Subrogation de salaire : conditions, durée et calcul en paie

Guides & Ressources pratiques
23 Aug 2026
-
6 min de lecture
-
Par

Jullian Hoareau

Points clés de l'article
  1. La subrogation salaire permet à l'employeur qui maintient la rémunération d'un salarié en arrêt de percevoir directement les indemnités journalières de sécurité sociale (IJSS) à sa place.
  2. Elle suppose deux conditions cumulatives : un salaire maintenu, en totalité ou en partie, et un montant maintenu au moins égal aux IJSS de la période.
  3. L'employeur est subrogé dans la limite des sommes qu'il a effectivement versées ; le surplus d'IJSS revient au salarié.
  4. Le maintien légal démarre après 7 jours de carence, sous réserve d'1 an d'ancienneté et d'un arrêt justifié dans les 48 heures.
  5. La convention collective applicable peut être plus favorable : sa lecture conditionne la durée réelle de la subrogation.

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Sommaire

Subrogation de salaire : définition et intérêt pour l'employeur

Les deux conditions cumulatives à remplir

Maintien de salaire légal : ancienneté, carence et taux

Combien de temps dure la subrogation

Calcul en paie : IJSS, différentiel et limite des sommes versées

Maternité, temps partiel thérapeutique et cas particuliers

Mettre en place la subrogation sans se tromper

FAQ

Pour aller plus loin

Subrogation de salaire : définition et intérêt pour l'employeur

Un salarié tombe malade, l'entreprise continue de verser sa paie, et l'Assurance Maladie verse en parallèle des indemnités journalières au salarié. Le dirigeant avance alors de la trésorerie qu'il ne récupère pas. La subrogation salaire corrige ce décalage : lorsque l'entreprise maintient le salaire pendant l'arrêt, elle peut percevoir directement les indemnités journalières de sécurité sociale (IJSS) dues au salarié. C'est la subrogation salaire définition retenue par l'Assurance Maladie. Le régime est fixé par l'article R323-11 du Code de la sécurité sociale. Le mécanisme est une faculté, jamais une obligation : c'est l'employeur qui la demande. En pratique, il évite au salarié de percevoir deux flux distincts et à l'entreprise d'attendre un remboursement qui ne viendrait pas.

Les deux conditions cumulatives à remplir

Deux conditions doivent être réunies simultanément. D'une part, le salaire doit continuer à être versé, en totalité ou en partie, par l'employeur pendant la durée de l'arrêt. D'autre part, le salaire maintenu sur cette période doit être au moins égal au montant des indemnités journalières perçues par le salarié pour la même période. Si l'entreprise ne maintient rien, ou maintient moins que les IJSS, la subrogation est écartée et l'Assurance Maladie paie le salarié. Cette seconde condition explique pourquoi le mécanisme fonctionne mal pendant le délai de carence : aucune rémunération n'est due, donc rien ne peut être subrogé.

Le maintien de salaire et la subrogation dépendent du contrat, de la convention collective et des usages internes de l'entreprise.
Faire cadrer vos règles de maintien de salaire

Maintien de salaire légal : ancienneté, carence et taux

Le Code du travail fixe un socle minimal, souvent complété par la branche. Trois paramètres commandent le droit au maintien : l'ancienneté, la justification de l'arrêt et la carence.

ParamètreRègle légale
Ancienneté minimale1 an dans l'entreprise
Justification de l'arrêtdans les 48 heures
Carence avant maintien7 jours
30 premiers jours90 % de la rémunération brute
30 jours suivantsdeux tiers de la rémunération brute

Ces durées sont augmentées de 10 jours par tranche de 5 ans d'ancienneté. Le socle légal figure aux articles L1226-1 et D1226-1 et suivants du Code du travail. La convention collective applicable peut prévoir des règles plus favorables : suppression de la carence, taux plus élevé, durée plus longue. Sa lecture est le premier réflexe avant tout calcul, car elle modifie directement l'assiette subrogeable.

Combien de temps dure la subrogation

La question subrogation salaire combien de temps appelle une réponse simple : la subrogation dure aussi longtemps que le salaire est maintenu et que le maintien reste au moins égal aux IJSS. Elle s'arrête donc mécaniquement lorsque le maintien légal s'épuise, après 30 jours à 90 % puis 30 jours aux deux tiers, majorés de 10 jours par tranche de 5 ans d'ancienneté. Lorsque la convention collective prolonge le maintien, la subrogation se prolonge d'autant. Au-delà, le salarié perçoit à nouveau ses indemnités directement. L'employeur indique la période demandée sur l'attestation de salaire ; il doit la mettre à jour si l'arrêt se prolonge.

