
Jullian Hoareau

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Les composantes du coût d'une rupture conventionnelle
Indemnité spécifique : minimum légal et mode de calcul
Contribution patronale de 40 % : ce qui change en 2026
Cotisations sociales et CSG sur l'indemnité : quels seuils ?
Congés payés, préavis et autres sommes dues au départ
Exemple chiffré du coût total pour l'employeur
Comment maîtriser le coût sans risque de contentieux ?
Le coût d'une rupture conventionnelle pour l'employeur additionne 5 postes : l'indemnité spécifique, la contribution patronale, les cotisations éventuelles, les sommes de fin de contrat et le risque de contentieux. La rupture conventionnelle, mode de rupture du CDI d'un commun accord, doit être homologuée par la DREETS, l'administration régionale du travail.
Chaque partie dispose d'un délai de rétractation de 15 jours calendaires après la signature, puis la DREETS dispose de 15 jours ouvrables pour instruire la demande, selon Service Public Entreprendre. Le contrat prend fin au plus tôt le lendemain de l'homologation, et cette date fixe le taux de contribution applicable.
L'indemnité spécifique de rupture conventionnelle ne peut jamais être inférieure à l'indemnité légale de licenciement, selon l'article L1237-13 du Code du travail. Ce plancher s'applique dès 8 mois d'ancienneté, comme le rappelle l'Urssaf.
Le calcul de l'indemnité légale, fixé par l'article R1234-2 du Code du travail, repose sur 2 tranches :
Pour un salaire mensuel brut de référence de 4 000 €, le minimum légal s'établit ainsi :
| Ancienneté | Calcul | Indemnité minimale |
|---|---|---|
| 10 ans | 10 × 1 000 € | 10 000 € |
| 15 ans | 10 000 € + 5 × 1 333,33 € | 16 666,67 € |
| 20 ans | 10 000 € + 10 × 1 333,33 € | 23 333,33 € |
Ce montant n'est qu'un plancher : la convention collective peut prévoir mieux, et aucun plafond n'encadre la négociation. Toute somme au-delà du minimum, dite supra-légale, augmente aussi la contribution patronale.
Le chiffrage de l'indemnité dépend de la convention collective et de l'historique du contrat de travail, à vérifier avant toute proposition.
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Depuis le 1er janvier 2026, l'employeur verse une contribution patronale de 40 % sur la part de l'indemnité exonérée de cotisations sociales. Ce taux résulte de la loi de financement de la sécurité sociale pour 2026, qui a modifié l'article L137-12 du Code de la sécurité sociale. Il était de 30 % depuis le 1er septembre 2023.
La même contribution s'applique à l'indemnité de mise à la retraite.
Le taux dépend de la date de fin effective du contrat, et non de la date de signature : une convention signée en décembre 2025 pour une sortie en janvier 2026 relève du taux de 40 %.
Pour une indemnité de 20 000 € entièrement exonérée de cotisations, la contribution passe ainsi de 6 000 € à 8 000 €.
L'indemnité est exonérée de cotisations sociales dans la limite de 2 PASS et perd toute exonération au-delà de 10 PASS, selon l'Urssaf. Le PASS, ou plafond annuel de la sécurité sociale, est une valeur de référence revalorisée chaque année.
La CSG-CRDS (contributions sociales prélevées sur les revenus) est exonérée dans la limite du plus faible de 2 montants : l'indemnité légale ou conventionnelle de licenciement, ou la part exonérée de cotisations. Toute somme supra-légale y est donc soumise.
Pour les mandataires sociaux, le seuil de perte totale de l'exonération est abaissé à 5 PASS.
| Fraction de l'indemnité | Cotisations sociales | CSG-CRDS | Contribution de 40 % |
|---|---|---|---|
| Jusqu'au minimum légal ou conventionnel | Exonérée | Exonérée | Due |
| Du minimum légal à 2 PASS | Exonérée | Due | Due |
| Au-delà de 2 PASS | Due | Due | Non due |
| Indemnité totale supérieure à 10 PASS | Due sur la totalité | Due sur la totalité | Non due |
Prélevée sur l'indemnité du salarié, la CSG-CRDS ne s'ajoute pas au coût employeur, mais elle réduit le net perçu.
