toujours exportables dans un format lisible par le nouvel outil.
La réversibilité désigne l'engagement contractuel de l'éditeur de restituer les données à la fin du contrat. Sa rédaction détermine ce que l'employeur récupère réellement.
Le RGPD impose un contrat de sous-traitance écrit avec chaque prestataire qui traite les données de paie. Ce contrat fixe l'objet, la durée, les catégories de données, les mesures de sécurité, le recours à d'autres sous-traitants et le sort des données en fin de mission.
Les accès se gèrent ensuite en continu. D'une part, chaque utilisateur dispose d'un compte nominatif et de droits limités à son rôle. D'autre part, les droits sont revus régulièrement et retirés au départ d'un collaborateur ou à la fin d'un contrat.
Lorsque ces contrats n'ont pas été revus depuis plusieurs années, une revue par un avocat en droit social ou en droit des données permet de les aligner sur les flux réels. SWIM LEGAL, plateforme d'avocats d'affaires indépendants, propose ce type d'accompagnement.
Un contrat de sous-traitance précis limite la responsabilité de l'employeur en cas d'incident chez un prestataire.
Faire relire vos contrats de paie par un avocat
L'expert-comptable répond de ses propres manquements en tant que sous-traitant. L'employeur reste toutefois responsable du traitement et doit démontrer qu'il a choisi un prestataire offrant des garanties suffisantes.
Oui, à condition que le fichier soit chiffré et que le mot de passe soit transmis par un autre canal. Un espace de dépôt sécurisé reste préférable pour les fichiers volumineux ou récurrents.
L'employeur conserve un double des bulletins de paie pendant 5 ans. Cette obligation subsiste après un changement de logiciel.
L'information des salariés doit mentionner les destinataires de leurs données. Un nouveau prestataire justifie donc une mise à jour de cette information.
Il faut demander immédiatement la suppression du fichier, documenter l'incident et évaluer le risque pour les salariés. Si ce risque existe, la violation est notifiée à la CNIL.
Les règles pour la gestion du personnel - CNIL
Gestion des ressources humaines : référentiel de durées de conservation - CNIL
Article L3243-4 : conservation des bulletins de paie - Code du travail numérique
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