La durée du maintien conventionnel et ses conditions de reprise se lisent dans la branche applicable, pas dans un modèle générique.
Vérifier votre convention collective avec un avocat

Calcul en paie : IJSS, différentiel et limite des sommes versées

Les IJSS maladie sont égales à 50 % du salaire journalier de base, calculé à partir de la moyenne des trois derniers salaires. L'employeur est subrogé dans la limite des sommes effectivement versées au titre de la rémunération servie pendant l'absence. Deux cas se présentent.

SituationTraitement en paie
IJSS inférieures au salaire maintenuL'employeur conserve la totalité des IJSS
IJSS supérieures au salaire maintenuL'employeur reverse le différentiel au salarié

Le bulletin doit faire apparaître le maintien, les IJSS subrogées et, le cas échéant, le différentiel reversé. Une erreur d'imputation se traduit par une régularisation ultérieure, avec un salarié qui découvre un rappel ou un trop-perçu plusieurs mois après. Le rapprochement entre indemnités reçues et salaire maintenu doit être documenté, faute de quoi le contrôle devient impossible en fin d'arrêt.

Maternité, temps partiel thérapeutique et cas particuliers

Le mécanisme ne se limite pas à la subrogation salaire arret maladie. En subrogation salaire congé maternité, l'employeur qui maintient la rémunération peut percevoir les indemnités journalières dans les mêmes conditions. Il en va de même pour la subrogation salaire mi temps thérapeutique, lorsque la reprise à temps partiel s'accompagne d'un maintien partiel de salaire. Dans chaque cas, la logique reste identique : le maintien doit au moins couvrir les indemnités de la période. Les règles de calcul propres à ces situations diffèrent toutefois de la maladie ; l'Assurance Maladie et la convention collective restent les seules références fiables.

Maternité et reprise à temps partiel modifient les obligations de l'employeur, du bulletin de paie à l'aménagement du poste.
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Mettre en place la subrogation sans se tromper

  1. Vérifier l'ancienneté du salarié et la justification de l'arrêt dans les 48 heures.
  2. Lire la convention collective avant d'appliquer le socle légal.
  3. Cocher la demande de subrogation sur l'attestation de salaire adressée à l'Assurance Maladie.
  4. Indiquer la période exacte de maintien et l'actualiser si l'arrêt se prolonge.
  5. Contrôler chaque mois le rapprochement entre IJSS reçues et salaire maintenu.

La subrogation reste un choix de gestion. Elle simplifie la trésorerie du salarié et fluidifie la paie, mais elle transfère à l'entreprise la charge du suivi et du rapprochement comptable. Une entreprise sans direction juridique interne peut s'appuyer sur SWIM LEGAL, plateforme d'avocats d'affaires indépendants spécialisés, pour cadrer ses règles de maintien.

FAQ

La subrogation de salaire est-elle obligatoire ?

Non. C'est une faculté ouverte à l'employeur, qui la demande lui-même auprès de l'Assurance Maladie. À défaut, le salarié perçoit directement ses indemnités journalières.

Que se passe-t-il si les IJSS dépassent le salaire maintenu ?

L'employeur ne conserve que ce qu'il a versé. Le différentiel entre les indemnités journalières et la rémunération maintenue est reversé directement au salarié, sur son bulletin de paie.

Un salarié de moins d'un an d'ancienneté peut-il en bénéficier ?

Le maintien légal suppose 1 an d'ancienneté. Une convention collective peut abaisser cette condition. Sans maintien de salaire, la subrogation ne peut pas s'appliquer.

Comment demander la subrogation ?

La demande se fait sur l'attestation de salaire transmise à l'Assurance Maladie, en indiquant la période de maintien. Elle doit être actualisée à chaque prolongation de l'arrêt.

La subrogation s'applique-t-elle au congé maternité ?

Oui, dans les mêmes conditions de maintien de salaire. L'employeur qui maintient la rémunération perçoit les indemnités journalières à la place de la salariée, dans la limite des sommes versées.

Pour aller plus loin

La subrogation de salaire en cas d'arrêt de travail - Assurance Maladie

Article R323-11 du Code de la sécurité sociale - Légifrance

Chapitre 3 : Prestations en espèces (Articles R323-1 à R323-12) - Légifrance

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