
Jullian Hoareau

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Capitaux propres sous la moitié du capital : l'obligation légale
Consulter les associés dans les quatre mois
Régulariser dans le délai : augmentation ou réduction de capital
Ne pas proposer d'augmentation de capital : est-ce une faute ?
Insuffisance d'actif : quand la responsabilité du dirigeant est engagée
Réflexes pour sécuriser la décision des associés
Le Code de commerce impose une procédure dès que, du fait de pertes, les capitaux propres d'une société deviennent inférieurs à la moitié de son capital social. Les capitaux propres mesurent ce qui revient aux associés une fois les dettes déduites : capital, réserves et résultats cumulés.
La règle figure à l'article L. 223-42 du Code de commerce pour la SARL et à l'article L. 225-248 pour les sociétés par actions, applicable aux SAS.
| Situation après approbation des comptes | Conséquence |
|---|---|
| Capitaux propres au moins égaux à la moitié du capital | Aucune procédure spécifique |
| Capitaux propres inférieurs à la moitié du capital du fait de pertes | Consultation des associés dans les 4 mois, puis régularisation si la dissolution est écartée |
Ce régime a été modifié par la loi du 9 mars 2023, puis complété par un décret du 25 juillet 2023.
Le constat de capitaux propres inférieurs à la moitié du capital ouvre des délais qu'il convient d'anticiper dès l'arrêté des comptes.
Consulter un avocat en opérations sur capital
Le dirigeant doit consulter les associés dans les 4 mois qui suivent l'approbation des comptes ayant fait apparaître la perte. Le point de départ est l'assemblée d'approbation, décrite par Bpifrance Création, et non la clôture de l'exercice.
Les associés décident s'il faut prononcer la dissolution anticipée, c'est-à-dire mettre fin à la société avant le terme prévu par ses statuts. La procédure se déroule en 4 temps :
Si la dissolution est écartée, la société doit régulariser au plus tard à la clôture du 2e exercice suivant celui de la constatation des pertes, selon 2 voies.
| Option | Mécanisme | Avantage | Limite |
|---|---|---|---|
| Reconstituer les capitaux propres | Augmentation de capital, apports des associés ou retour aux bénéfices | Renforce les fonds propres et, en cas d'apport en numéraire, la trésorerie | Suppose que les associés acceptent d'investir |
| Réduire le capital | Baisse du capital jusqu'à ce que les capitaux propres atteignent au moins sa moitié | Aligne le capital sur la situation réelle | N'apporte aucune ressource nouvelle |
Une réduction de capital corrige un ratio comptable, mais ne règle pas un besoin de trésorerie. À défaut de régularisation, tout intéressé, par exemple un créancier, peut demander en justice la dissolution de la société.
Le choix entre augmentation et réduction de capital conditionne la structure financière de la société et la position de chaque associé.
Être accompagné sur une opération sur capital
Ne pas proposer d'augmentation de capital n'est pas, en soi, une faute de gestion tant que le délai légal de régularisation n'est pas expiré. La Cour de cassation juge que le dirigeant qui utilise ce délai ne commet pas de faute du seul fait de ce choix.
Une faute de gestion désigne un acte ou une abstention du dirigeant contraire à l'intérêt de la société. La jurisprudence distingue 2 situations :
La responsabilité personnelle du dirigeant se joue surtout en liquidation judiciaire, par l'action en responsabilité pour insuffisance d'actif prévue à l'article L. 651-2 du Code de commerce. L'insuffisance d'actif est l'écart entre les dettes de la société et la valeur de ses biens.
Le tribunal peut mettre tout ou partie de cette somme à la charge du dirigeant si 3 conditions sont réunies :
Depuis la loi du 9 décembre 2016, dite Sapin 2, la simple négligence ne suffit pas. En revanche, l'absence de consultation des associés ou l'inaction face à des pertes durables peut constituer une faute de gestion.
Le quitus, c'est-à-dire l'approbation de la gestion par les associés, ne protège pas le gérant de SARL : l'article L. 223-22 interdit à l'assemblée d'éteindre l'action en responsabilité.
L'exposition personnelle du dirigeant dépend de la traçabilité des décisions prises face aux pertes.
Sécuriser une opération sur capital avec un avocat spécialisé
Sécuriser la décision consiste à documenter chaque étape de la procédure :
En cas de liquidation, ces pièces démontrent que le dirigeant a informé les associés et agi dans le cadre légal.
Non. Il doit d'abord consulter les associés dans les 4 mois suivant l'approbation des comptes sur une éventuelle dissolution anticipée. La régularisation peut intervenir jusqu'à la clôture du 2e exercice suivant.
L'absence de consultation peut être retenue comme une faute de gestion. En liquidation judiciaire, elle peut fonder une condamnation à supporter une partie de l'insuffisance d'actif.
Oui, si elle ramène les capitaux propres à au moins la moitié du capital social. Elle n'apporte toutefois aucune trésorerie à la société.
Non. L'article L. 223-22 du Code de commerce prévoit qu'aucune décision de l'assemblée ne peut éteindre l'action en responsabilité contre le gérant.
Tout intéressé peut saisir le juge, notamment un créancier ou un associé. Cette action est ouverte lorsque la régularisation n'est pas intervenue dans le délai légal.
Article L223-42 du Code de commerce - Légifrance
L'approbation des comptes - Bpifrance Création
SARL - Société à responsabilité limitée - Bpifrance Création
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