Calendrier fiscal indépendant : dates clés selon votre régime d'imposition

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10/10/2026
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8 min de lecture
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Par

Jullian Hoareau

Points clés de l'article
  1. Le calendrier fiscal indépendant dépend de 3 paramètres : le régime d'imposition du bénéfice, le régime de TVA et la CFE.
  2. Le micro-entrepreneur déclare son chiffre d'affaires à l'Urssaf chaque mois ou chaque trimestre, puis le reporte sur sa déclaration de revenus au printemps.
  3. Au réel, le bénéfice est déclaré une fois par an, en mai, sur la déclaration n° 2031 (BIC) ou n° 2035 (BNC).
  4. La TVA est soit absente (franchise), soit déclarée chaque année avec 2 acomptes (régime simplifié), soit déclarée chaque mois (réel normal).
  5. La CFE se paie au plus tard le 15 décembre ; un retard entraîne intérêt de retard et majoration.

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Sommaire

Pourquoi le calendrier fiscal dépend de votre régime

Micro-entrepreneur : déclarations de chiffre d'affaires et impôt sur le revenu

BIC ou BNC au réel : déclaration de résultat et liasse

TVA : franchise, régime simplifié ou réel normal

CFE et autres échéances annuelles à anticiper

Retard ou oubli de déclaration : quelles pénalités ?

Organiser son année fiscale sans mauvaise surprise

FAQ

Pour aller plus loin

Pourquoi le calendrier fiscal dépend de votre régime

Le calendrier fiscal indépendant n'est pas unique : il résulte du régime d'imposition du bénéfice, du régime de TVA et de la situation au regard de la CFE. Un même chiffre d'affaires peut donc produire des obligations différentes selon que l'entrepreneur relève du micro ou du réel.

Le régime micro (micro-BIC pour les activités commerciales et artisanales, micro-BNC pour les activités libérales) s'applique sous des seuils de chiffre d'affaires. Ces seuils sont de 203 100 € pour la vente de marchandises et de 83 600 € pour les services et activités libérales (montants applicables de 2026 à 2028). Au-delà, l'entrepreneur passe au régime réel, qui impose une comptabilité complète et une déclaration de résultat.

Toutefois, le seuil du micro et celui de la TVA sont indépendants : un prestataire peut rester au micro tout en devenant redevable de la TVA dès 37 500 € (montant applicable en 2026). Le ministère de l'Économie publie chaque mois les principales échéances des entreprises.

Les 3 paramètres de votre calendrier fiscal indépendant

ParamètreOptionsEffet sur le calendrier
Imposition du bénéficeMicro-BIC, micro-BNC, réel BIC, réel BNCDéclaration de chiffre d'affaires ou de résultat
TVAFranchise, régime simplifié, réel normalAucune déclaration, déclaration annuelle ou mensuelle
CFEExonération l'année de création, puis impositionPaiement annuel en décembre

Micro-entrepreneur : déclarations de chiffre d'affaires et impôt sur le revenu

Le micro-entrepreneur déclare son chiffre d'affaires à l'Urssaf chaque mois ou chaque trimestre, selon l'option retenue, y compris lorsqu'il est nul. Les cotisations sont calculées sur ce montant, par exemple 12,3 % pour la vente et 21,2 % pour les services commerciaux et artisanaux (taux applicables en 2026).

Sur le plan fiscal, 2 situations coexistent. D'une part, l'option pour le versement libératoire permet de payer l'impôt sur le revenu avec les cotisations, à un taux de 1 % (vente), 1,7 % (services BIC) ou 2,2 % (BNC) du chiffre d'affaires. Elle est réservée aux foyers dont le revenu fiscal de référence, montant figurant sur l'avis d'imposition, ne dépasse pas 29 315 € par part pour l'option 2026 (revenus 2024).

D'autre part, sans cette option, l'impôt est calculé après la déclaration de revenus du printemps. Le chiffre d'affaires est reporté sur la déclaration n° 2042-C-PRO, et l'administration applique un abattement forfaitaire pour frais de 71 % (vente), 50 % (services BIC) ou 34 % (BNC). Le revenu restant est soumis au barème progressif.

Le choix entre versement libératoire et barème progressif modifie à la fois le calendrier de paiement et le montant de l'impôt.
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BIC ou BNC au réel : déclaration de résultat et liasse

Au réel, l'entrepreneur individuel déclare un bénéfice, c'est-à-dire ses recettes diminuées des charges réellement engagées, une fois par an, en mai, à une date fixée par l'administration.

Pour les BIC, le régime réel simplifié s'applique jusqu'à 945 000 € de chiffre d'affaires pour la vente et 286 000 € pour les services ; au-delà, le réel normal s'impose (seuils applicables de 2026 à 2028). Le résultat est transmis sur la liasse fiscale, ensemble de formulaires comptables (bilan, compte de résultat, annexes), avec la déclaration n° 2031. Pour les BNC, la déclaration n° 2035 récapitule les recettes et les dépenses de l'année.

Ces déclarations sont télétransmises, puis le bénéfice est reporté sur la déclaration n° 2042-C-PRO. En effet, depuis le prélèvement à la source, l'impôt est payé en cours d'année par des acomptes mensuels ou trimestriels, calculés sur le dernier bénéfice déclaré, puis régularisé. Le ministère de l'Économie détaille les déclarations à effectuer dès la première année.

TVA : franchise, régime simplifié ou réel normal

Le régime de TVA fixe la fréquence des déclarations, indépendamment du régime d'imposition du bénéfice.

