
Jullian Hoareau

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Caisse CIBTP : quelles entreprises du bâtiment sont concernées
Congés payés et chômage intempéries : deux régimes distincts
Arrêt du chantier : conditions et consultation du CSE
Indemnité intempéries : 75 %, carence et plafonds annuels
Déclaration CIBTP et remboursement : le délai d'un mois
Risques pour l'employeur en cas de procédure mal suivie
Un chantier arrêté par la pluie ou le gel ne relève pas des congés payés. Les congés intempéries BTP désignent le régime de chômage-intempéries, prévu par le Code du travail et complété par la convention collective du bâtiment. Il indemnise les heures perdues, à condition de suivre une procédure précise.
Le régime de chômage-intempéries est encadré par les articles L5424-6 à L5424-19 du Code du travail et par les articles D5424-7 à D5424-49-1 de sa partie réglementaire. Il vise les entreprises du bâtiment et des travaux publics, qui cotisent auprès de leur caisse de congés payés du BTP.
La caisse CIBTP collecte les cotisations et rembourse ensuite les indemnités que l'employeur a avancées. Elle ne décide pas de l'arrêt du chantier : ce choix reste à l'entreprise, qui doit pouvoir le justifier. Un arrêté du 8 avril 2026 a précisé les modalités d'indemnisation des arrêts de travail occasionnés par les intempéries et le fonctionnement de la caisse nationale de surcompensation du BTP.
Un arrêt de chantier mal cadré se paie au moment de la demande de remboursement, pas le jour de la décision.
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La même caisse gère deux dispositifs sans rapport. Les congés payés du BTP mutualisent les droits à congés entre entreprises. Le chômage-intempéries indemnise des heures de travail perdues pour une cause extérieure. Confondre les deux conduit à imputer un arrêt de chantier sur des jours de congés, ce que le régime interdit puisque l'indemnité intempéries ne se cumule pas avec l'indemnité de congés payés.
Sont des intempéries les conditions atmosphériques et les inondations qui rendent le travail dangereux ou impossible, au regard de la santé ou de la sécurité des salariés, ou de la nature ou de la technique du travail à accomplir. La cause n'est donc pas listée à l'avance : c'est son effet sur le chantier qui compte.
| Critère | Congés payés BTP | Chômage-intempéries |
|---|---|---|
| Objet | Droits à congés mutualisés | Heures perdues sur chantier |
| Déclencheur | Prise de congés planifiée | Arrêt décidé par l'employeur |
| Financement | Cotisation congés | Cotisation intempéries |
| Cumul | Exclu avec l'indemnité intempéries | Exclu avec les congés payés |
La décision d'arrêter le chantier appartient à l'employeur. Lorsqu'un comité social et économique (CSE) existe dans l'entreprise, il doit être consulté avant l'arrêt. Cette consultation n'est pas une formalité de confort : elle matérialise la date, l'heure et le périmètre de l'interruption, éléments que la caisse vérifiera ensuite.
Une canicule, un gel, une pluie continue ou une inondation entrent dans le régime dès lors que le travail devient dangereux ou impossible pour les salariés présents, ou impraticable compte tenu de la technique employée.
Trois éléments doivent être tracés au moment de la décision :
La traçabilité de la décision d'arrêt conditionne à la fois le remboursement et la défense de l'entreprise en cas de litige.
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L'indemnité est calculée sur 75 % du salaire horaire perçu la veille de l'interruption, hors majorations pour heures supplémentaires et hors primes représentatives de frais ou de risque. La première heure de chaque arrêt n'est pas indemnisée : cette carence se réapplique à chaque nouvel arrêt.
Le droit n'est ouvert qu'aux salariés justifiant d'au moins 200 heures de travail dans le BTP au cours des deux mois précédant l'arrêt. Un intérimaire mis à disposition d'une entreprise de BTP y a droit lorsque les salariés de l'entreprise utilisatrice employés sur le même chantier en bénéficient.
| Paramètre | Règle applicable |
|---|---|
| Base de calcul | 75 % du salaire horaire de la veille |
| Carence | 1 heure non indemnisée par arrêt |
| Plafond journalier | 9 heures |
| Plafond hebdomadaire | 45 heures |
| Plafond annuel | 55 jours ou 495 heures par salarié |
| Ancienneté requise | 200 heures BTP sur les 2 mois précédents |
L'indemnité ne se cumule ni avec les indemnités journalières accident du travail ou maladie, ni avec l'indemnité de congés payés, et elle exclut toute indemnité de chômage. Les périodes indemnisées sont assimilées à des périodes de chômage involontaire pour la détermination des droits sociaux.
L'employeur avance l'indemnité aux salariés sur la paie, puis en demande le remboursement à sa caisse CIBTP. Deux pièces sont attendues : la déclaration d'arrêt de travail, et la Demande de Remboursement Intempéries (DRI) accompagnée des feuilles d'heures définitives. Les deux se transmettent via l'espace sécurisé de la caisse.
Le délai est d'un mois à compter de la reprise du travail. Passé ce terme, la demande est frappée de forclusion : le remboursement ne peut plus être obtenu, alors que l'indemnité a déjà été versée aux salariés. L'ordre des opérations est donc le suivant :
Une procédure interne écrite évite que le délai d'un mois soit découvert après coup, faute de suivi des chantiers arrêtés.
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Trois conséquences se cumulent lorsque la procédure n'est pas tenue. D'une part, le remboursement de la caisse peut être refusé, la charge de l'indemnité restant alors définitivement à l'entreprise. D'autre part, des heures indemnisées à tort, ou calculées sur une base erronée, alimentent un rappel de salaire devant le conseil de prud'hommes. Enfin, l'absence de consultation du CSE fragilise la décision d'arrêt elle-même, puisque l'employeur ne dispose d'aucune trace contradictoire de son fait générateur.
C'est l'indemnisation des heures perdues lorsqu'un chantier est arrêté pour cause d'intempérie. Le dispositif relève du chômage-intempéries, pas des congés payés.
Oui, lorsqu'un CSE existe dans l'entreprise. La décision d'arrêt appartient ensuite à l'employeur, qui doit pouvoir en justifier la date et le périmètre.
Seulement s'il justifie d'au moins 200 heures de travail dans le BTP au cours des deux mois précédant l'arrêt. À défaut, l'indemnité n'est pas due.
La demande est forclose au-delà d'un mois après la reprise du travail. L'entreprise conserve alors la charge des indemnités déjà versées aux salariés.
Oui, lorsque les salariés de l'entreprise utilisatrice employés sur le même chantier en bénéficient. Le régime suit donc le chantier, pas le contrat.
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