
Jullian Hoareau

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Une micro-entreprise peut-elle embaucher un salarié ?
CDI, CDD, apprenti ou alternant : quel contrat choisir ?
Les démarches avant l'arrivée du salarié
Les obligations d'employeur après l'embauche
Combien coûte un salarié pour un micro-entrepreneur ?
Aides à l'embauche accessibles aux micro-entreprises
Quand l'embauche impose de changer de statut
L'embauche en micro-entreprise est autorisée et ne fait pas perdre le statut. Le micro-entrepreneur peut recruter en CDI, en CDD ou en alternance, mais il assume alors toutes les obligations d'un employeur, sans service RH. La difficulté tient au calcul : au régime micro, cotisations et impôt sont assis sur le chiffre d'affaires et non sur le bénéfice. Le salaire versé ne réduit donc ni l'un ni l'autre. Ce guide détaille les démarches, le coût d'un salarié et les limites du statut.
Oui : aucune limite légale ne fixe le nombre de salariés d'un micro-entrepreneur. Selon la fiche Service Public Entreprendre sur le micro-entrepreneur, le statut dépend du chiffre d'affaires encaissé, et non de l'effectif.
En 2026, ce chiffre d'affaires ne doit pas dépasser 203 100 € pour la vente de marchandises et 83 600 € pour les prestations de services, seuils fixés pour 2026 à 2028. Un salarié permet d'augmenter l'activité, ce qui rapproche l'entreprise de ce plafond.
Le micro-entrepreneur qui embauche devient employeur au sens du Code du travail. Il applique les mêmes règles qu'une PME : salaire minimum, durée du travail, congés payés et convention collective du secteur, c'est-à-dire l'accord négocié par la branche professionnelle.
Le contrat de travail fixe les droits du premier salarié et les engagements de l'employeur.
Faire rédiger ou relire son contrat de travail par un avocat
Le choix du contrat dépend de la durée du besoin et de la capacité à former. Le CDI (contrat à durée indéterminée) reste la forme normale de la relation de travail ; les autres contrats sont des exceptions encadrées.
Le CDD (contrat à durée déterminée) exige un motif prévu par la loi, comme le remplacement d'un salarié absent ou un accroissement temporaire d'activité. Il doit être écrit et mentionner ce motif, faute de quoi le juge peut le requalifier en CDI.
Les contrats en alternance associent travail en entreprise et formation. Le contrat d'apprentissage prépare un diplôme ou un titre professionnel ; le contrat de professionnalisation vise une qualification reconnue par une branche.
| Contrat | Usage | Point de vigilance |
|---|---|---|
| CDI | Besoin durable | Rupture soumise à une procédure |
| CDD | Besoin temporaire avec motif légal | Écrit obligatoire, risque de requalification |
| Apprentissage | Préparer un diplôme | Temps de formation hors entreprise |
| Professionnalisation | Qualification de branche | Tutorat à organiser |
Avant toute prise de poste, l'employeur effectue une déclaration préalable à l'embauche (DPAE) auprès de l'Urssaf, ou de la MSA pour le secteur agricole. L'article L1221-10 du Code du travail subordonne l'embauche à cette déclaration nominative.
Selon la fiche Service Public Entreprendre sur la DPAE, elle se fait au plus tôt 8 jours avant l'embauche, quels que soient la nature et la durée du contrat. Pour un premier salarié, elle regroupe 5 formalités :
La DPAE mentionne notamment l'identité du salarié, la date et l'heure d'embauche, la nature et la durée du contrat et de la période d'essai. Une convention de stage n'y donne pas lieu.
La DPAE déclare la nature et la durée du contrat : ces choix doivent être arrêtés et rédigés avant l'arrivée du salarié.
Préparer son contrat de travail avec un avocat spécialisé
Une fois le salarié en poste, le micro-entrepreneur gère chaque mois la paie et les déclarations sociales, comme tout employeur. Ces obligations ne dépendent pas du volume d'activité.
| Obligation | Contenu | Fréquence |
|---|---|---|
| Bulletin de paie | Salaire, cotisations, net à payer | Chaque mois |
| Déclaration sociale nominative (DSN) | Salaires et cotisations déclarés | Chaque mois |
| Registre unique du personnel | Entrées et sorties | À chaque embauche |
| Document unique d'évaluation des risques | Risques du poste et prévention | Dès le premier salarié |
Faute de service RH, la paie est souvent confiée à un expert-comptable. La déclaration du chiffre d'affaires du micro-entrepreneur à l'Urssaf ne remplace pas la DSN.