Régime TVASeuils applicables en 2026Obligations
Franchise en baseJusqu'à 85 000 € (vente) ou 37 500 € (services)Aucune déclaration de TVA
Régime simplifiéJusqu'à 945 000 € (vente) ou 286 000 € (services)2 acomptes en juillet et décembre, déclaration annuelle CA12 en mai
Réel normalAu-delà des seuils du régime simplifiéDéclaration CA3 et paiement chaque mois

La franchise est perdue au 1er janvier de l'année suivante si le chiffre d'affaires de l'année précédente dépasse le seuil de base. Elle est perdue dès le jour du dépassement si le chiffre d'affaires de l'année en cours dépasse le seuil majoré de 93 500 € (vente) ou 41 250 € (services), montants applicables en 2026.

Un dépassement de seuil en cours d'année modifie immédiatement la facturation et les déclarations de TVA.
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CFE et autres échéances annuelles à anticiper

La cotisation foncière des entreprises (CFE) est un impôt local dû par toute personne exerçant une activité professionnelle non salariée, y compris en micro-entreprise. Elle est calculée sur la valeur locative des biens utilisés pour l'activité, ou sur une base minimum fixée par la commune.

Son calendrier, détaillé sur la page impots.gouv.fr consacrée à la CFE, suit 3 étapes :

  1. Année de création : déclaration initiale n° 1447-C-SD avant le 31 décembre, sans CFE due au titre de cette année.
  2. Année suivante : base d'imposition réduite de moitié.
  3. Chaque année : avis consultable dans l'espace professionnel en ligne, paiement au plus tard le 15 décembre.

Retard ou oubli de déclaration : quelles pénalités ?

Un retard entraîne 2 sanctions cumulables : l'intérêt de retard, calculé par mois sur les droits dus, qui compense le décalage de paiement, et la majoration, exprimée en pourcentage des droits, qui sanctionne le manquement.

Le taux de la majoration augmente lorsque la déclaration est déposée après une mise en demeure, c'est-à-dire une relance formelle de l'administration. Si le défaut persiste, l'administration procède à une évaluation d'office : elle fixe elle-même la base imposable, et il revient alors à l'entrepreneur de prouver que le montant retenu est exagéré.

Pour le micro-entrepreneur, l'absence de déclaration de chiffre d'affaires à l'Urssaf entraîne en outre une pénalité par déclaration manquante.

Une mise en demeure ou une évaluation d'office appelle une réponse argumentée dans le délai fixé par l'administration.
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Organiser son année fiscale sans mauvaise surprise

Une année fiscale maîtrisée repose sur une liste d'échéances établie dès janvier, à partir du régime d'imposition et du régime de TVA.

PériodeÉchéanceRégime concerné
Chaque mois ou trimestreDéclaration de chiffre d'affaires à l'UrssafMicro-entrepreneur
Chaque mois ou trimestreAcomptes d'impôt sur le revenuMicro sans versement libératoire, réel
MaiDéclaration n° 2031 ou n° 2035, déclaration CA12Réel, TVA simplifiée
PrintempsDéclarations n° 2042 et n° 2042-C-PROTous
Juillet et décembreAcomptes de TVATVA simplifiée
15 décembrePaiement de la CFETous, sauf année de création

Trois réflexes limitent les risques :

  • Vérifier les seuils chaque année : un dépassement change le régime d'imposition ou de TVA.
  • Activer l'espace professionnel sur impots.gouv.fr : il conditionne l'accès à l'avis de CFE et le dépôt des déclarations.
  • Provisionner l'impôt et la TVA dès l'encaissement, afin que les acomptes de juillet et de décembre ne pèsent pas sur la trésorerie.

FAQ

Quelles sont les dates clés du calendrier fiscal d'un indépendant ?

Les dates clés sont mai pour la déclaration de résultat, le printemps pour la déclaration de revenus, juillet et décembre pour les acomptes de TVA au régime simplifié, et le 15 décembre pour la CFE. Le micro-entrepreneur déclare aussi son chiffre d'affaires à l'Urssaf chaque mois ou chaque trimestre.

Un micro-entrepreneur doit-il déclarer la TVA ?

Non, tant qu'il bénéficie de la franchise en base, soit jusqu'à 85 000 € pour la vente et 37 500 € pour les services (montants applicables en 2026). Au-delà, il déclare la TVA tout en pouvant rester au micro pour l'impôt sur le revenu.

La CFE est-elle due la première année d'activité ?

Non, aucune CFE n'est due au titre de l'année de création. L'entrepreneur dépose toutefois la déclaration n° 1447-C-SD avant le 31 décembre, et sa base est réduite de moitié l'année suivante.

Que risque-t-on en cas de déclaration fiscale déposée en retard ?

L'administration applique un intérêt de retard calculé par mois et une majoration proportionnelle aux droits dus. La majoration augmente après une mise en demeure, et l'absence persistante de déclaration expose à une évaluation d'office.

Quand déclarer son bénéfice au régime réel ?

Le bénéfice est déclaré une fois par an, en mai de l'année suivante, sur la déclaration n° 2031 (BIC) ou n° 2035 (BNC). Il est ensuite reporté sur la déclaration n° 2042-C-PRO pour le calcul de l'impôt sur le revenu.

Pour aller plus loin

Entreprises : vos principales échéances du mois - Ministère de l'Économie

Fiscalité de l'entreprise : quelles déclarations effectuer dès la première année ? - Ministère de l'Économie

Impôts locaux : CET (CFE et CVAE) et taxe foncière - impots.gouv.fr

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