Le traitement social de l'indemnité varie selon le montant négocié et le statut du bénéficiaire, ce qui justifie une vérification avant signature.
Faire relire une convention de rupture
La rupture conventionnelle ne comporte pas de préavis : l'employeur n'a donc aucune indemnité compensatrice de préavis à verser.
Les autres sommes de fin de contrat restent dues :
Ces droits acquis ne se négocient pas et s'ajoutent à l'indemnité spécifique.
Pour les contrats rompus par rupture conventionnelle prenant fin à compter du 1er septembre 2026, la durée maximale d'indemnisation chômage passe de 18 à 15 mois pour les moins de 55 ans, selon la loi n° 2026-470 du 11 juin 2026 et France Travail.
Pour un salarié à 4 000 € brut mensuel et 12 ans d'ancienneté, une indemnité de 20 000 € versée en 2026 coûte 28 000 € à l'employeur, hors congés payés.
Hypothèses retenues :
| Poste | Montant |
|---|---|
| Indemnité légale minimale | 12 666,67 € |
| Indemnité spécifique négociée | 20 000 € |
| Contribution patronale à 40 % | 8 000 € |
| Coût direct de l'indemnité | 28 000 € |
| Même indemnité avec une fin de contrat en 2025 (taux de 30 %) | 26 000 € |
| Congés payés non pris (hypothèse) | environ 1 850 € brut, plus cotisations patronales |
Côté salarié, la part supra-légale de 7 333,33 € est soumise à CSG-CRDS : il perçoit donc moins de 20 000 € net, ce qui peut l'amener à demander davantage.
Tant que l'indemnité reste exonérée de cotisations, chaque euro supra-légal coûte 1,40 € à l'employeur.
Un chiffrage complet, contribution patronale incluse, permet de fixer une marge de négociation compatible avec le budget social.
Être accompagné sur une rupture conventionnelle
Maîtriser le coût d'une rupture conventionnelle suppose d'abord de sécuriser le consentement du salarié. Le juge peut annuler la convention lorsque ce consentement a été vicié, par exemple sous la pression ou dans un contexte de harcèlement. La rupture produit alors les effets d'un licenciement sans cause réelle et sérieuse, avec des indemnités supplémentaires.
Les points de contrôle suivants limitent ce risque :
En cas d'historique conflictuel, SWIM LEGAL, plateforme d'avocats d'affaires indépendants, permet aux directions RH d'accéder à des avocats expérimentés en droit du travail.
Le plancher d'indemnité est identique, puisqu'il correspond à l'indemnité légale de licenciement. L'écart vient de la contribution patronale de 40 %, qui vise la rupture conventionnelle et la mise à la retraite.
Non, la loi fixe seulement un minimum égal à l'indemnité légale de licenciement. Au-delà de 10 PASS, l'indemnité perd toutefois toute exonération de cotisations.
Le taux dépend de la date de fin effective du contrat. Une sortie à compter du 1er janvier 2026 relève du taux de 40 %, même si la convention a été signée en 2025.
Oui, sur la part qui dépasse le plus faible de 2 montants : l'indemnité légale ou conventionnelle, ou la part exonérée de cotisations. Elle est prélevée sur l'indemnité versée.
Il faut compter 15 jours calendaires de rétractation après la signature, puis 15 jours ouvrables d'instruction par la DREETS. Le contrat prend fin au plus tôt le lendemain de l'homologation.
Les indemnités de rupture conventionnelle - Urssaf
Article L137-12 du Code de la sécurité sociale - Légifrance
Rupture conventionnelle d'un salarié du secteur privé - Service Public Entreprendre
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