Le coût d'un salarié pour un micro-entrepreneur additionne le salaire brut et les cotisations patronales, sans aucune déduction : au régime micro, cotisations sociales et impôt sont calculés sur le chiffre d'affaires, pas sur le bénéfice.
Le plancher est le SMIC : 12,31 € brut de l'heure depuis le 1er juin 2026, soit 1 867,02 € brut par mois pour 35 heures hebdomadaires (151,67 heures). Sur 12 mois, un temps plein au SMIC représente 22 404,24 € de salaire brut, avant cotisations patronales.
En 2026, un micro-entrepreneur en prestations de services commerciales ou artisanales verse 21,2 % de cotisations sur son chiffre d'affaires. Pour financer 22 404 € de salaire brut, il doit encaisser au moins 28 432 €, car 21,2 % de cette somme part en cotisations. Les cotisations patronales et l'impôt sur le revenu s'ajoutent à ce montant.
Ce chiffre d'affaires entre dans le plafond de 83 600 € des services. Avec un salarié à temps plein, une part du plafond finance donc la masse salariale au lieu de rémunérer l'entrepreneur.
La durée du travail et la rémunération inscrites au contrat déterminent le coût supporté par l'employeur.
Sécuriser la rédaction de son contrat de travail
Le micro-entrepreneur accède aux aides à l'embauche dans les mêmes conditions que les autres employeurs : son statut n'ouvre ni droit spécifique ni exclusion. Ces aides relèvent de 3 familles :
Ces dispositifs changent par décret : leur vérification auprès de l'Urssaf ou de France Travail précède donc la signature du contrat. Une aide réduit le coût du salarié, mais elle ne rend pas le salaire déductible.
L'embauche conduit à changer de statut dans 2 situations : le dépassement des seuils de chiffre d'affaires, ou une masse salariale qui rend le régime micro défavorable.
D'une part, un chiffre d'affaires supérieur à 203 100 € (vente) ou 83 600 € (services) fait sortir du régime micro. Ce seuil se distingue de celui de la franchise en base de TVA, fixé en 2026 à 85 000 € pour la vente et 37 500 € pour les services. Un micro-entrepreneur peut donc rester au régime micro tout en facturant la TVA.
D'autre part, le régime micro devient défavorable lorsque les salaires absorbent une part élevée du chiffre d'affaires. Au régime réel, le résultat imposable se calcule après déduction des salaires et des cotisations patronales. L'entrepreneur peut opter pour ce régime en restant entrepreneur individuel, ou créer une société, comme une EURL ou une SASU.
Le passage en société transfère le contrat de travail au nouvel employeur : sa rédaction initiale conditionne cette transition.
Consulter un avocat pour son contrat de travail
Oui, s'il existe un vrai contrat de travail, avec un salaire et un lien de subordination, c'est-à-dire l'autorité de l'employeur sur le salarié. La DPAE et les règles de paie s'appliquent alors normalement.
Non, une convention de stage ne donne pas lieu à DPAE. Le stage est encadré par une convention signée avec l'établissement d'enseignement, et non par un contrat de travail.
Non. Au régime micro, cotisations et impôt sont calculés sur le chiffre d'affaires, sans déduction des charges réelles. Le salaire et les cotisations patronales n'ont donc aucun effet sur cette base.
Aucune limite légale n'existe. Le statut dépend du chiffre d'affaires, plafonné en 2026 à 203 100 € pour la vente et 83 600 € pour les services, ce qui limite en pratique la masse salariale.
La DPAE se transmet à l'Urssaf avant la prise de poste, au plus tôt 8 jours avant l'embauche. Sans elle, l'embauche n'est pas régulière.
Procédure et formalités d'embauche d'un salarié du secteur privé - Service Public Entreprendre
Comment devenir micro-entrepreneur ? - Service Public Entreprendre
Article L1221-10 - Code du travail numérique
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